• [^] # Re: Cette « critique », c’est un déluge de tous les faux arguments anti-nucléaires déjà débunkés

    Posté par . En réponse au lien Une critique poussée de la BD "Le monde sans fin" de Blain et Jancovici (nucléaire mais pas que). Évalué à -5.

    Le fait que cela fasse polémique, ok, mais est-ce que la polémique concerne des gens sans avis initial ?

    Mais quel serait l'autre explication ?
    Ce serait quand même étrange qu'une partie significative des personnes qui ont écrit ces critiques ne soient pas un minimum représentative d'une partie du public. Et même si pas significative: ce serait étonnant qu'on ait une discontinuité.

    Sûrement, si on a une part de personnes qui n'ont pas aimé certains aspects du livre et qui disent "cet aspect du livre me parait non négligeable dans le message que Jancovici veut faire passer", alors, comment expliquerais tu que chez ceux qui ont aimé le livre, cet aspect du livre soit significativement considéré comme totalement oubliable.

    Si on a beaucoup de critiques culinaires qui disent "j'aime pas ce plat, on y sent trop le goût de la banane", est-ce réaliste de dire que le grand public, majoritairement, qu'ils aiment ou n'aiment pas le plat en lui-même, ne remarque même pas qu'il y a un goût de banane.

    Par ailleurs, le livre s'étant bien vendu, difficile à dire si ces critiques négatives représentent une part significative ou non du lectorat.

    Je pense que la majorité des lecteurs du livre ont aimé le livre. Cela ne veut pas dire que dès qu'ils ont tourné la dernière page, soudainement, leur cerveau a été entièrement ré-écrit pour effacer de leur mémoire les chapitres du livre qui concernent le renouvelable et le nucléaire.
    J'imagine que certains finissent la lecture en se disant que la partie sur le renouvelable et le nucléaire ne fait pas partie du message. Mais si c'est le cas, alors, on a autant de gens qui doivent se dire que la partie sur le changement de consommation ne fait pas partie du message.

    Je n'arrive pas à comprendre ton raisonnement: pourquoi un lecteur se dirait qu'une partie du livre (même si elle est petite) devrait être ignorée ? Si elle n'est pas ignorée mais fait partie de la logique du message de l'autre partie, alors, ça va. Mais si cette deuxième partie n'est pas vraiment nécessaire à la première, alors, comment ne pas se dire que l'auteur a donc deux messages ? Si l'auteur a un seul message, pourquoi a-t-il ajouté ces pages, qui ne font que décrire une logique et des arguments qui, selon toi, ne signifie rien ?

    Mais le nucléaire serait la partie principale ? Ce serait sa thèse centrale ?

    Parler du nucléaire, comme je l'ai dit dans mon message précédent, n'est pas en soi un problème. Par contre, rien ne nécessite de parler du nucléaire en le présentant de la manière dont Jancovici l'a fait. Jancovici avait le choix entre se focaliser sur la question de la consommation. À la fin du livre, il parle du renouvelable et du nucléaire non pas dans le contexte de la question de la consommation, mais dans le contexte de son obsession sur son opinion comme quoi le nucléaire est une plus grande partie de la solution que le renouvelable, comme quoi le nucléaire serait en partie une victime et le renouvelable en partie une arnaque.

    Ensuite, non, je ne prétends pas qu'il s'agit de sa thèse centrale (mais là-dessus, je dis simplement: ceux qui prétendent qu'il ne s'agit pas de la thèse centrale soit tout aussi "full of shit" que ceux qui prétendent que ça l'est, ni plus ni moins). Je dis que c'est un des messages qui est véhiculé par ce livre.

    Alors je pense que tu as loupé un élément important : il parle de la France et à ce sujet c'est plutôt juste. Et son propos me semble en fait très bien.

    Tu n'as pas compris mon argument. Cet exemple n'est pas une remise en cause de ce que Jancovici dit, cet exemple est un exemple où Jancovici, alors que PERSONNE NE LUI A RIEN DEMANDER, va, LUI-MÊME, re-focaliser le débat sur renouvelable vs. nucléaire.

