• # Éthique à deux vitesses

    Posté par . En réponse au lien Y a t-il un traitement d'exception pour les artistes accusés de violences sexistes et sexuelles ?. Évalué à 10.

    Il n'y a rien d'évident quand on traite l'éthique avec recul et circonspection. Serait-il par exemple éthique d'accueillir des artistes accusés de fraude fiscale? De consommation et trafic de stupéfiant? De violences routières? Est-il éthique de se substituer à la justice pour exclure de la société des individus qui sont accusés (et pas reconnus coupables) de crimes et délits sexuels?

    Par exemple, je n'aime pas trop les gens accusés d'incitations à la haine raciale. Je peux très bien me faire une règle éthique personnelle, qui consiste à refuser d'inviter des gens accusés d'incitations à la haine raciale à mes soirées barbecue. Par contre, serait-il légitime d'estimer qu'il est anormal que ces personnes soient invitées par d'autres à leurs soirées barbecue? Est-il normal de publier des tribunes du style "Arrêtez d'inviter des racistes à vos soirées barbecue"? Est-ce que ça n'est pas la liberté des organisateurs de soirées barbecue de décider s'ils souhaitent ou non inviter des racistes (s'ils ne font que manger des saucisses, et pas de faire de discours politique)?

    Bref, la plupart des combats bien moisis commencent généralement par des gens qui se mêlent de ce que les autres font (avec leur corps et leurs parties génitales, qui ils invitent, à qui ils parlent, etc). Ce n'est pas parce que j'aimerais bien aussi ne pas voir la tronche d'agresseurs sexuels à la télé que ça légitime de décider qui est suffisamment fréquentable pour être invité par quelqu'un que je ne connais pas : un règle d'éthique doit s'appliquer à tout le monde, et pas seulement quand il s'agit de faire disparaitre de la vie sociale des gens que l'on n'aime pas.