• # Re: Le Syntec nous verrait bien intermittents

    Posté par . En réponse à la dépêche Le Syntec nous verrait bien intermittents. Évalué à 5.

    La grosse majorité des SSII d'aujourd'hui ne sont que des "loueurs de viande". Je vais parler de cette majorité.
    Leur rôle consiste à recevoir une offre de poste (par des canneaux qui leur sont à priori exclusifs, donc pas du tout fair-play pour les indépendants et ceux en portage salarial), ensuite par mots clefs(surtout sans rien y comprendre) selectionner les CVs qui collent le plus à l'offre, "reformatter" les CVs à leur nom(tâche souvent demandée au futur prestataire... même si pas embauché), les soumettre au client, entretiens(même le presta n'est pas embauché) et louer le prestataire en maximisant la marge.
    Bravo! Quel savoir faire!!!

    Il faut savoir que la "location de main d'oeuvre" n'est autorisée en France que dans le cadre de l'interim.
    Et oui... elle est illégale dans le cas de SSII! Exit la régie: délit de machandage, prêt illicite de main d'oeuvre et dissimulation de main d'oeuvre sont de plus en plus fréquent.
    Alors pourquoi les SSIIs ont une telle pénétration du marché sachant que 90% de leur activité est définie illégale par le code du travail? Et bien parce qu'à l'époque des années folles, cela arrangait tout le monde:
    - Les clients: moins ils embaucheront, mieux ils se porteront.
    - Les SSIIs, intermediaires opportunistes se contentant de marger sur de la location de main d'oeuvre, easy money.
    - Les prestataires: Ponts d'or, CDI, variété des missions, tout le tralala mais surtout "inter-contrat? C'est quoi ça?"

    Aujourd'hui le modèle économique des SSIIs(régie) n'est plus adapté. Les prestataires n'y trouvent plus leur compte, les SSIIs ont des difficultés (parfois des difficultés programmées parce que la crise est à la mode...), les clients sont aux anges.
    Du coup, les prestataires sortent peu à peu de la létargie et du confort que leur ont procurés les années folles et commençent à réagir.
    Les SSIIs se doivent alors de réagir elles aussi, et le plus vite possible. Leur clients ainsi qu'elles mêmes font de plus en plus l'objet d'attaques pour des délits de marchandage, des prêts de main d'oeuvre illicite et des dissimulation de main d'oeuvre. Il faut qu'elles apportent une réponse légale, heureusement leur syntec est là... Le contrat de chantier est un élément de cette réponse.

    Le cas des intermittents du spectacle est différent. Leur status "précaire" a été "légalisé" car tout le monde y trouvait son compte, tout cela au détriment de l'état. Mais ça n'a pas duré... au détriment des intermittents. Que cela nous serve de leçon.

    Il ne faut pas se mentir à soi-même, le statut légal le plus proche du prestataire est indépendant. Les SSIIs n'ont rien à faire là. Or, en France, le marché est vérouillé par les SSIIs, et sans ça, la vie d'indépendant informaticien serait nettement plus réaliste car les missions seraient beaucoup plus accessibles. C'est le cas dans les pays anglo-saxons ou en Allemagne où ils forment la majorité de la main d'oeuvre en informatique.

    Bref... tout ça sens mauvais, vraiment mauvais. La véritable "cible" se sont les "clients", pas les SSIIs. Il faut les re-éduquer(médias qu'attendez-vous??) ainsi que les prestataires eux-mêmes, et si il le faut employer les moyens légaux dont nous disposons (les délits de marchandage, prêts illicites de main d'oeuvre et dissimulations de main d'oeuvre) ... avant que le syntec nous les prenne avec ses contrats de chantier.