    Jancovici rappelle en somme que les panneaux solaires en France font surtout économiser à ce jour des grammes d'uranium ce qui a un impact climatique très faible et que l'autoconsommation électrique a donc peu d'intérêt dans l'objectif d'une convention citoyenne pour le climat.

    Ça n'a aucun sens d'un côté dire qu'il faut réduire sa consommation énergétique pour le climat et de l'autre dire que l'autoproduction n'est pas utile pour le climat. Entre ne pas allumer une ampoule et allumer une ampoule dont l'électricité vient de l'autoproduction, le résultat sur la consommation globale est la même: lorsque tu branches la maison sur le réseau, le réseau se comportera exactement de la même façon.

    Évidement, la réduction de la consommation ne concerne pas que l'électricité, mais le besoin pour réduire les autres consommations vont impliquer une sobriété électrique. Par exemple, on doit remplacer tout le fossile pour le chauffage par 1) une meilleur isolation des bâtiments, 2) de l'électrique pour la partie qui est physiquement impossible de ne pas perdre (la seule façon de conserver la chaleur est de rendre le bâtiment hermétique, qui est une aberration au niveau sanitaire).

    Je l'ai déjà dit précédemment: je suis surpris par le discours de Jancovici, parce que je ne retrouve pas ce discours chez mes collègues autour de moi qui bossent exactement sur le sujet de réduire les émissions de CO2 (que ce soit avec du renouvelable ou avec du nucléaire). J'ai vraiment du mal à trouver une seule personne autour de moi qui ne soit pas entièrement convaincue que l'autoproduction n'est pas une bonne chose pour résoudre les difficultés de l'abandon, d'une manière ou d'une autre, des usages polluants. Ce n'est pas la seule chose, ce n'est pas le remède miracle, mais aucun de mes collègues ne dira jamais que l'autoproduction n'est pas un petit coup de pouce dans la bonne direction.

    J'ai déjà posée cette question. A-t-il quelqu'un qui travaille dans le secteur et qui n'est pas étonné par les déclarations étranges de Jancovici qui ont l'air totalement déconnectée des conclusions qu'atteignent ceux qui bossent dans le secteur ?
    Je comprends que de l'extérieur, on puisse se dire "Jancovici a dit ça, donc, c'est sans doute l'avis de tout le secteur", mais le problème, c'est que quand je discute avec les gens qui pensent que c'est l'avis du secteur, il s'avère toujours que ces personnes n'ont aucune idée réelle de ce qui se passe dans le secteur, et ont construit une représentation mentale du secteur dans leur imagination sur base de ce que dit Jancovici.

    Le cas est évidemment totalement différent à l'étranger ou si on aborde la question de se passer du nucléaire d'ici 2050 qui nécessiterait beaucoup plus de panneaux solaires que dans le scénario qui semble se dessiner.

    Voici un bon exemple du fait que la partie du livre de Jancovici qui dépeint le nucléaire vs le renouvelable est un message important qui convainc les personnes et qui est donc important de le soumettre à la critique. Je suis désolé, mais je bosse dans le secteur, et cette affirmation que les panneaux solaires sont inutiles dans un réseau avec beaucoup de nucléaire EST FAUSSE. Elle ne tient pas la route, aucun modèle ne fonctionne comme ça.

    Je le sais car c'est ce qui ressort de mes discussions, de mes meetings, de mes conférences avec mes collègues. Mais ce genre de conclusions est aussi illustrées dans les rapports rendus publics. Ainsi, le fameux rapport de RTE sur les différents scénarios, MÊME DANS LE CAS LE PLUS NUCLÉAIRE (prolongation maximale de la capacité de production nucléaire actuelle + construction de nouvelles centrales de manière à doubler cette production), RTE explique que dans ce scénario, le solaire doit être multiplié par 7.
    Dans ce scénario, la France est encore plus nucléarisée qu'à l'heure actuelle. Si quand on double la capacité du nucléaire, on doit quand même massivement augmenter le solaire, c'est la preuve que, non, la France à l'heure actuelle ne peut pas se passer de solaire soi-disant parce qu'il y a du nucléaire.
    (après, biensûr, le solaire domestique n'est pas le solaire des centrales solaires, mais le solaire domestique aide, c'est incroyable d'avoir un discours dans lequel ce n'est pas le cas)

