• [^] # Re: Alors, c'est pas exactement ça

    Posté par (site web personnel) . En réponse au lien Microsoft licencie son équipe dédiée à l’éthique de l’IA (dans la série touvabien). Évalué à 4.

    Je pense que c'est une hyperbole, pour deux raisons.

    Primo, avant de savoir que l'équipe en question a été dissoute, si Microsoft t'avait dit "on a une équipe sur le sujet", est ce que vraiment, tu te serais dit "visiblement, l'éthique est leur préoccupation première". Si la réponse est "non", bah, c'est sans doute une hyperbole.

    Ensuite, mon premier argument n'est pas convaincant, regardons le reste de la boite. Je pense pas me tromper en disant que Microsoft a sans doute une équipe de juriste, sans doute une équipe de communication, et une équipe de sécurité.

    Du coup, est ce que les 3 sont des préoccupations premières au même niveau et en même temps ? Si tout est urgent, rien n'est urgent, et la, c'est pareil.

    Je peux comprendre que l'idée d'avoir une équipe dédié semble faire croire que quelque chose est important. Mais en pratique, c'est pas exactement vrai, car ça se base sur l'idée qu'il n'existe que 2 façons de faire. Soit il y a une équipe et ça existe, soit y a rien et donc, ça n'existe pas.

    C'est faux parce que primo, ça dépend ou est l'équipe dans l'organigramme. Microsoft, c'est 220 000 personnes d’après Wikipedia. Dans une bataille contre la Creuse, Microsoft a un avantage numérique de 2 contre 1. Autant dire qu'une équipe, c'est pas exactement beaucoup de monde. D'ailleurs, le titre du document d'origine ne dit pas "son équipe" mais "une équipe".

    Ensuite, comme j'ai du le dire par le passé, l'éthique en tant que tel, c'est creux et mal défini. L'éthique catholique par exemple serait autant un éthique que l'éthique protestante. Et pourtant, historiquement, c'est pas exactement pareil.

    Autre exemple, si on écoute l'OES, la GPL ne rentre pas dans les licences éthiques au sens ou cette organisation l'entends (c'est sur le site, j'invente rien). Mais les licences de l'OES ne sont pas conforme à l'éthique du logiciel libre d'après la FSF (vu qu'il y a des restrictions).

    Tout ça montre bien que l'éthique, sans détail, c'est creux. On attache un coté positif, mais on le détaille pas en pratique.

    Et il faut aussi voir ce que faisait cette équipe en pratique. Leur but, c'est pas d'injecter de l'éthique (quoi que ça puisse être), mais d'éviter la mauvaise pub et les procès.

    Par exemple, quand on va voir la source d'origine (et pas la relecture "créative" par NextInpact), on peut voir que l'équipe en question a testé Bing Image Creator, et elle a vu que le système peut donner des images qui sont des copies d'artiste existant. On pourrait se dire que c'est une question d'éthique que d'éviter le blanchiment de copyright, mais non, c'est une question d'image de marque et de copyright, donc de gestion de risque.

    Et je suppose que si quelqu'un dit "il faudrait retirer les clients bittorrent de Debian, car ça permet d'enfreindre le copyright d'ayant droits et ça n'est pas éthique", personne ici ne va être d'accord. Est ce que ça veut dire qu'on (comprendre la communauté ici) n'a pas d'éthique ?