• [^] # Re: Comprendre de quoi il s'agit en 5min (audio)

    Posté par . En réponse au lien Macron s'oppose à l'Europe qui voudrait que le viol soit caractérisé par l’absence de consentement . Évalué à 2.

    Je suis plutôt d'accord avec toi sur les idées progressistes de l'époque. Ceci dit, pour qu'on puisse réellement parler de régression dans une société toute entière, il faudrait qu'un progrès social soit préalablement embrassé par une majorité. C'est très loin d'être le cas à l'époque.

    Je reconnais que ma connaissance de l'histoire de France du XVIe et XIXe est limitée, mais je doute que les femmes jouissaient de droits proches de ceux des hommes à cette époque-là. Il y a eu un certain progrès avec la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, mais ça c'était sur le papier (et elle ne fait nullement mention de femmes, de genre ou de sexe).

    Napoléon a certes contribué à un retour en arrière, mais ce n'est pas comme si le petit peuple n'était pas d'accord. (enfin les petits hommes et quelques femmes endoctrinées agissant contre leurs intérêts). De plus, le match était en quelque sorte déjà perdu d'avance, quelques citations de l'article de ton lien :

    La place faite aux hommes, qu’ils soient acteurs ou spectateurs, qu’ils soient hostiles ou adeptes, est assez ramassée mais étayée d’un sens rigoureux de la démonstration qui, au-delà de la nuance et de la litote, semble confirmer l’ébranlement culturel : il souligne la construction d’une mémoire emblématique, et justifie les limites de l’univers masculin qui marginalise les femmes au nom de ses propres insuffisances et de ses anxiétés. Le règne de Louis XVI est marqué d’une transgression par l’élite féminine, la Révolution naissante reconnaît une spécificité aux femmes, en particulier politique, mais ne la confirme pas, la République guerrière brouille leur image et radicalise les attentes, le bonapartisme consulaire et impérial impose le contrôle étatique et la contrainte masculine même s’il échoue à asservir les corps. Voilà dans ses grandes étapes le parcours original qu’affirme Jean-Clément Martin.

    Plus loin

    Dans le même ordre d’idée, il est patent que les révolutionnaires ont construit la marginalisation politique des femmes alors que la question de la mixité et de l’intégration des femmes était clairement et pleinement posée dans des termes et des réalités proches de celles du XIXème et du XXème siècles. Ils ont réussi en sus à assimiler le personnage femme à la contre-révolution pour mieux l’éliminer. C’est là une des violences idéologiques de la Révolution française et de son prolongement impérial et bonapartiste.

    En résumé, la société de l'époque était hostile à l'émancipation des femmes, seules les femmes issues de l'aristocratie se permettaient des transgressions à l'ordre établi pendant l'Ancien régime. Ensuite les femmes ont participé à la révolution et se sont élevées contre le modèle social et familial traditionnel, mais même les révolutionnaires voyaient pas d'un bon œil cette émancipation qu'on a finie par étouffer dans l'œuf avant que le régime napoléonien lui donne le coup de grâce.

    PS : Pour info, historiquement parlant je ne suis pas spécialement fan du personnage de Napoléon. Il s'était surtout illustré par ses faits d'armes, comme Alexandre et Sun Tzu, et j'ai un peu l'impression que les grands généraux ont plus contribué au malheur de l'humanité qu'à son bonheur. Par ailleurs, je n'ai jamais aimé ni la diabolisation ni l'idéalisation des personnages ou époques historiques. Si nos ancêtres ont bien fait, nous ne pouvons partager leur gloire et s'ils ont mal agi nous ne saurions porter la responsabilité de leurs crimes, dans les deux cas on n'y a pas contribué. Le monde d'avant n'est tout simplement pas le nôtre, il faut en prendre conscience quand on regarde dans le rétroviseur du temps.

    Nec spe, nec metu