• [^] # Re: Aristote, par pitié...

    Posté par . En réponse au journal introduction pas trop chiante à la philosophie politique et morale. Évalué à 6.

    Un petit peu parce qu'il a beaucoup écrit des trucs et leur contraire

    D'une part, Aristote a écrit à différentes époques, en explorateur du savoir. C'est normal que son savoir évolue dans le temps, à son époque ce savoir est très nouveau. Lui même et ses élèves poursuivaient d'ailleurs les recherches dans son école, qui contenait en quelque sorte un "labo".
    D'autre part, les bibliothécaires du Lycée ont plus tard regroupé ce qui restait de ses écrits avec des notes prises par ses élèves, les rassemblant par thèmes sans trop se préoccuper de chronologie (c'est très sensible dans la Métaphysique). Ils ont ainsi constitué un corpus destiné à l'enseignement (au sein du Lycée). Il ne s'agit pas de livres composés par Aristote. En tant que support de cours, ce corpus pas toujours cohérent n'était pas destiné à sortir de l'école où il pouvait être discuté.
    Et aussi, les grecs écrivaient sans espace entre les mots. Selon l'endroit où l'on coupe le mot on peut lire un autre sens (ajoutes-y les erreurs de copies). Les grecs recourraient à des lecteurs entraînés pour lire leurs oeuvres à voix haute. Aristote s'interprète, aux deux sens du terme (de Platon il nous reste des livres composés, plus solides, les mots y sont moins sujet à débat).

    Je bataille, je bataille, mais Aristote est pour moi un excellent modèle de chercheur, pas dogmatique pour un sou, au contraire il cherche même les façons correctes de penser et raisonner pour découvrir le savoir, il s'interroge sur le langage, il tente d'explorer les propriétés foncières de l'humain... on voit dans les ouvrages sa réflexion qui se construit, sa pensée qui fait des allers-retours, il n'y a rien d'assuré, il faut chercher.

    Tandis que, c'est vrai, on s'est tellement appuyé sur lui et tant de textes y font référence qu'il revient souvent dans les arguments.