• [^] # Re: Cette « critique », c’est un déluge de tous les faux arguments anti-nucléaires déjà débunkés

    Posté par (site web personnel) . En réponse au lien Une critique poussée de la BD "Le monde sans fin" de Blain et Jancovici (nucléaire mais pas que). Évalué à 7.

    Exactement. On a quelqu'un qui a écrit une critique dont MOINS DE LA MOITIÉ concerne cette partie. Son grand crime aurait été de dire "le cœur du livre", ce avec quoi tu n'es pas d'accord, mais ton opinion est tout aussi légitime que celui de la personne qui a écrit la critique. Tu réponds en minimisant l'impact de cette partie. Tout ce que j'ai fait, c'est dire: ok, l'auteur de la critique parle de cœur et je ne suis pas d'accord avec ça, mais de là à dire que cette partie ne fait pas partie du message important du livre et donc a un impact sur le jugement global, c'est un peu fort.

    Mais la critique postée parle des inégalités sociales, personne ne les nie, mais malgré cela le Français moyen pollue trop. Même dans la partie pauvre de la population des efforts devront être faits. Et faute de preuves sur ce point qui dise le contraire, cela semble bien vrai car respecter les 2 tonnes / an de C02 c'est difficile à réaliser en France.

    En dehors de cela il ne remet pas en question la première partie dans sa justesse. Il se concentre bien sur la partie nucléaire du texte. Donc oui, là dessus tu ne dis rien de nouveau.

    La question du citoyen est sur le paradoxe de demander aux citoyens d'aider alors qu'il est impossible financièrement d'aider. Jancovici ne répond absolument en rien à cela, il ne fait que dérailler la conversation sur son obsession.

    Mais il y a des aides pour décarboner, isoler, passer à la voiture électrique, et même pour la production renouvelable (les taxes électriques pour les payer sont une aide).
    Il ne répond pas directement à la question, mais il rappelle une évidence : devant l'urgence de la situation, en France, le solaire n'est pas la priorité car l'électricité actuelle est décarbonée. Pour la même somme d'argent, il est plus efficace de faire autre chose.

    Oui, il faut plus de solaire. Mais le solaire ne sera pleinement exploitée que quand le réseau électrique sera adaptée. Pour l'instant la réalité du terrain c'est que :

    • La France (et même tout pays par ailleurs), loin d'être le pire pays devant l'urgence climatique, a des ambitions et un rythme de décarbonation en deçà de ce qu'il faut faire, donc il faut prioriser ce qui est le plus efficace dès maintenant ;
    • Les gens ne couvrent pas entièrement leur toit de panneaux solaires mais cherchent à couvrir leur consommation annuelle seulement. Question de rendement financier ;
    • Le réseau électrique coupe les injections de panneaux solaires car le réseau ne peut pas toujours supporter localement la charge, il faut investir dedans pour minimiser ces problèmes (c'est en cours, mais clairement pas fini), ce qui diminue le rendement ;
    • Le réseau n'a pas la capacité d'effacement et de stockage donnant aux panneaux solaires leur plein potentiel, donc faire autre chose en attendant est sans doute le mieux à faire ;
    • Il y a des actions à faire qui par euros investi et kWh économisé (et CO2 évités) sont plus efficaces et qui sont à faire massivement dans le pays.

    C'est la réalité du terrain qu'on peut constater depuis des années. Le rapport RTE et les liens que tu as pointé ne contredisent en rien ces éléments là.

    Et, je vais le rappeler car ce n'est pas clair : je suis en désaccord sur Jancovici sur le propos trop ferme concernant le solaire ou les nouveaux renouvelables car ses données sont notamment datées. Et personnellement j'aurais écrit autrement cette partie du livre. Je l'ai déjà dit, donc ne me fait pas dire ce que je n'ai pas dit. Mais en première approximation, tant que le réseau ne sera pas adapté et que le reste n'aura pas été fait, le solaire en France n'est pas la voie immédiate pour économiser du CO2. Et si tu as des liens montrant le contraire, je les veux bien.

    Et, non, il ne rappelle pas le contexte français: le contexte français, c'est qu'il faut augmenter drastiquement la part du solaire, dans tout les scénario.

    D'ici 2050, aucun rapport que j'ai lu ne dit que le solaire installé maintenant et on isole après ou l'inverse sont équivalent (financièrement et en bilan émissions de CO2).

    Si tu consommes depuis le réseau, alors, le claquage d'argent est quasiment identique. Pour rappel, le réseau doit augmenter son parc solaire. C'est le consensus scientifique, n'en déplaise à Jancovici.

    Ou cela peut être fait... après, pendant que les gains annuels liés à l'électrification ou à l'isolation auront déjà économisés des tonnes de CO2.

