Le truc amusant, c'est de comparer avec des langues sans genre grammatical, comme le japonais. Je crois pas que grand monde va venir dire que le fait d'avoir une grammaire neutre a permis l'égalité des genres au Japon, plutôt le contraire vu que sauf erreur de ma part, il y a tout une façon de parler propre aux femmes, même si ça semble plus ou moins disparaitre.
Pourtant, si j'en crois une étude de 2016, un langage dit "genderless" fait que les gens supportent plus les efforts en faveur de l'égalité (si j'en crois la conclusion).
Il y a des papiers qui expliquent qu'utiliser du neutre, ça marche surtout sur les "natural gender language" (eg, l'anglais, le danois, etc), mais pas pour les langues plus genrés, ou on recommande de féminiser (toujours le même papier).
Donc c'est assez formidable, car si on classe les 3 types de langues ("sans genre", "faiblement genrée", "fortement genrée") sur une échelle, il y a 4 mouvements possibles sur 2 directions opposés (plus de féminisation/genre, plus de neutralisation/moins de genre). Et vu que tout semble aider, alors c'est ni la direction, ni la destination mais le changement.
Si on regarde l'histoire des tentatives de langue équitable, il y a des différences entre le français en suisse (qui rajoute des X en plus) et en france. Est ce qu
Je ne nie pas qu'il y a un effet sur la façon dont on accorde en français (les études le montrent, et pareil dans d'autres langues comme ici), mais dans la mesure ou on arrive à trouver quand même des contradictions, c'est peut être pas la grammaire en elle même que le fait de vouloir exprimer un changement qui produit un effet.
Si demain, on dit que parler anglais, c'est une façon d'être plus progressiste, alors au bout d'un temps, les études vont sans doute montrer qu'on associe l'anglais dans une offre d'emploi avec le progressisme (car après tout, c'est implicitement le cas avec l'argot de bureau en franglais et divers valeurs propres au monde de l'entreprise comme le dynamisme).
Si demain, tu dit partout que ton néo-neutre est plus équitable, et qu'on te suit alors il va le devenir par la force des choses.
Ensuite, est ce que ça va changer le reste de la société, je ne crois pas. Si il y a un effet, c'est indirect. C'est parce que le changement n'est pas consensuelle qu'il entraîne des débats, donc de la communication, une condition requise dans le post modernisme de part l'état de saturation que ça implique. Sans opposition, il y a pas de discussion, sans discussion pas de progrès.
Par exemple, le remplacement de "femme de ménage" par "agente d'entretien" n'a pas changé grand chose à leur exploitation et à leur condition de travail. Secrétaire est un mot épicène, mais on pense plus souvent à une femme qu'à un homme ou à un meuble.
[^] # Re: point median
Posté par Misc (site web personnel) . En réponse au lien Langage inclusif, pour le cerveau le neutre n'est pas neutre. Évalué à 9.
Le truc amusant, c'est de comparer avec des langues sans genre grammatical, comme le japonais. Je crois pas que grand monde va venir dire que le fait d'avoir une grammaire neutre a permis l'égalité des genres au Japon, plutôt le contraire vu que sauf erreur de ma part, il y a tout une façon de parler propre aux femmes, même si ça semble plus ou moins disparaitre.
Pourtant, si j'en crois une étude de 2016, un langage dit "genderless" fait que les gens supportent plus les efforts en faveur de l'égalité (si j'en crois la conclusion).
Il y a des papiers qui expliquent qu'utiliser du neutre, ça marche surtout sur les "natural gender language" (eg, l'anglais, le danois, etc), mais pas pour les langues plus genrés, ou on recommande de féminiser (toujours le même papier).
Donc c'est assez formidable, car si on classe les 3 types de langues ("sans genre", "faiblement genrée", "fortement genrée") sur une échelle, il y a 4 mouvements possibles sur 2 directions opposés (plus de féminisation/genre, plus de neutralisation/moins de genre). Et vu que tout semble aider, alors c'est ni la direction, ni la destination mais le changement.
Si on regarde l'histoire des tentatives de langue équitable, il y a des différences entre le français en suisse (qui rajoute des X en plus) et en france. Est ce qu
Je ne nie pas qu'il y a un effet sur la façon dont on accorde en français (les études le montrent, et pareil dans d'autres langues comme ici), mais dans la mesure ou on arrive à trouver quand même des contradictions, c'est peut être pas la grammaire en elle même que le fait de vouloir exprimer un changement qui produit un effet.
Si demain, on dit que parler anglais, c'est une façon d'être plus progressiste, alors au bout d'un temps, les études vont sans doute montrer qu'on associe l'anglais dans une offre d'emploi avec le progressisme (car après tout, c'est implicitement le cas avec l'argot de bureau en franglais et divers valeurs propres au monde de l'entreprise comme le dynamisme).
Si demain, tu dit partout que ton néo-neutre est plus équitable, et qu'on te suit alors il va le devenir par la force des choses.
Ensuite, est ce que ça va changer le reste de la société, je ne crois pas. Si il y a un effet, c'est indirect. C'est parce que le changement n'est pas consensuelle qu'il entraîne des débats, donc de la communication, une condition requise dans le post modernisme de part l'état de saturation que ça implique. Sans opposition, il y a pas de discussion, sans discussion pas de progrès.
Par exemple, le remplacement de "femme de ménage" par "agente d'entretien" n'a pas changé grand chose à leur exploitation et à leur condition de travail. Secrétaire est un mot épicène, mais on pense plus souvent à une femme qu'à un homme ou à un meuble.