• [^] # Re: C'est pourtant couru d'avance...

    Posté par (site web personnel) . En réponse au lien les licenciements de masse à Red Hat augmente le taux de syndicalisation, notamment en France. Évalué à 10.

    C'est assez ridicule, parce que c'est quand même de la propagande pro-patron caché que de dire que le souci vient d'IBM (ou autre, mon exemple est généralisable).

    Le probléme serait toujours "l'Autre", et jamais le système en place (que ça soit la structure financière d'un entreprise, le business modèle, ou le management courant).

    On le voit pour Google, c'est pas le patron, mais des actionnaires qui ont demandés les licenciements.

    Dans le cas de RH, ça ne serait pas le système, mais IBM.

    Et de la même façon, comme j'ai plus le voir avec les boites que RH a racheté, le souci n'est pas la boite rachetée (et son management de l'époque), mais RH.

    Personne ne semble se demander par quel mécanisme quasiment tout le secteur de la tech US se retrouve à faire la même chose, c'est toujours "une vague entité plus diffuse et plus grande mais identifié".

    "Les investisseurs", "Les grands patrons", "Wall Street".

    Mais c'est une simplification trompeuse et à mon sens fausse pour n'importe qui ayant un minimum de mémoire et de curiosité en dehors de son domaine.

    Par exemple, RH a toujours voulu maximiser ses profits, et a souvent procéder à des coupures budgétaires. Bien avant 2019, les rumeurs après chaque coupure budgétaire était "on va se faire racheter par Cisco" (sans aucune preuve, et ça n'est pas arrivé du tout, ce qui prouve bien que c'était vrai).

    Maintenant qu'il y a eu un rachat, c'est IBM, y compris sur des projets commencés avant IBM (par exemple, les histoires de Centos Stream, je sais de source sur que ça n'a rien à voir avec IBM parce que j’étais la, mais ça n’empêche pas beaucoup de monde de croire le contraire, car les opinions non fondées qui confortent comptent plus que les faits qui contredisent en 2023).

    Alors bien sur, les performances passées n'indiquent en rien les performances futures, et avoir tort quasiment tout le temps n'implique pas de n'avoir jamais raison. Par contre, ça montre surtout qu'il faut avoir un peu plus que des opinions.

    Par exemple, dans la vague de licenciements, quel impact a l'inflation sur les dépenses ?

    Est ce que la non élasticité des prix pour les ventes en entreprises (négocié sur 3 ou 5 ans) change des choses ?

    Est que les changements des impôts US change des choses ?

    Est ce le financement des entreprises via la dette (et de l'usage de l'entreprise de la valeur comme collatéral) joue un rôle ?

    Dire "ça vient de l'entité la plus grosse et la plus vague", c'est une position victimaire qui nie la complexité des opérations financières d'une boite moderne, complexité dont on est content de bénéficier quand ça nous donne un meilleur salaire et plus de moyens, mais moins quand ça se casse la gueule.

    Un peu comme coder en python, on est content parce qu'on doit pas gérer la mémoire, mais moins quand ça bouffe trop.

    Et je ne dit pas qu'il ne faut pas râler ou demander une meilleur répartition, loin de la. Mais il faut aussi dépasser les idées simplistes et vaguement populistes si on veut avancer, car en se focalisant sur un épouvantail, on bloque son sens critique, et on se fait enfumer.

    (et je dirais qu'il faut aussi se poser la question de l'importance disproportionné du travail, mais je vais pas écrire un autre pâté sur ça)