    Si tu affirmes le contraire, s'il te plait, donne les sources. Là, tu donnes vraiment l'air de n'avoir aucune idée de ce dont tu parles et d'affirmer les trucs qui t'arrange.

    Tu m'inventes surtout un discours que je ne tiens pas.

    MAIS ILS SONT LÀ. Ils sont un gain ! C'est exactement ce que je dis: le discours de Jancovici selon lequel les panneaux solaires ne sont pas une bonne idée ne correspond pas du tout à la réalité: tout les "pathways" que j'ai vu, tous, n'ont JAMAIS dit "il est possible de mettre des panneaux solaires à un moment, mais c'est pas intéressant pour le climat".

    Voir plus haut : je 'lai dit que ces panneaux sont nécessaires et que je suis en désaccord avec lui sur la formulation, mais je suis d'accord avec lui que la priorité est ailleurs et que pour l'instant je n'ai trouvé aucun élément qui permette de dire le contraire.

    On est suffisamment en retard sur les objectifs pour qu'on considère la question de la voie la plus efficace pour y parvenir, et je pense que Jancovici a globalement raison sur les priorités, et je suis en désaccord avec lui sur l'absence absolue d'intérêt du solaire. Cette partie là est clairement critiquable dans son discours et je le reconnais depuis le début, mais cela ne rend pas l'entièreté de son propos dénué de tout fondement quand on sait la réalité du terrain quant à notre réseau électrique et au fait qu'on a des objectifs pour l'instant loin d'être atteints à temps.

    On vit dans ce contexte, ce discours doit être aussi apprécié dans ce contexte réel. On n'est pas dans un labo qui considère que en 2050 l'accord de Paris sera respecté et que peu importe l'ordre des opérations, on y arrivera, pour l'instant ce n'est pas le cas et le temps presse pour inverser la tendance.

    Vraiment ? La règle par défaut (qui est ensuite adaptée au cas par cas en fonction des budgets), c'est "couvrir au maximum le toit, peu importe la consommation de la maison", car cela permet d'exporter en cas de surproduction et donc de faire gagner de l'argent, qui permet de rembourser les travaux d'isolation, par exemple.

    Alors regarde les toits des gens, les panneaux ne couvrent pas toute la surface utile, et mon voisinage très clairement n'a visé qu'à couvrir leur consommation actuelle car sinon c'est une perte financière.

    Pendant ce temps ils se chauffent au fioul ou au gaz pour la majorité, et comme ils ont des panneaux solaires et que l'électricité ne coûtent plus grand chose pour eux, ils pensent que niveau sobriété il n'y a pas d'efforts à faire.

    L'isolation a commencé à prendre de l'ampleur par chez moi depuis le COVID et la crise ukrainienne, mais avant très clairement ce n'était pas vraiment un objectif car financièrement peu rentable à côté, car le gaz ou le mazout coûtaient raisonnablement peu chers. Beaucoup d'entre eux sont aussi hostile à la voiture électrique pour la même raison, ils préfèrent leur moteur thermique à l'ancienne.

    C'est ça aussi la réalité du terrain, les gens qui font le maximum pour baisser leurs émissions de CO2 et la dépendance aux énergies fossiles ne sont pas majoritaires encore.

    j'ai vraiment l'impression que tu n'as aucune réelle expertise et que tu construits tes arguments en fonction de ce qui t'arrange.

    Je pense que justement je suis confronté à la réalité du terrain et à l'opinion des gens.
    Je suis totalement en phase avec les objectifs que tu as cité, dont le rapport RTE, là où on est en désaccord c'est que pour toi l'ordre des opérations semble peu important (car plus ou moins équivalents) alors que j'insiste que ce point est en fait fondamental.

    Jancovici rappelle en somme que les panneaux solaires en France font surtout économiser à ce jour des grammes d'uranium ce qui a un impact climatique très faible et que l'autoconsommation électrique a donc peu d'intérêt dans l'objectif d'une convention citoyenne pour le climat.
    C'est FAUX. Ce n'est pas l'avis du secteur. Ton discours sur ton audit énergétique PROUVE que c'est faux (ton audit inclus des panneaux solaires qui, selon toi, n'ont pas grand intérêt)

    J'ai ajouté la partie en gras dans mon propos, à ce jour parle bien du présent, je ne parle pas du jour où les gens ont fait d'autres choses en amont pour diminuer la consommation d'énergie et les émissions de CO2. L'ordre a pour moi son importance, et pour l'audit énergétique aussi.

    J'ai déjà fourni les liens.

    J'ai déjà répondu dessus, et cela ne contredit rien concernant la première partie du livre, encore une fois.

