• [^] # Re: Syndrome de l’imposteur, femmes & hostilité

    Posté par . En réponse au lien Syndrome de l’imposteur, blagues sexistes : la tech encore hostile aux codeuses. Évalué à 2.

    En fait le syndrome de l'imposteur est probablement l'expression d'un problème sous-jacent plus sérieux : le sexisme ou la misogynie internalisés.

    Imaginons que tu vis au sein d'un groupe social où toi en tant qu'individu appartenant à une catégorie quelconque ; un genre, une race/ethnie/couleur de peau/taux de mélanine, une orientation sexuelle ou politique, une religion, etc. Imaginons qu'un groupe social majoritaire ou en position de force1, clame haut et fort que ta catégorie est inférieure dans tel ou tel domaine ou qu'elle l'est carrément par essence.

    Forcément, tu vas être outré.e, indigné.e, enragé.e ; mais à force d'entendre cela ad nauseam eh bien tu vas intérieurement commencer à y croire, ou en tout cas à graduellement douter sur tes capacités.

    Quand, en sus, des gens de ta propre catégorie commencent eux-mêmes à véhiculer le stéréotype, là le doute devient une quasi-certitude.

    Or nous avons besoin de confiance pour avancer, c'est-à-dire de penser que le pourcentage de réussite d'une opération donnée que l'on va exécuter dans le futur est suffisamment élevé pour que l'on se lance.

    Maintenant avec des stéréotypes du genre « Les femmes ne savent pas coder/diriger/conduire », et surtout « ce n'est pas un métier pour une femme », il n'est pas étonnant que les femmes souffrent du syndrome de l'imposteur.

    Si aujourd'hui encore les femmes jouent les seconds rôles dans la société, c'est parce qu'on les y a forcées ou alors on les a fortement découragées de jouer les rôles principaux.


    [1] les hommes ne sont pas majoritaires dans le monde, mais ils sont politiquement et économiquement en position de force par rapport aux femmes. Ils sont aussi avantagés physiquement, avec en moyenne une masse musculaire et osseuse plus importantes et un taux de testostérone plus élevé qui donne plus de force et d'agressivité, ce qui peut expliquer le nombre extrêmement faible de révoltes féminines dans l'histoire de l'humanité, car elles étaient probablement réprimées et tuées dans l’œuf à l'échelle du foyer avant même qu'elles ne s'étendent ou ne s'organisent.

    Nec spe, nec metu