Et rappelons que le non libre n'enlève rien à personne, tu es toujours libre de refuser pour toi
Je pense comprendre ton point de vue (le code proprio est un truc qui existe simplement, tu n'es pas obligé d'utiliser si tu ne veux pas l'utiliser). Mais je ne suis pas d'accord avec toi là dessus.
Une personne qui vie dans un pays occidental aujourd'hui est quasi obligée d'utiliser du code non libre, à commencer par ces firmwares non libres. Et sinon, la tonne de JavaScript non libre qui traîne partout. Sinon, elle est exclue de la société au moins à un certain degré. Il y a une pelleté de démarches administratives ou de choses de la vie ou autres qui demandent maintenant d'avoir un ordinateur ou un smartphone, de plus en plus en tout cas. C'est de plus en plus difficile en tout cas d'y échapper. Et même si on peut s'en passer, on ne devrait forcer personne à un tel niveau d'inconfort. De fait, on est un peu forcé à exécuter du code non libre aujourd'hui. Il n'y a pas vraiment le choix. Personne qui n'est pas expert·e aujourd'hui peut éviter du code non libre même par conviction. On peut ne pas être versé·e dans l'informatique et utiliser GNU/Linux au quotidien, mais on ne peut pas éviter le code non libre. Ce choix n'existe pas.
Or, mon opinion est que les libertés garanties par le logiciel libre devraient être des droits fondamentaux (utiliser, étudier, modifier, redistribuer). Aujourd'hui, rien n'oblige les dev à fournir leur programmes à leurs utilisateurs et utilisatrices en libre. Y compris pour les services de l'état. On pourrait dire que les gens qui y tiennent devraient faire l'effort de trouver des solutions, mais pour l'instant ces solutions n'existent pas. Le compromis est quasi inévitable, et dans tous les cas demande énormément d'effort.
Tu as le droit de penser qu'on a pas besoin que ces libertés soient garanties, ou même que ce n'est pas souhaitable. Mais si on pense ça, c'est évident qu'on souhaite que ça aille dans ce sens, et qu'on considère l'obligation d'utiliser des firmwares non libres comme non souhaitable et qu'on veuille (militer pour, travailler pour) s'en débarrasser.
On pourra me demander "et le hardware alors ? Ça ne te dérange pas de l'utiliser quand il n'est pas open" ? Et là ma réponse est que mais oui, j'aimerais qu'on me fournisse les schémas du hardware que j'achète, en fait ! mais là, la situation est encore plus difficile que le logiciel libre, il n'y a plus ou moins aucun choix en open hardware.
De plus, si je peux raisonnablement modifier un logiciel avec du matériel que j'ai chez moi et du temps, je ne peux pas raisonnablement pas le faire pour une puce wifi / bluetooth ou un CPU. Je n'ai pas de salle blanche et tout le reste de l'infrastructure qui me permettrait d'adapter et produire un CPU chez moi. Et on peut y aller par étape. On peut déjà s'occuper du logiciel pour commencer. C'est la partie "facile".
Pour finir, j'aime bien vivre mes opinions pour moi (incarner le changement qu'on veut voir arriver), mais je souhaiterais que mes idéaux soient accessibles au reste du monde. Les solutions collectives, plus qu'individuelles, m'intéressent particulièrement.
[^] # Re: C'est l'application de la décision prise comme indiqué précédemment :
Posté par raphj (site web personnel) . En réponse au lien Ça se précise, les microcodes privateurs bientôt de retour dans l'installateur Debian - phoronix. Évalué à 10. Dernière modification le 20 février 2023 à 16:58.
Je pense comprendre ton point de vue (le code proprio est un truc qui existe simplement, tu n'es pas obligé d'utiliser si tu ne veux pas l'utiliser). Mais je ne suis pas d'accord avec toi là dessus.
Une personne qui vie dans un pays occidental aujourd'hui est quasi obligée d'utiliser du code non libre, à commencer par ces firmwares non libres. Et sinon, la tonne de JavaScript non libre qui traîne partout. Sinon, elle est exclue de la société au moins à un certain degré. Il y a une pelleté de démarches administratives ou de choses de la vie ou autres qui demandent maintenant d'avoir un ordinateur ou un smartphone, de plus en plus en tout cas. C'est de plus en plus difficile en tout cas d'y échapper. Et même si on peut s'en passer, on ne devrait forcer personne à un tel niveau d'inconfort. De fait, on est un peu forcé à exécuter du code non libre aujourd'hui. Il n'y a pas vraiment le choix. Personne qui n'est pas expert·e aujourd'hui peut éviter du code non libre même par conviction. On peut ne pas être versé·e dans l'informatique et utiliser GNU/Linux au quotidien, mais on ne peut pas éviter le code non libre. Ce choix n'existe pas.
Or, mon opinion est que les libertés garanties par le logiciel libre devraient être des droits fondamentaux (utiliser, étudier, modifier, redistribuer). Aujourd'hui, rien n'oblige les dev à fournir leur programmes à leurs utilisateurs et utilisatrices en libre. Y compris pour les services de l'état. On pourrait dire que les gens qui y tiennent devraient faire l'effort de trouver des solutions, mais pour l'instant ces solutions n'existent pas. Le compromis est quasi inévitable, et dans tous les cas demande énormément d'effort.
Tu as le droit de penser qu'on a pas besoin que ces libertés soient garanties, ou même que ce n'est pas souhaitable. Mais si on pense ça, c'est évident qu'on souhaite que ça aille dans ce sens, et qu'on considère l'obligation d'utiliser des firmwares non libres comme non souhaitable et qu'on veuille (militer pour, travailler pour) s'en débarrasser.
On pourra me demander "et le hardware alors ? Ça ne te dérange pas de l'utiliser quand il n'est pas open" ? Et là ma réponse est que mais oui, j'aimerais qu'on me fournisse les schémas du hardware que j'achète, en fait ! mais là, la situation est encore plus difficile que le logiciel libre, il n'y a plus ou moins aucun choix en open hardware.
De plus, si je peux raisonnablement modifier un logiciel avec du matériel que j'ai chez moi et du temps, je ne peux pas raisonnablement pas le faire pour une puce wifi / bluetooth ou un CPU. Je n'ai pas de salle blanche et tout le reste de l'infrastructure qui me permettrait d'adapter et produire un CPU chez moi. Et on peut y aller par étape. On peut déjà s'occuper du logiciel pour commencer. C'est la partie "facile".
Pour finir, j'aime bien vivre mes opinions pour moi (incarner le changement qu'on veut voir arriver), mais je souhaiterais que mes idéaux soient accessibles au reste du monde. Les solutions collectives, plus qu'individuelles, m'intéressent particulièrement.