    Bon, tu insistes pour dire que tu bosses dans le domaine, que tu parles avec des experts du domaine qui disent le contraire, que les critiques sont nombreuses mais :

    • On ignore toujours quel est ton vrai boulot et ceux de tes collègues (l'énergie, c'est très vaste) ;
    • Même vaguement pour le genre d'entreprises ou d'institutions où tu travailles ;
    • On a toujours peu de preuves scientifiques concrètes de tes propos, souvent des liens qui contredisent un peu mais on est loin d'un rapport scientifique béton d'experts du domaine.

    Donc, tu uses et abuses d'un argument d'autorité depuis des semaines mais sans apporter d'éléments concrets et si incontestables alors que je suis preneur de les lire. Si c'est un consensus si massif cela ne devrait pas être compliqué à fournir. Si tu veux que je change de point de vue, montre moi.

    De nouveau, la critique n'est pas "le pic du pétrole n'aura pas lieu", mais "Jancovici a raison sur le pic du pétrole, mais son interprétation de comment il marche, ses prédictions sur quand il va arriver, ses prédictions sur les conséquences de celui-ci, sont de la merde, et c'est dommage d'éduquer les citoyens sur des choses qui sont fausses alors qu'il aurait été simple de les écrire correctement".

    La question du quand est forcément sujet à hypothèse, car personne ne semble savoir, malheureusement.
    Se passer du pétrole c'est un plan sur 30 ans, on parle d'arrêter de vendre des voitures thermiques neuves en 2035 dans l'UE. C'est dans longtemps. Et on aura toujours besoin de plastiques et d'utiliser du pétrole après en France.

    La question est celle du risque, en absence de garantie d'approvisionnement d'ici 2050, devons-nous considérer comme acceptable de ne rien faire ? Alors que la crise en Ukraine montre clairement le problème d'une baisse rapide de l'approvisionnement : coût élevé voire rupture de stocks (le pellets a souffert pour compenser la baisse de livraison de gaz et de mazout).

    Pour seulement une année de situation difficile, on a des aides massives, aides qui ne vont pas pour réduire la consommation d'énergie, et déjà des menaces de délocalisation.

    Tu crois que cela va donner quoi si ce scénario se réalise et que physiquement il n'y a aucune autre perspective que de baisser la consommation ?

    Il faut donc dans cette perspective étudier pour réduire le besoin, électrifier le parc automobile et le chauffage voire certaines industries, il faut changer notre urbanisme, changer notre mode de consommation. Plus on le fera tôt, moins ce risque sera un problème. Si on laisse faire comme actuellement, le jour où le pic pétrolier arrivera, on souffrira vraiment.

    C'est tout le propos de Jancovici, de ne pas dire "tout est fichu, on ne peut rien faire" mais qu'en anticipant maintenant, on peut éviter une situation catastrophique si elle se produit. Et la situation actuelle montre qu'on n'est pas prêt.

    Je dis simplement que la personne qui a écrit la critique ne recommande pas ce bouquin PAS UNIQUEMENT SUR BASE DE LA DEUXIÈME PARTIE. L'opinion de l'auteur de la critique peut être critiquable, mais c'est simplement faux de prétendre que, bouhou, c'est trop injuste, c'est uniquement sur la deuxième partie.

    Car la critique sur la première partie est non seulement assez faible en quantité, mais en plus elle semble fausse. Donc oui je ne la considère pas. Mais si tu as des preuves qu'il a raison, je suis tout ouïe. Vraiment, je suis prêt à reconsidérer ma position mais il faut des démonstrations.

    Mais justement, c'est exactement la critique soulignée: dans la première partie, les calculs de Jancovici échange consommation d'énergie et émission de CO2, alors qu'il y a un consensus scientifique pour dire que si on fait ça, on arrive à des conclusions incorrectes.

    Sauf qu'on a aussi aucune donnée sur le fait qu'on a transféré nos industries en Asie en terme de consommation d'énergie primaire ou finale. Cette donnée semble absente, probablement car beaucoup plus compliquée à établir que celle des émissions.

    Et pour l'instant le PIB monte, la consommation d'énergie aussi à l'échelle mondiale.

    Jancovici ne dit pas d'ailleurs que augmentation d'un pourcent de PIB = 1% d'énergie en plus. Le but de la décarbonation est aussi de découpler ce lien, il en a conscience, il le dit et je pense que tout le monde est d'accord là dessus.

