Il existe un courant sur la liberté d'expression, bien représenté dans le milieu libriste, qui part du principe axiomatique que toute entrave à la liberté d'expression est mauvaise, quels qu'en soient les objectifs et les modalités. Ça me semble totalement correspondre à l'approche Kantienne de la morale basée sur des règles déontologiques: mentir est "mal", même si c'est mentir à la Gestapo qui recherche les Juifs que tu as cachés dans ton garage. De ce point de vue, c'est "mal" d'envisager un quelconque contrôle d'Internet, même si c'est pour les vidéos de viol.
Évidemment, le problème de cette approche est qu'elle est intransigeante : il ne peut exister aucun compromis. Même si c'est un point de vue que je respecte (tout en ne le comprenant pas), c'est un point de vue qui est minoritaire dans la société, et qui est, à mon avis, assez inaudible (surtout quand il est formulé maladroitement par des gens qui visiblement sont surtout intéressés pour continuer à regarder du prOn comme ils veulent). Du coup, minoritaire + inaudible + imperméable au compromis = la discussion se fera sans eux, et ils seront mécontents et pourront crier à la censure (ce qui semble de toutes manières complètement acté depuis le début).
À mon avis, la limitation de la censure ne peut se discuter que si l'on apporte des moyens alternatifs. Par exemple, la loi interdit la diffusion de pornographie aux mineurs. Si les mouvements anti-censure ne proposent pas de moyens pour limiter la diffusion de pornographie aux mineurs, alors la censure apparaitra comme le seul moyen de faire appliquer la loi.
Parmi les solutions alternatives, on pourrait imaginer contraindre les diffuseurs de pornographie à apparaitre dans une liste officielle (ou bien, alternativement, à prendre un domaine en .xxx) sous peine de blocage administratif. Ça rendrait le contrôle parental beaucoup plus facile techniquement, et beaucoup moins intrusif. On l'avais évoqué ici, le contrôle de majorité pourrait être certifié par des tokens distribués par des opérateurs publics (site des impôts etc) ou privés (banques, assurances) indépendants des sites consultés. Mais évidemment, ça veut dire qu'il faudrait bloquer les sites qui n'implémentent pas cette identification.
Dans tous les cas, ça n'empêchera jamais totalement la consultation de sites illégaux, tout comme la pose de radars automatiques n'empêche pas totalement les excès de vitesse. Ça rend juste les choses plus compliquées, et c'est ça l'objectif.
[^] # Re: Etude par des coincés du cul ?
Posté par arnaudus . En réponse au journal Pornocriminalité : voici comment on finit par vouloir filtrer. Évalué à 7.
Il existe un courant sur la liberté d'expression, bien représenté dans le milieu libriste, qui part du principe axiomatique que toute entrave à la liberté d'expression est mauvaise, quels qu'en soient les objectifs et les modalités. Ça me semble totalement correspondre à l'approche Kantienne de la morale basée sur des règles déontologiques: mentir est "mal", même si c'est mentir à la Gestapo qui recherche les Juifs que tu as cachés dans ton garage. De ce point de vue, c'est "mal" d'envisager un quelconque contrôle d'Internet, même si c'est pour les vidéos de viol.
Évidemment, le problème de cette approche est qu'elle est intransigeante : il ne peut exister aucun compromis. Même si c'est un point de vue que je respecte (tout en ne le comprenant pas), c'est un point de vue qui est minoritaire dans la société, et qui est, à mon avis, assez inaudible (surtout quand il est formulé maladroitement par des gens qui visiblement sont surtout intéressés pour continuer à regarder du prOn comme ils veulent). Du coup, minoritaire + inaudible + imperméable au compromis = la discussion se fera sans eux, et ils seront mécontents et pourront crier à la censure (ce qui semble de toutes manières complètement acté depuis le début).
À mon avis, la limitation de la censure ne peut se discuter que si l'on apporte des moyens alternatifs. Par exemple, la loi interdit la diffusion de pornographie aux mineurs. Si les mouvements anti-censure ne proposent pas de moyens pour limiter la diffusion de pornographie aux mineurs, alors la censure apparaitra comme le seul moyen de faire appliquer la loi.
Parmi les solutions alternatives, on pourrait imaginer contraindre les diffuseurs de pornographie à apparaitre dans une liste officielle (ou bien, alternativement, à prendre un domaine en .xxx) sous peine de blocage administratif. Ça rendrait le contrôle parental beaucoup plus facile techniquement, et beaucoup moins intrusif. On l'avais évoqué ici, le contrôle de majorité pourrait être certifié par des tokens distribués par des opérateurs publics (site des impôts etc) ou privés (banques, assurances) indépendants des sites consultés. Mais évidemment, ça veut dire qu'il faudrait bloquer les sites qui n'implémentent pas cette identification.
Dans tous les cas, ça n'empêchera jamais totalement la consultation de sites illégaux, tout comme la pose de radars automatiques n'empêche pas totalement les excès de vitesse. Ça rend juste les choses plus compliquées, et c'est ça l'objectif.