• [^] # Re: C'est un truc communiste!

    Posté par . En réponse au journal Un peu de science fiction. Évalué à 4.

    En bref : la pérennité du papier est très discutable.

    Par rapport à la gravure sur pierre, OK, mais par rapport aux autres supports dont on parle ici, je ne vois même pas le petit début d'une raison d'en discuter.

    Sur une durée inférieure à 50 ans, sauf accident majeur (incendie, inondation), la conservation du papier est parfaite, même dans des conditions sous-optimales (grenier, fond d'un meuble dans une cave, etc). Dans une bibliothèque, un livre même de qualité moyenne (type livre de poche) se conserve plus de 50 ans sans aucun problème (j'ai pas mal de livres en très bon état que je ne peux pas revendre sur les plateformes spécialisées parce qu'ils n'ont pas d'ISBN, code qui date de 1970), et dans de bonnes conditions, une conservation en parait état (à part une certaine odeur de "vieux") est largement possible sur une centaine d'années (dans les labos universitaires, tu tombes sur des livres du XIXe siècle posés sur les armoires des vieux meubles, sans être "comme neuf", ils ne tombent pas en ruine).

    J'aimerais bien connaitre la demi-vie de fonctionnement d'une liseuse. Apparemment le secteur table sur un renouvellement tous les 4 ans. J'imagine que même en en prenant soin, après 10 ans, il y a forcément des débuts de problèmes de connectique, de batterie, de format de fichier. Et après 20 ans, je ne vois pas comment on peut imaginer que plus de quelques petits % des liseuses sont encore fonctionnelles et utilisées. Je pense même que c'est consubstantiel à l'utilisation de l'objet : lire 50 livres sur une liseuse, c'est un peu comme si on lisait un livre 50 fois: il va être forcément abimé. La liseuse s'use, se casse, se perd, et on en change. Là on ne parle plus d'empreinte écologique, mais simplement de pérennité : une liseuse n'est juste pas un moyen perenne de conserver un texte. Il faudra retélécharger le livre sur une nouvelle liseuse tous les 5 ans, ou accepter de le perdre.

    Donc, bref, on est à au moins un ou deux ordres de grandeur de différence. Là où une tablette en pierre conserve un texte quelques milliers d'années, un livre quelques centaines, une liseuse quelques années.

    Bien sûr, avec le numérique, la question de l'archivage se pose. Si on archive ses documents sur un disque hors-ligne, ou dupliqué plusieurs fois dans le Cloud, c'est comme si on déposait des photocopies du livre dans les coffres forts de différentes banques, on sécurise la conservation de l'information. Mais ça reste théorique : une fausse manip, un prélèvement automatique refusé, une corruption de fichier, et pouf. À moins d'être extrêmement minutieux, on perd des choses quand on change de support, c'est facile d'oublier de copier un répertoire, de glisser dans le colis de retour de la vieille box internet le petit disque qui était branché dessus; les gens normaux ne vivent pas avec des systèmes quasi-professionnels où les mots de passe du chiffrage est disques sont conservés dans un coffre fort.

    Je n'ai pas non plus terriblement confiance dans la sauveragde à long terme par les éditeurs professionnels, ils perdent régulièrement les textes des anciennes édidions papier, et je ne vois pas par quel mirale ils conserveraient sur 50 ans la totalité des fichiers électroniques édités actuellement.