    Difficile de trouver des documents publics de mes conversations au quotidien avec mes collègues sur ce sujet, mais en cherchant un peu, on trouve facilement des exemples de personnes qui ont, comme moi, été très surpris de la différence entre l'opinion de Jancovici et les conclusions scientifiques du secteur, par exemple https://threadreaderapp.com/thread/1532741577671593985.html

    C'est difficile de comprendre pourquoi Jancovici défend cette position bec et ongle contre tout les faits, alors que tout le secteur s'accorde aujourd'hui à dire que ses conseils à l'assemblée sur le sujet étaient de la merde. Peut-être que Jancovici s'entête à se persuader que le solaire est inutile parce qu'il refuse de donner raison à ceux qui disaient qu'il avait tort à l'époque: "prétendre que le solaire est inutile, c'est mon écosystème, si je me coupe de mon écosystème, je meurs".

    Attends, je remets dans le contexte. ...

    Sauf que ce n'est pas l'argument que tu fais dans la première partie de ton premier commentaire. Je te cite:

    Je ne trouve pas que le cœur du livre soit justement cette partie. Cette partie est relativement courte par rapport à tout ce qui dit sur les énergies fossiles. Le gros de son propos a toujours été : attention avec les énergies fossiles, déjà ça fait mal au climat et on va le payer, et même si on ne croit pas au réchauffement climatique, le jour où il manquera de pétrole notre société aura économiquement beaucoup de difficultés si on anticipe pas.

    Je n'ai commenté que là-dessus. Perso, je trouve le lien sur babelio assez anecdotique (y a des gens qui n'ont pas aimé, cool, je m'en fous). Ce qui m'énerve, ce sont les gens qui inventent des excuses:

    1) NON, la partie présentée dans la bd, dans sa forme, comme "renouvelable vs nucléaire", n'est pas "une courte partie totalement négligeable qui n'a aucun impact et que tout les lecteurs oublient immédiatement après avoir refermé le livre". Que ce soit le cœur du livre ou pas est discutable, mais tu ne peux pas prétendre que quelqu'un qui pense que c'est le cœur a tort et de ton côté prétendre que le cœur, c'est ... C'est pour ça que j'ai réagis: cette partie a un impact, cette partie influence les gens. Tu en es un exemple quand tu dis des conneries du genre "le solaire n'est pas utile en France", alors que c'est scientifiquement faux.

    2) NON, cette partie de la bd n'est pas anecdotique par rapport au message de Jancovici, cette partie fait partie intégrante du message de Jancovici. Jancovici a choisi de placer cette partie, avec cette structure, avec ces contre-véritées. Cela fait partie de ce que Jancovici veut convaincre les gens: Jancovici veut que les gens, quand on leur parle de transition, disent "ce qui est important, c'est les changements de consommation, et le reste n'est pas très important, mais bon, si vous me parlez de solaire, mon avis est que celui-ci est inutile en France". De la même façon que quand un citoyen dit qu'il aimerait bien avoir l'argent pour aider le climat, Jancovici ne peut pas s'empêcher de revenir, une fois de plus, sur sa vielle obsession du "renouvelable vs nucléaire".

    3) NON, ni la bd ni Jancovici sont victimes de la polémique: c'est Jancovici qui a décidé de créer cette polémique. C'est Jancovici qui a décidé de ré-affirmer, une fois de plus, qu'il est biaisé pro-nucléaire, qu'il n'a pas beaucoup de problème à s'"arranger" avec les faits quand ça lui permet de dire ce qu'il veut, et que ce ne sont pas uniquement les journalistes qui lui collent une étiquette de pro-nucléaire.

    C'est tout. Personnellement, à sa place j'aurais fait autrement. Et perso je préfère dire que la première partie est très intéressante, claire et accessible et peut aider à éclairer des gens souvent peu conscients de ces problématiques.

    Le problème, c'est que ça n'aide pas les gens. La partie "renouvelable vs nucléaire" est biaisée et donne une vision incorrecte de la réalité. Et la première partie est également biaisée, soumise à de nombreuses critiques.

