Quand j'étais en 3e, j'ai fait mon stage de découverte du milieu professionnel chez un plombier. Ça durait une semaine. Le matin, on allait sur site, et l'employé me trouvait quelque chose à faire. Par exemple, un ensemble de 10 tuyaux en cuivre à couper, il me filait une scie à métaux, et voila, il allait à un autre endroit. Quand il était midi, il revenait, me disait "ah c'est bien, tu en as coupé 7, il en reste 3. Il prenait sa disqueuse, et zzzim zzzim zzzim il coupait les trois derniers.
Crois le ou ne le crois pas, mais 30 ans après (ça ne me rajeunit pas :-) ), je me sens encore humilié par cette expérience. Je ne suis pas plombier; ça m'arrive souvent d'encadrer des jeunes ou des stagiaires, et je ne leur ai jamais proposé de passer du temps sur une tâche automatisable. Au contraire, quand je m'apercois qu'ils n'ont pas automatisé quelque chose d'automatisable, je leur explique comment faire.
Si ta ligne de pensée, c'est que la peur d'un futur incertain justifie d'interdire ou de ralentir l'arrivée d'une technologie capable de remplacer le travail humain, alors j'ai peur de ne pas suivre Beaumarchais et de faire ce qui m'est possible pour t'empêcher de diffuser une idée aussi mortifère. Tu es en train d'inventer pire qu'une vie gâchée à travailler : une vie gâchée à faire semblant de travailler. Je n'arrive pas à imaginer quelque chose de plus aliénant pour un être humain que de lui demander de se tuer à faire une tâche inutile; tu auras d'ailleurs remarqué que c'est une méthode de choix pour briser les volontés en prison ou en camp de concentration. Donc je peux tout à fait assumer de me faire traiter de scientiste si tu acceptes de garder ce genre d'idées dans un endroit de ton anatomie d'où elles n'auraient jamais dû sortir.
[^] # Re: Mais quel monde merveilleux !
Posté par arnaudus . En réponse au lien Cette présentatrice météo n’existe pas - numerama. Évalué à 10.
Quand j'étais en 3e, j'ai fait mon stage de découverte du milieu professionnel chez un plombier. Ça durait une semaine. Le matin, on allait sur site, et l'employé me trouvait quelque chose à faire. Par exemple, un ensemble de 10 tuyaux en cuivre à couper, il me filait une scie à métaux, et voila, il allait à un autre endroit. Quand il était midi, il revenait, me disait "ah c'est bien, tu en as coupé 7, il en reste 3. Il prenait sa disqueuse, et zzzim zzzim zzzim il coupait les trois derniers.
Crois le ou ne le crois pas, mais 30 ans après (ça ne me rajeunit pas :-) ), je me sens encore humilié par cette expérience. Je ne suis pas plombier; ça m'arrive souvent d'encadrer des jeunes ou des stagiaires, et je ne leur ai jamais proposé de passer du temps sur une tâche automatisable. Au contraire, quand je m'apercois qu'ils n'ont pas automatisé quelque chose d'automatisable, je leur explique comment faire.
Si ta ligne de pensée, c'est que la peur d'un futur incertain justifie d'interdire ou de ralentir l'arrivée d'une technologie capable de remplacer le travail humain, alors j'ai peur de ne pas suivre Beaumarchais et de faire ce qui m'est possible pour t'empêcher de diffuser une idée aussi mortifère. Tu es en train d'inventer pire qu'une vie gâchée à travailler : une vie gâchée à faire semblant de travailler. Je n'arrive pas à imaginer quelque chose de plus aliénant pour un être humain que de lui demander de se tuer à faire une tâche inutile; tu auras d'ailleurs remarqué que c'est une méthode de choix pour briser les volontés en prison ou en camp de concentration. Donc je peux tout à fait assumer de me faire traiter de scientiste si tu acceptes de garder ce genre d'idées dans un endroit de ton anatomie d'où elles n'auraient jamais dû sortir.