À te lire, la vraie erreur de Richard Stallman (hormis vous savez quoi), c'est d'avoir donné à ses licences de logiciel le qualificatif de "libres". On en a déjà parlé, mais ça me paraît délicat de rectifier la terminologie en vigueur depuis tout ce temps - même les gens qui mettent tout ce qu'ils font sur GitHub en MIT ne veulent plus parler de "libre", de peur d'être assimilés aux "FOSSbros" puants dont RMS est le portrait-robot.
Mais le plus important, à mon avis, c'est ça :
En attendant, le libre qui marche le plus est le libre avec plus de libertés que le copyleft, peut-être parce que la pratique est plus en phase avec la théorie affichée du libre.
L'opensource (parce que c'est comme ça que tout le monde appelle "le libre avec plus de libertés que le copyleft", que ça te plaise ou non) "marche" mieux que le libre (c'est à dire "le copyleft" donc), dans le sens où il a bouffé le monde, comme s'en lamente un des billets que Ploum cite à l'appui de sa réflexion (et dont on avait parlé ici). Partant de ce constat, soit on considère que c'est très bien comme ça et que c'est la marche du progrès, et que de toute façon Linux ne sera jamais prêt pour le desktop, soit on se rebelle. Et le copyleft est l'instrument que Ploum défend dans cette rébellion (le débat autour du post-opensource consistant à savoir si le copyleft est un instrument suffisant ou s'il faut commencer à réfléchir à plutôt faire des licences ouvertement anti-commerciales). Pour ma part, j'ai tendance à penser que les licences hippocratique/troll/anticapitalistes ne sont, au mieux, pas plus efficaces que le copyleft pour inciter les grosses boîtes à faire preuve de scrupules avec la propriété intellectuelle (vous pensez qu'ils ont demandé quelles clauses Creative Commons s'appliquaient à tout ce qu'a pompé ChatGPT ?). Mais même (surtout) en séparant l'art de l'artiste, je suis d'accord pour dire que moins on parle de RMS, mieux on se porte.
[^] # Re: Commentaires sur HN
Posté par Laurent Pointecouteau (site web personnel, Mastodon) . En réponse au lien We need more of Richard Stallman, not less. Évalué à 4. Dernière modification le 19 juin 2023 à 18:00.
À te lire, la vraie erreur de Richard Stallman (hormis vous savez quoi), c'est d'avoir donné à ses licences de logiciel le qualificatif de "libres". On en a déjà parlé, mais ça me paraît délicat de rectifier la terminologie en vigueur depuis tout ce temps - même les gens qui mettent tout ce qu'ils font sur GitHub en MIT ne veulent plus parler de "libre", de peur d'être assimilés aux "FOSSbros" puants dont RMS est le portrait-robot.
Mais le plus important, à mon avis, c'est ça :
L'opensource (parce que c'est comme ça que tout le monde appelle "le libre avec plus de libertés que le copyleft", que ça te plaise ou non) "marche" mieux que le libre (c'est à dire "le copyleft" donc), dans le sens où il a bouffé le monde, comme s'en lamente un des billets que Ploum cite à l'appui de sa réflexion (et dont on avait parlé ici). Partant de ce constat, soit on considère que c'est très bien comme ça et que c'est la marche du progrès, et que de toute façon Linux ne sera jamais prêt pour le desktop, soit on se rebelle. Et le copyleft est l'instrument que Ploum défend dans cette rébellion (le débat autour du post-opensource consistant à savoir si le copyleft est un instrument suffisant ou s'il faut commencer à réfléchir à plutôt faire des licences ouvertement anti-commerciales). Pour ma part, j'ai tendance à penser que les licences hippocratique/troll/anticapitalistes ne sont, au mieux, pas plus efficaces que le copyleft pour inciter les grosses boîtes à faire preuve de scrupules avec la propriété intellectuelle (vous pensez qu'ils ont demandé quelles clauses Creative Commons s'appliquaient à tout ce qu'a pompé ChatGPT ?). Mais même (surtout) en séparant l'art de l'artiste, je suis d'accord pour dire que moins on parle de RMS, mieux on se porte.