    Mais il rappelle que jusqu'ici on n'arrive pas à décarboner, ni à réduire notre consommation brute d'énergie fossile. Et cela est vrai, et que le jour où le climat sera trop déréglé, ou que l'approvisionnement baissera de manière physique, il sera trop tard et les conséquences économiques et sociales seront majeures. Et pour l'instant, on n'est pas prêt, c'est une évidence. La crise des gilets jaunes l'a montré, la crise ukrainienne le montre encore.

    D'ailleurs, as-tu lu le livre ou ses propos entiers ? J'ai l'impression que non.

    Les critiques, sur le web ET SUR LINUXFR, ne se focalisent pas uniquement sur la deuxième partie.

    Les critiques pertinentes sont focalisées sur la deuxième partie, et encore, sur moins d'un cinquième du livre. Super.

    Ses conclusions sur comment le pic pétrolier fonctionne, quand il arrive (il va arriver, mais pas aussi tôt que Jancovici le dit), à quel point son impact va être dévastateur (ça va être chaud, mais ça va plutôt être une augmentation progressive du prix sur une dizaine d'année plutôt qu'une situation où on va être obliger de changer de société du jour au lendemain à cause d'un choc brusque).

    Tu disais que des scientifiques avaient émis des critiques sur ce point, ils sont où ? Tu as des documents qui prouvent que d'ici 2050 on a une garantie d'approvisionnement de pétrole avec augmentation de la consommation comme c'est actuellement tracé avec les politiques engagées ? Car pour l'instant on est encoreloin d'atteindre un pic de demande de pétrole.

    Comme mentionné plus haut, un an de difficulté d'approvisionnement en UE et ça parle déjà de délocalisations, d'aides massives qui du coup ne sont pas destinées à décarboner l'économie, à des familles et entreprises en souffrance. Et pour toi une difficulté d'approvisionnement d'une dizaine d'année ce serait juste chaud mais pas catastrophique ? On n'est pas prêt à ce jour à y faire face. Les gens qui ont leur Renault Clio pour aller au boulot avec de l'essence ne peuvent pas se passer de l'essence rapidement pour le faire. Et il ne faut pas attendre d'être confronter au problème pour réagir, il faut tout préparer en amont : électrifier les voitures et le chauffage, changer l'urbanisme, améliorer les transports en communs, etc. A cette condition seulement ce virage sera gérable, et pour l'instant nous ne remplissons pas ces conditions, et la population n'en a pas conscience de cette nécessité.

    Tu devrais discuter avec des gens en dehors de leur expertise de l'énergie pour constater l'opposition à ces mesures pourtant nécessaire. La réalité de notre monde c'est changer un téléphone qui marche au bout de 2 ans, c'est refuser une voiture électrique car elle n'a pas 1000 km d'autonomie, c'est trouver inadmissible un repas sans viande, c'est vouloir une maison 4 façades avec chien et enfants pour faire un barbecue en banlieue dans une maison à 150 000€. Heureusement, la prise de conscience arrive peu à peu, par rapport il y a 10 ans c'est visible, mais on n'est pas prêt.

    Les experts montrent que ça ne se passera pas comme Jancovici le prétend. Cela ne veut pas dire que l'idée de changer de modèle de société n'est pas la seule bonne solution, mais si les politiciens et les citoyens voient une porte de sortie "il a prédit la catastrophe et ça n'arrive pas", c'est un pari très risqué.

    Où sont ces experts dont tu parles ?

    Mais tu oublies que Jancovici ne mise pas que sur le risque du pic pétrolier, il y a aussi le climat. Pour lui (et je suis d'accord dessus), si tu renies l'évidence du climat, tu auras quand même de potentiels gros problèmes à venir. Ce n'est pas exclusif, il ne mise pas tout son discours sur ce point.

    Et si quelqu'un à l'heure actuelle ne crois pas au réchauffement climatique d'origine humaine, cela ne risque pas de changer dès demain, donc trouver d'autres leviers pour agir quand même me semble au contraire très pertinent. Oui, c'est risqué, mais a-t-on le choix ? D'autant que ce n'est pas basé sur rien, il ne ment pas là dessus.

    Et c'est une autre critique de cette première partie: elle décrit la situation comme si les chiffres de Total et co permettent de faire des conclusions fiables. Il aurait été plus simple et moins mensonger de simplement décrire la vraie situation: le pic pétrolier peut arriver, cela dépend de chiffres dont on n'a pas l'accès.

    Dans ses conférences il présente bien cette problématique du manque de transparence de l'OPEP là dessus et qu'il y a des chiffres qui paraissent douteux et qui sont invérifiables à l'heure actuelle. Il faut donc se préparer.

    Alors on peut regretter qu'il n'en parle pas dans la BD clairement, mais ce n'est pas une conférence complète ni un rapport de 50 pages. Et cela ne rend pas son propos faux.