En fait, la CRIIRAD (une association anti-nucléaire actuellement, ce qu’elle n’était pas forcément à sa création) aime bien le tritium, parce qu’il a l’avantage d’être quasi-exclusivement artificiel : si on en détecte c’est à peu près certain que la source est humaine.
Mais une particularité du tritium, c’est qu’il émet un rayonnement β extrêmement faible : il en faut donc beaucoup pour qu’il devienne dangereux.
Petit rappel sur les unités utilisés en radioprotection :
Le Becquerel (Bq) est tout simplement le nombre de désintégrations par seconde. Il ne dit rien de la dangerosité pour l’humain ou l’environnement (tout dépend à la fois du type de désintégration, des énergies en jeu et du composé organique qui reçoit ces radiations).
Le Gray (Gy) est l’énergie reçue par ce qui est irradié (dose absorbée). La conversion depuis le Becquerel dépend du matériau radioactif.
Le Sievert mesure les effets de la radioactivité sur le corps humain, et c’est cette unité qui est pertinente quand on parle de danger des radiations.
Et donc l’une des conséquences particularités de la très faible énergie de la désintégration du tritium, c’est qu’il faut beaucoup de désintégrations (donc de Becquerel) pour avoir un effet. Par exemple, d’après l’ASN :
Le tritium est un radionucléide faiblement radiotoxique. L’estimation de la dose annuelle due au tritium et consécutive à une consommation de 2 L d’eau/jour durant une année, compte tenu des activités habituellement rencontrées dans l’environnement, est de l’ordre du μSv, ce qui correspond à environ un millième de la valeur limite pour le public (1 mSv/an).
[...]
Dans ce cadre, la qualité radiologique des EDCH est surveillée et évaluée grâce à cinq indicateurs dont l’activité en tritium (considérée comme un indicateur de contamination d’origine anthropique) qui est assortie d’une référence de qualité fixée à 100 Bq/L qui constitue un seuil de questionnement lorsqu’il est dépassé, et non un seuil sanitaire. La fréquence du contrôle sanitaire dépend du débit moyen journalier et du nombre de personnes alimentées par le réseau. À cet égard, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande une valeur guide de (10 000 Bq/L). Les données pour les années 2018 et 2019 sont disponibles sur le site www.data.gouv.fr
Et la CRIIRAD crie au scandale (avec le soutien d’une partie de la presse) pour 15 Bq/L...
[^] # Re: Surtout pas de contexte!
Posté par SpaceFox (site web personnel, Mastodon) . En réponse au lien Contamination radioactive du milieu aquatique par les rejets de la centrale nucléaire de Golfech. Évalué à 2.
En fait, la CRIIRAD (une association anti-nucléaire actuellement, ce qu’elle n’était pas forcément à sa création) aime bien le tritium, parce qu’il a l’avantage d’être quasi-exclusivement artificiel : si on en détecte c’est à peu près certain que la source est humaine.
Mais une particularité du tritium, c’est qu’il émet un rayonnement β extrêmement faible : il en faut donc beaucoup pour qu’il devienne dangereux.
Petit rappel sur les unités utilisés en radioprotection :
Cf ce tableau de liens entre les unités.
Et donc l’une des conséquences particularités de la très faible énergie de la désintégration du tritium, c’est qu’il faut beaucoup de désintégrations (donc de Becquerel) pour avoir un effet. Par exemple, d’après l’ASN :
Et la CRIIRAD crie au scandale (avec le soutien d’une partie de la presse) pour 15 Bq/L...
Cf aussi ce billet sur le même genre de problème en 2019.
La connaissance libre : https://zestedesavoir.com