Sans prétendre avoir la réponse à une question complexe, il me semble que trancher pour savoir ce que quelqu'un a le droit de choisir pourrait nécessiter de réfléchir en prenant en compte la deuxième phrase du premier article du préambule de la constitution française :
« Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune. »
Ce critère d'utilité commune offre déjà une possibilité de discrimination sérieuse. Le travail de l’égoutier, du pornographe, de l'enseignant, ou du dealer offre-t-il une utilité commune ? Laquelle ? Inversement est-il nuisible ? À quel point ?
Sans être un tenant des prohibitions ou du totalitarisme, ou à l'inverse un néolibéral, reste-t-il — à l'instar de nombre de législateurs de l'antiquité à l'époque contemporaine — raisonnable de penser qu'un rôle de l'état serait d'encourager les citoyennes et les citoyens à développer une certain vertu (ie force) ayant comme objectif l'utilité commune ? Contrairement à Aristote je m'interroge : le législateur doit-il se restreindre aux lois dont l’exécutif pourra garantir l'application ? Ou au contraire la loi peut-elle se contenter parfois d'une simple valeur normative ? et servir d'indicateur et de cadre moral pour les citoyens ?
Par exemple : un état doit-il interdire la prostitution et faire abattre tout ceux qui s'y livreraient ? L'interdire en forme de condamnation plus ou moins morale, mais sans lutter vraiment activement contre ? Ou au contraire constater l'impossibilité de l'interdire et laisser fleurir ouvertement toutes les formes de l'exploitation humaine associées que l'on connaît ?
Pas certain qu'une voie médiane soit la pire. Elle offre au moins à ceux qui en ont le luxe un cadre civique : ne pas participer à ce commerce est recommandable.
[^] # Re: abolitionniste
Posté par ǝpɐןƃu∀ nǝıɥʇʇɐW-ǝɹɹǝıԀ (site web personnel) . En réponse au journal Pornocriminalité : voici comment on finit par vouloir filtrer. Évalué à 4.
Sans prétendre avoir la réponse à une question complexe, il me semble que trancher pour savoir ce que quelqu'un a le droit de choisir pourrait nécessiter de réfléchir en prenant en compte la deuxième phrase du premier article du préambule de la constitution française :
Ce critère d'utilité commune offre déjà une possibilité de discrimination sérieuse. Le travail de l’égoutier, du pornographe, de l'enseignant, ou du dealer offre-t-il une utilité commune ? Laquelle ? Inversement est-il nuisible ? À quel point ?
Sans être un tenant des prohibitions ou du totalitarisme, ou à l'inverse un néolibéral, reste-t-il — à l'instar de nombre de législateurs de l'antiquité à l'époque contemporaine — raisonnable de penser qu'un rôle de l'état serait d'encourager les citoyennes et les citoyens à développer une certain vertu (ie force) ayant comme objectif l'utilité commune ? Contrairement à Aristote je m'interroge : le législateur doit-il se restreindre aux lois dont l’exécutif pourra garantir l'application ? Ou au contraire la loi peut-elle se contenter parfois d'une simple valeur normative ? et servir d'indicateur et de cadre moral pour les citoyens ?
Par exemple : un état doit-il interdire la prostitution et faire abattre tout ceux qui s'y livreraient ? L'interdire en forme de condamnation plus ou moins morale, mais sans lutter vraiment activement contre ? Ou au contraire constater l'impossibilité de l'interdire et laisser fleurir ouvertement toutes les formes de l'exploitation humaine associées que l'on connaît ?
Pas certain qu'une voie médiane soit la pire. Elle offre au moins à ceux qui en ont le luxe un cadre civique : ne pas participer à ce commerce est recommandable.
« IRAFURORBREVISESTANIMUMREGEQUINISIPARETIMPERAT » — Odes — Horace