Répartir la charge et ne pas dépendre d'un seul acteur ? Ça
veut dire que tu dois publier tes images partout ? Sinon tu
dépend d'un unique acteur. Ou que tu dépend des pleins
d'acteur ?
Non, que tout le monde ne publie pas au même endroit (à savoir le hub docker).
Si docker n'avait pas participé à l'OCI. L'écosystème n'aurait
pas la même tête aujourd'hui.
Non, mais Docker n'aurait pas grandi non plus. Les boites font des alliances et des fondations par par amour de la collaboration, mais pour 2 raisons:
- parce que les clients veulent des standards, donc elles ont le choix entre le faire elles même, ou que ça leur tombe dessus par l'état tôt ou tard (norme ISO, etc).
- parce que si elles veulent faire grandir le marché, il faut un écosystème et donc il est important de ne pas collectivement perdre du temps à réinventer la roue, et à priori leur propres roues qu'elles contrôlent.
Dans le cas de Docker, il y a aussi que tout boite en croissance réalise à un moment qu'elle ne peux pas grandir par elle même aussi vite que prévu, et qu'elle a besoin de partenaires économiques, comme des entreprises qui ont déjà l'infrastructure commercial pour adresser des marchés qu'elle n'a pas, ou dont elle ne veux pas.
Pour une petite boite, c'est avoir des commerciaux qui vont parler aux directeurs IT (ie. une grosse boite). Pour une grande boite, c'est avoir des commerciaux qui vont s'adresser pour toi à des acteurs plus petits, chose qui n'est plus rentable pour toi à cause de ta bureaucratie interne, elle même du à des obligations légales et financières du à ta propre taille.
Une boite en pleine croissance va aussi voir qu'elle n'a pas la capacité à faire de la R&D partout, donc qu'il faut repartir ça en laissant d'autres faire des choses et payer les pots cassés ou gagner un peu du gâteau (sachant que le coût pour la boite de laisser d'autres adresser un besoin qui utilise sa solution est proche de zéro).
C'est pour ce genre de raisons qu'on voit tout le temps qu'on a l'OCI, l'Openstack fondation, le CNCF, la fondation OW2, etc, etc.
Je vais le redire de manière plus limpide. Désolé du coup je ne
met plus de forme. Je trouve dégueulasse la manière qu'on les
"libristes" de tomber sur chaque projet qui a une décision qui
ne leur va pas, qu'on est immédiatement dans la polémique
plutôt que la discussion et qu'on le voit même chez ceux qui
affirment pousser le libre comme une projet de société pronnant
entre autre l'entraide.
Mais le libre prône aussi une certaine vision de la démocratie, qui implique des discussions, et de la méritocratie, qui implique aussi une confrontation des idées.
Le libre en tant qu'idéologie, ça a été théorisé par RMS parce qu'il ne pouvait pas toucher à un driver d'imprimante dans une fac. Certes, on présente ça comme le fait de s'aider sur la correction de bugs, mais le lien entre la culture scientifique et académique me parait assez direct.
L'aspect entraide existe, je ne le nie pas. Mais il me parait une justification à posteriori pour que les libristes s'auto justifient une partie de leur travail gratuit. Et la GPL, qui reste un texte fondateur, ne parle pas d'entraide, ou de droit à l'entraide. La GPL parle par contre du droit à étudier le code source, et du droit à reprendre le code pour autre chose. Donc on revient à la culture académique via 1) l'étude de code 2) le concept de liberté de parole (i.e. free speech), si on compare le code à une forme de parole académique.
Une licence qui mettrait l'entraide au cœur de ses mécanismes, ça serait tout ce qui tourne autour de l'Ethical Source License. Mais sa réception par la communauté du libre montre quand même que c'est pas exactement une valeur aussi centrale que d'autres valeurs.
Les idéologies peuvent avoir plusieurs causes, peuvent changer et s'adapter, et chacun voit midi à sa porte.
Mais la, pour le cas spécifique d'une boite privée qui fournit gratos de l'infra afin que son business grandisse (car Docker sans images, ça n'aurait pas eu le même succès), je ne pense pas qu'on puisse mettre ça sous la bannière de l'entraide.
Je peux voir comment on peux le voir, vu que ça aide les projets à répondre aux besoins et aux demandes de leur base utilisateur pour 0€. Je peux voir comment, si on pense que l'infra est une corvée, un service gratuit est vu comme entraide. Je peux voir comment le discours autour de "on aime le libre et on veut donner en retour" de beaucoup de SaaS sonne comme de l'entraide.
