• [^] # Re: Comportement toxique ou personne toxique ?

    Posté par . En réponse au lien Travail - Patrons toxiques : il faut en finir avec la "culture des connards". Évalué à 3. Dernière modification le 16 septembre 2023 à 10:17.

    Je trouve la page wikipédia un peu légère pour expliquer la subsidiarité. Je lui préfère cet article écrit par un enseignant à Sciences Po Lyon (et qui se trouve dans les références de l'article Wikipiédia). En particulier ce passage (le graissage est de moi) à mettre en relief avec ta description de l'organisation de la Croix Rouge :

    On confond souvent subsidiarité, fédéralisme et décentralisation ; confusion qui a tendance à réduire la subsidiarité à une simple présomption de compétence en faveur de la plus « petite » entité. Nous avons posé ce postulat pour commencer et voyons désormais en quoi il s’avère insuffisant. D’un point de vue théorique, cette interprétation est doublement contestable. La décentralisation suppose un centre qui, selon une logique descendante, consent à la délégation de certaines compétences à des échelons inférieurs. La subsidiarité s’inscrit, elle, dans un autre paradigme – ascendant plus que descendant –, qui gagne à être interprétée à la lumière de la notion théologique d’immanence réciproque (présence des trois personnes divines l’une dans l’autre, ou présence de l’Eglise locale dans l’Eglise universelle et vice versa). En l’espèce, la compénétration fait plus que remettre en cause la hiérarchie, elle tend pour ainsi dire à la remplacer : à partir du moment où il n’y a pas d’extériorité entre la personne et la communauté, aucune hiérarchie n’est possible, qui suppose une distinction entre un supérieur et un inférieur, entre un haut et un bas. Avec la subsidiarité, la communauté n’absorbe pas la personne, de même que la personne ne prime pas la communauté. D’où la coloration très particulière que le schéma subsidiariste donne au fédéralisme traditionnel.

    Mais je le répète, sur le plan de la théorie politique le subsidiarisme n'est pas l'anarchisme : il ne vise pas à abolir l'État pour l'absorber dans la société civile, mais à limiter le pouvoir politique et restreindre l'intervention de l'État.

    Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.