Un programme est un logiciel libre si vous, en tant qu'utilisateur de ce programme, avez les quatre libertés essentielles :
* (liberté 0)
* (liberté 1)
* la liberté de redistribuer des copies, donc d'aider les autres (liberté 2) ;
* la liberté de distribuer aux autres des copies de vos versions modifiées (liberté 3) ; en faisant cela, vous donnez à toute la communauté une possibilité
Si quelque chose mérite récompense, c'est bien la contribution au bien commun[0]. La créativité peut en faire partie, mais seulement dans la mesure où la société est libre de profiter de ses résultats.
(Le gras est de moi.)
Par ailleurs, à quelqu'un qui propose qu'il y ait un rapport entre la corruption et le logiciel libre par le biais de la défense des communs, tu expliques que ça n'a aucun sens car il faudrait (selon toi) que le rapport soit nécessaire et suffisant ; le principe d'une équivalence logique. Or si on prend « rapport » au sens de « Relation entre des choses ou des personnes. », nulle part il ne semble devoir supposer que ce doit être obligatoirement une relation d'équivalence.
C'est tout mignon tous tes commentaires qui s'acharnent à dépolitiser le débat autour du libre, mais je pense que tu te heurteras toujours à une réalité : dans le cas de RMS (et par extension de la FSF), nombreux sont les propos qui indiquent qu'il a mis la liberté et la communauté au dessus de pas mal de choses (dont le logiciel)[1], et qui indiquent que le logiciel libre est non seulement un moyen pour ces fins[2] (qui a lui même ses limites[3], ses contradictions[4] et ses compromis[5]), mais qu'il s'agit en plus de l'aboutissement conscient, issu de nombreuses expériences dans ce domaine, pour parvenir à ce résultat. Répétons le encore une fois : le logiciel libre (et a fortiori le copyleft) a été imaginé pour servir le commun et la société.
Et donc non, le logiciel libre, au sens de RMS (et par extensions de la FSF) n’apparaît pas « par miracle » comme la panacée à des personnes qui fantasment sur le bien commun. Répéter inlassablement et agressivement des choses que les gens savent fausses et/ou très discutables n'en fait pas pour autant des vérités.
[0]. Traduit de « If anything deserves a reward, it is social contribution. » Traduction probablement validée par RMS qui connait la portée de ces mots en français.
« J'aurais pu gagner de l'argent de cette façon et peut-être même trouver amusant d'écrire du code. Mais je savais qu'à la fin de ma carrière je n'aurais à contempler que des années passées à construire des murs pour séparer les gens, avec l'impression d'avoir employé ma vie à rendre le monde pire.
[...]
Une autre possibilité, radicale mais déplaisante, était d'abandonner l'informatique. De cette manière, mes capacités ne seraient pas employées à mauvais escient, mais elles n'en seraient pas moins gaspillées. Je ne me rendrais pas coupable de diviser les utilisateurs d'ordinateurs et de restreindre leurs droits, mais cela se produirait malgré tout.
Alors, j'ai cherché une façon pour un programmeur de se rendre utile pour la bonne cause. [...] »
« Avoir la liberté signifie avoir la maîtrise de sa propre vie. Si vous utilisez un programme pour mener à bien des tâches affectant votre vie, votre liberté dépend du contrôle que vous avez sur ce programme. Vous méritez de contrôler les programmes que vous utilisez, d'autant plus quand vous les utilisez pour quelque chose d'important pour vous.
Pour que vous, l'utilisateur, ayez la maîtrise du programme, vous devez bénéficier des quatre libertés essentielles. [...] »
[3] Relative impuissance fasse à nombre de menaces : brevets, informatique dite « de confiance », vente liée, etc. Et plus récemment, tout le mouvement de dépossession informatique qui centralise au maximum les données et traitements dans les ordinateurs de quelques autres.
« Il n'est pas sûr que ces clauses soient applicables. Les licences de logiciel libre sont basées sur le droit du copyright, et essayer d'imposer des conditions d'usage de cette façon revient à repousser la limite de ce que permet le droit du copyright, la repousser de manière dangereuse. »
Et si des personnes cyniques ridiculisent la liberté, ridiculisent la communauté... si des « réalistes forcenés » disent que le profit est le seul idéal... ignorez-les et utilisez le copyleft tout de même.
[^] # Re: logiciel libre
Posté par Pol' uX (site web personnel) . En réponse au lien Corruption : un coût de près de 1 000 milliards d’euros par an pour l’UE (article 2020). Évalué à 4.
D'après https://www.gnu.org/philosophy/free-sw.html :
Plus ancien, d'après https://www.gnu.org/gnu/manifesto.fr.html :
(Le gras est de moi.)
Par ailleurs, à quelqu'un qui propose qu'il y ait un rapport entre la corruption et le logiciel libre par le biais de la défense des communs, tu expliques que ça n'a aucun sens car il faudrait (selon toi) que le rapport soit nécessaire et suffisant ; le principe d'une équivalence logique. Or si on prend « rapport » au sens de « Relation entre des choses ou des personnes. », nulle part il ne semble devoir supposer que ce doit être obligatoirement une relation d'équivalence.
C'est tout mignon tous tes commentaires qui s'acharnent à dépolitiser le débat autour du libre, mais je pense que tu te heurteras toujours à une réalité : dans le cas de RMS (et par extension de la FSF), nombreux sont les propos qui indiquent qu'il a mis la liberté et la communauté au dessus de pas mal de choses (dont le logiciel)[1], et qui indiquent que le logiciel libre est non seulement un moyen pour ces fins[2] (qui a lui même ses limites[3], ses contradictions[4] et ses compromis[5]), mais qu'il s'agit en plus de l'aboutissement conscient, issu de nombreuses expériences dans ce domaine, pour parvenir à ce résultat. Répétons le encore une fois : le logiciel libre (et a fortiori le copyleft) a été imaginé pour servir le commun et la société.
Et donc non, le logiciel libre, au sens de RMS (et par extensions de la FSF) n’apparaît pas « par miracle » comme la panacée à des personnes qui fantasment sur le bien commun. Répéter inlassablement et agressivement des choses que les gens savent fausses et/ou très discutables n'en fait pas pour autant des vérités.
[0]. Traduit de « If anything deserves a reward, it is social contribution. » Traduction probablement validée par RMS qui connait la portée de ces mots en français.
[1] https://www.gnu.org/gnu/thegnuproject.html
[2] https://www.gnu.org/philosophy/free-software-even-more-important.html :
[3] Relative impuissance fasse à nombre de menaces : brevets, informatique dite « de confiance », vente liée, etc. Et plus récemment, tout le mouvement de dépossession informatique qui centralise au maximum les données et traitements dans les ordinateurs de quelques autres.
[4] https://www.gnu.org/philosophy/programs-must-not-limit-freedom-to-run.html : par exemple cette revendication au motif de ne pas renforcer abusivement le copyright :
[5] https://www.gnu.org/philosophy/pragmatic.html : d'ailleurs ce dernier article cité finit par :
Adhérer à l'April, ça vous tente ?