Mais je pense que ça n'est pas le cœur de l'idée.
Donc ouais, on peut prôner l'entraide, et en même temps, discuter de chose qui sont assez éloignés de la question de l'entraide.
[^] # Re: À quelque chose malheur est bon
Posté par Misc (site web personnel) . En réponse au lien We apologize. We did a terrible job announcing the end of Docker Free Teams.. Évalué à 5.
Non, que tout le monde ne publie pas au même endroit (à savoir le hub docker).
Non, mais Docker n'aurait pas grandi non plus. Les boites font des alliances et des fondations par par amour de la collaboration, mais pour 2 raisons:
- parce que les clients veulent des standards, donc elles ont le choix entre le faire elles même, ou que ça leur tombe dessus par l'état tôt ou tard (norme ISO, etc).
- parce que si elles veulent faire grandir le marché, il faut un écosystème et donc il est important de ne pas collectivement perdre du temps à réinventer la roue, et à priori leur propres roues qu'elles contrôlent.
Dans le cas de Docker, il y a aussi que tout boite en croissance réalise à un moment qu'elle ne peux pas grandir par elle même aussi vite que prévu, et qu'elle a besoin de partenaires économiques, comme des entreprises qui ont déjà l'infrastructure commercial pour adresser des marchés qu'elle n'a pas, ou dont elle ne veux pas.
Pour une petite boite, c'est avoir des commerciaux qui vont parler aux directeurs IT (ie. une grosse boite). Pour une grande boite, c'est avoir des commerciaux qui vont s'adresser pour toi à des acteurs plus petits, chose qui n'est plus rentable pour toi à cause de ta bureaucratie interne, elle même du à des obligations légales et financières du à ta propre taille.
Une boite en pleine croissance va aussi voir qu'elle n'a pas la capacité à faire de la R&D partout, donc qu'il faut repartir ça en laissant d'autres faire des choses et payer les pots cassés ou gagner un peu du gâteau (sachant que le coût pour la boite de laisser d'autres adresser un besoin qui utilise sa solution est proche de zéro).
C'est pour ce genre de raisons qu'on voit tout le temps qu'on a l'OCI, l'Openstack fondation, le CNCF, la fondation OW2, etc, etc.
Mais le libre prône aussi une certaine vision de la démocratie, qui implique des discussions, et de la méritocratie, qui implique aussi une confrontation des idées.
Le libre en tant qu'idéologie, ça a été théorisé par RMS parce qu'il ne pouvait pas toucher à un driver d'imprimante dans une fac. Certes, on présente ça comme le fait de s'aider sur la correction de bugs, mais le lien entre la culture scientifique et académique me parait assez direct.
L'aspect entraide existe, je ne le nie pas. Mais il me parait une justification à posteriori pour que les libristes s'auto justifient une partie de leur travail gratuit. Et la GPL, qui reste un texte fondateur, ne parle pas d'entraide, ou de droit à l'entraide. La GPL parle par contre du droit à étudier le code source, et du droit à reprendre le code pour autre chose. Donc on revient à la culture académique via 1) l'étude de code 2) le concept de liberté de parole (i.e. free speech), si on compare le code à une forme de parole académique.
Une licence qui mettrait l'entraide au cœur de ses mécanismes, ça serait tout ce qui tourne autour de l'Ethical Source License. Mais sa réception par la communauté du libre montre quand même que c'est pas exactement une valeur aussi centrale que d'autres valeurs.
Les idéologies peuvent avoir plusieurs causes, peuvent changer et s'adapter, et chacun voit midi à sa porte.
Mais la, pour le cas spécifique d'une boite privée qui fournit gratos de l'infra afin que son business grandisse (car Docker sans images, ça n'aurait pas eu le même succès), je ne pense pas qu'on puisse mettre ça sous la bannière de l'entraide.
Je peux voir comment on peux le voir, vu que ça aide les projets à répondre aux besoins et aux demandes de leur base utilisateur pour 0€. Je peux voir comment, si on pense que l'infra est une corvée, un service gratuit est vu comme entraide. Je peux voir comment le discours autour de "on aime le libre et on veut donner en retour" de beaucoup de SaaS sonne comme de l'entraide.
Mais je pense que ça n'est pas le cœur de l'idée.
Donc ouais, on peut prôner l'entraide, et en même temps, discuter de chose qui sont assez éloignés de la question de l'entraide.