    Notons au passage que l'auteur de la critique sur babelio ne recommande pas ce livre non pas juste à cause de la partie "renouvelable vs nucléaire" comme tu aimes à essayer de faire croire, mais aussi pour plein d'autres raisons (qui sont du choix de l'auteur de la critique, mais qui sont tout aussi légitime que les tiens): la forme super-savant-qui-explique-aux-cons, le fait que selon l'auteur de la critique les explications sont souvent des lieux communs, le fait que certains arguments ont l'air brouillon ou simpliste, l'absence de considération sociale et l'aspect essentialisant, ...

    que le citoyen moyen est souvent peu ou mal informé là dessus

    De toutes évidences, vu les critiques sur la qualité de la première et de la deuxième partie de la bd, cette bd n'est pas un bon moyen de correctement informer le citoyen.

    Il montre éventuellement que la France a su baisser ses émissions en augmentant le PIB, mais une partie significative de cette baisse vient en fait de la délocalisation des activités émettrices notamment en Asie.

    Hein ? Sources ? Comment est-ce même possible ? 21% d'augmentation du PIB de 2001 à 2019 tandis qu'on a une baisse de consommation notamment à la prise / pompe de l'utilisateur de 3%. Si cette baisse vient de la délocalisation de la consommation dans d'autres pays, comment ça marche ? La consommation d'énergie, c'est par exemple l'essence consommée. Comment font les Français pour consommer l'essence qui n'est pas inclue dans les chiffres que les distributeurs d'essence enregistrent ? Tout les matins, ils prennent leur voiture, passent la frontière, vont en Inde ou en Amérique du Sud pour faire le plein et reviennent ? La consommation d'énergie, c'est par exemple les pertes d'énergie dues aux systèmes inefficaces. Comment font les français, est-ce qu'ils installent des isolations thermiques ou rénovent leur usine pour qu'elles consomment moins, mais en même temps vont à Katmandou pour arracher l'isolant des buildings et mettre du sable dans les engrenages ? Même si une partie des usines est délocalisée, où est le séisme que ça représente ? VINGT-ET-UN POURCENT ! UN CINQUIÈME ! Entre 2001 et 2019, alors que la majorité des délocalisations de l'industrie lourde ont eu lieu bien avant, il y aurait eu plus d'UN CINQUIÈME (ben oui, les délocalisations sont remplacées par d'autres activités qui consomment également) qui aurait été délocalisé.

    Ce que je vois ici, c'est que tu as vu une critique de la première partie du livre, et tu as rapidement essayé de trouver une excuse pour la rejeter, sans même prendre la peine d'y réfléchir 30 secondes. Ça donne l'impression que pour toi, c'est juste inconcevable que cette critique soit pertinente.

    Si tu fait une recherche "critique d'un monde sans fin", tu verras que la majorité des critiques en parle et font référence au consensus scientifique sur le sujet: la vision de l'économie du pétrole qu'à Jancovici n'est tout simplement pas comme ça que ça se passe en réalité. Par exemple, c'est expliqué ici https://www.linkedin.com/pulse/jancovici-dans-le-texte-3-le-site-des-professionnels-du-climat/ . On peut évidemment y trouver à redire, mais force est de constater que la "vulgarisation" de Jancovici va plutôt inciter les lecteurs à croire à une situation simpliste plutôt que la réalité bien plus nuancée (et ce n'est pas une conséquence inévitable de la vulgarisation: il est facile de décrire simplement la situation sans induire en erreur). C'est intéressant de voir que tu discutes des critiques de ce livre en supposant qu'elles se concentrent toutes sur l'aspect "renouvelable vs nucléaire" sans même vérifier si c'est vrai.

    Donc, est-ce qu'il y a vraiment des scientifiques avec des preuves qui disent que le pic pétrolier est incorrect ? Tu sembles envisager cette hypothèse en ayant dit que c'était le cas, il faut savoir.

    Je vois pas en quoi "les thèses de Jancovici sur le pic pétrolier ... sont considérées comme incorrectes" implique que le pic pétrolier n'existe pas. Par exemple, une thèse pourrait être "le pic pétrolier existe et est inversement proportionnel au nombre de follower de Shakira sur TikTok". Le fait de dire que cette thèse est critiquée n'implique pas qu'on prétende que le pic du pétrole n'existe pas.