Je serai curieux de recueillir ton ressenti sur la partie concernant la machine de Turing mais il me semble que c'est du même acabit.
Oui, il y a du grand n'importe quoi. Ce matin j'avais juste relevé une formulation erronée du résultat d'incomplétude, ce qui peut encore passer, mais la suite est bien pire quand il interprète cela par le fait que « tout programme est voué à l'incomplétude : il finira par planter ». Ça n'a absolument rien à voir et ce genre d'interprétation est typique de l'école de pensée que critique Bouveresse dans sa conférence. Un bug ou un plantage, c'est plutôt le signe d'une preuve mathématique fausse ou d'une preuve d'un mauvais théorème (on prouve bien quelque chose, mais pas le théorème dont on souhaite faire usage). Mais pour voir cela, il faut passer par la correspondance de Curry-Howard, magnifiquement décrite par Jean-Louis Krivine dans sa conférence À propos de la théorie des démonstrations (du programme de Hilbert aux programmes tout court).
Cependant, l'auteur n'est pas informaticien ni mathématicien (il me semble que le travail sur ce genre d'objets ne concerne qu'une petite part des informaticiens) mais théoricien en design.
Cette partie semble là pour cerner le numérique depuis ces débuts et ne constitue pas le cœur du travail de l'auteur, qui se déploie dans les parties suivantes où il analyse les manifestations plus récentes et palpables de la chose numérique.
Certes mais il utilise un style d'une école de pensée que je rejette totalement, et même s'il peut s'y trouver des choses intéressantes, c'est noyé dans un tissu d'absurdité. Le chapitre suivant sur le memex est du même ordre, où l'on y trouve du n'importe quoi philosphique quand il emploie totalement à contresens des notions issues de la morale kantienne. De plus sa vision du memex rejoint ce que dit Bouveressse :
Il est vrai que, si on pense, comme c'est souvent le cas, que dans le domaine littéraire et philosophique, la pensée procède essentiellement sur le mode de l'association d'idées et que celle-ci est par essence créatrice et peut créer tout ce qu'on veut, sauf, bien entendu, de l'obscurité et de la confusion, il est difficile de trouver encore quelque chose à critiquer et de comprendre ce qui, dans le discours de nos intellectuels, a pu choquer des lecteurs comme Sokal et Bricmont.
Franchement, je suis allé jusqu'au chapitre sur la genèse du Web, mais j'ai vraiment pas envie d'aller plus loin.
Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.
[^] # Re: Bullshit Bingo !
Posté par kantien . En réponse au lien Le design des programmes - Des façons de faire du numérique. Évalué à 3.
Oui, il y a du grand n'importe quoi. Ce matin j'avais juste relevé une formulation erronée du résultat d'incomplétude, ce qui peut encore passer, mais la suite est bien pire quand il interprète cela par le fait que « tout programme est voué à l'incomplétude : il finira par planter ». Ça n'a absolument rien à voir et ce genre d'interprétation est typique de l'école de pensée que critique Bouveresse dans sa conférence. Un bug ou un plantage, c'est plutôt le signe d'une preuve mathématique fausse ou d'une preuve d'un mauvais théorème (on prouve bien quelque chose, mais pas le théorème dont on souhaite faire usage). Mais pour voir cela, il faut passer par la correspondance de Curry-Howard, magnifiquement décrite par Jean-Louis Krivine dans sa conférence À propos de la théorie des démonstrations (du programme de Hilbert aux programmes tout court).
Certes mais il utilise un style d'une école de pensée que je rejette totalement, et même s'il peut s'y trouver des choses intéressantes, c'est noyé dans un tissu d'absurdité. Le chapitre suivant sur le memex est du même ordre, où l'on y trouve du n'importe quoi philosphique quand il emploie totalement à contresens des notions issues de la morale kantienne. De plus sa vision du memex rejoint ce que dit Bouveressse :
Franchement, je suis allé jusqu'au chapitre sur la genèse du Web, mais j'ai vraiment pas envie d'aller plus loin.
Sapere aude ! Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Voilà la devise des Lumières.