• [^] # Re: Faut arrêter de se foutre de la gueule du monde

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal L’écriture inclusive sur linuxfr.org est-elle un crime ?. Évalué à 4.

    Le genre masculin est réputé plus noble que le féminin, à cause de la supériorité du màle sur la femelle ; le masculin et le féminin sont plus nobles que le neutre, à cause de la supériorité des êtres animés sur ceux qui ne le sont pas.

    On a donc un usage très précis des mots "noble" et "supériorité". "Supérieur" ici ne signifie pas "à plus de valeur que". C'est le même "supérieur" que dans "2 est supérieur à 1", et non "vim est supérieur à emacs". C'est d'ailleurs un élément que l'on retrouve plus loin dans le livre.

    Je trouve au contraire que l'auteur, Nicolas Beauzée, est ici très clair dans la hiérarchie des valeurs qu'il propose : le masculin associé au mâle est supérieur moralement à la femelle, associée au féminin. La grammaire de la langue doit donc représenter cet ordre (probablement naturel ou divin, ce qui dans ce contexte revient probablement au même1) des choses. À cette époque, le propos d'une grammaire est clairement de justifier une meilleure manière de parler, en fonction de valeurs morales et de jugements logiques. C'était, et c'est sûrement encore, une motivation à la création de l'Académie française.

    La grammaire évolue en fonction de l'usage qui est fait de la langue, et non l'inverse. Vouloir imposer de force une grammaire/écriture ne la fera jamais rentrer dans les moeurs. Par contre, les moeurs changeant de la société vont faire évoluer la langue.

    Justement, Tisaac évolue dans son usage de la langue, et certaines personnes l'incitent par le biais de commentaires à ne pas en changer. On a donc une évolution de la manière de communiquer d'une personne qui est gênée par des gens qui veulent imposer leur vision de la langue.

    1 Il ne faut pas oublier que Mr Beauzée vit à une époque où on considère que le latin est mieux que le français, car moins dégénéré. Le latin étant plus ancien que le français, il était nécessairement plus proche de la langue qui était parlée dans la tour de Babel, et donc plus pure (cette histoire n'était pas perçu comme un mythe à l'époque).