• [^] # Re: La part réelle du nucléaire dans le bouquin

    Posté par . En réponse au lien Erratum pour «Le monde sans fin» : Dargaud piégé par des activistes. Évalué à 4.

    Je fais un deuxième commentaire, pour répondre a une de tes objections, pas forcément pour la contredire, mais pour approfondir ma réflexion en regard de tes remarques.

    L'hypothèse à la quelle je pense n'est pas tant celle d'un lobby fossile qui serait fondamentalement favorable au renouvelable et anti-nucléaire et dont le lobbying irait uniquement dans ce sens. Déjà, le lobby "fossile" n'est pas un truc monolithique. on y trouve des tas de groupes d'intérêts, totalement différents sur leur structure, et aussi dans leurs intérêts et qui sont souvent déjà en conflit entre eux.

    De plus, ces groupes d'intérêt ont une composante forte sur le plan géopolitique, ce qui veux dire, une adhérence à des stratégies qui dépasse largement la composante "business". C'est très visible actuellement avec la guerre en Ukraine, Poutine, Gazprom et tout le bazar autour des gazoduc, du GNL, etc ... et ce n'est absolument pas nouveau.

    L'histoire contemporaine est intimement lié à la géopolitique entre autre du pétrole, car cette source d'énergie est vitale pour la mise en oeuvre de la puissance des nations. C'est cette source d'énergie qui permet de projeter une armée et à l'age ou cette armée est fortement mécanisée, c'est aussi cette source d'énergie qui conditionne sa puissance, même si la dissuasion nucléaire a quelque peu nuancé cette question, le pétrole reste quand même central. C'est aussi cette source d'énergie qui fait tourner la mondialisation et le commerce, des usines aux transports de personnes et de marchandises, en passant part l'agriculture.

    Le lobby auquel je pense, c'est plutôt un lobby, qui regroupe à la fois des financiers et des industriels, dont ceux de l'énergie, en particulier fossile, mais pas que, et qui fait pression depuis longue date sur le monde politique pour encourager et pousser à la libéralisation et aux désengagement de l'état dans toutes les composantes de l'économie. Cette libéralisation permet simplement d'ouvrir des marchés autrefois monopole d'état, d'une part, et d'autre part, en s'assurant de leur dérégulation, de permettre de maximiser les retours sur investissement.

    Les energies renouvelables s'inscrivent justement assez bien dans cette logique et cette stratégie, surtout lorsqu'en plus, elles bénéficient de subventions et d'une image généralement positive dans l'opinion. Et c'est d'ailleurs pour ça qu'elles ont les faveurs de ses groupes.

    J'ai le souvenir de cette réflexion qui m'avait marqué qui disait que lors de la ruée vers l'or, ceux qui s'étaient le plus enrichis, c'était ceux qui vendaient les pelles pas ceux qui creusaient avec pour trouver de l'or.

    De la même manière, l'industrie pétrolière et gazière ce n'est pas que la recherche et l'extraction du pétrole ou du gaz, mais c'est surtout toute une industrie qui fourni les outils pour l'extraire, le raffiner, et le distribuer. Et cette industrie a tout intérêt à voir se développer un marché foisonnant où les derricks et les plateformes pétrolières seraient remplacés ou complétés par des éoliennes et des panneaux solaire qui pousseraient comme des champignons, plutôt que des chantiers à problèmes comme ceux des EPR ou du démantèlement et du traitement des infrastructures nucléaires vieillissantes sous le contrôle de l'état et d'une ribambelles de fonctionnaires plus ou moins zélés.

    Sur le plan politique, je n'ai au fond rien contre la libéralisation de l'économie en tant que telle. Je trouve que les démocraties libérales sont plutôt de bons systèmes, mais à une condition ; il est très important que l'état, qui est l'émanation de la volonté du peuple dans les démocraties, ou du moins, censé l'être, garde le contrôle sur le développement économique et les orientations stratégiques de celui-ci, surtout sur des composantes aussi fondamentale que l'infrastructure d'approvisionnement en énergie.

    Laisser ça dans les mains d'un nombre plus ou moins réduit d'acteurs privé, qui plus est, en compétition entre eux dans un monde capitaliste qui a tendance à favoriser la prédation et le cours terme, est, à mon sens en tout cas, une pure folie, surtout à une époque ou cette infrastructure est fondamentalement remise en question du fait du changement climatique.

    Et ça, encore une fois, sans aucune autre considérations fondamentalement écologique. Je veux bien aussi mettre de l'écologie là-dedans, mais de ce côté-là, on ne s'en sortira pas simplement en remplaçant les energies fossiles par des energies renouvelable ou nucléaire, si tant est que ce soit possible. La question du climat et de l'effet de serre causé par la déstabilisation du cycle du carbone, n'est qu'un aspect de la question écologique. Actuellement du fait des effets qui deviennent de plus en plus perceptible des changements climatiques, notre attention est porté sur cette question, mais la crise écologique est beaucoup plus vaste et complexe que ça. Et ce n'est surement pas en changeant de sources d'énergie qu'on la résoudra.

    Faut pas gonfler Gérard Lambert quand il répare sa mobylette.