• # Réponse

    Posté par . En réponse au journal Adieu Grammalecte ?. Évalué à 10.

    Bonjour à tous,

    En premier lieu, je voudrais présenter mes excuses pour mon très long silence, trop long sans doute. Ce n’était pas quelque chose de prémédité ni même vraiment voulu. Je n’ai jamais pensé que ça durerait aussi longtemps. Ce silence n’est que le fruit de mon incapacité à prendre une décision claire et ferme et de ma réticence à m’expliquer. À présent que les circonstances me poussent à parler, je regrette d’avoir atermoyé.

    Cependant, la disparition du site de Grammalecte n’a aucun rapport avec mes hésitations et états d’âme.

    La disparition du site

    L’an dernier, mon hébergeur a été racheté par une boîte plus grosse, et j’ai reçu un mail me signifiant que ça ne changeait rien aux conditions actuelles de mon hébergement. Et effectivement pendant plus d’un an, tout a fonctionné comme avant.

    Il y a quelques jours, quand le site de Grammalecte est tombé, j’ai cherché à remettre les choses en état, mais le site d’administration de mon site a lui aussi disparu, de même que le site de mon hébergeur. Autrement dit, je n’ai aucun outil pour faire quoi que ce soit.
    J’ai contacté par e-mail l’entreprise qui a racheté mon hébergeur, mais pour l’instant je n’ai obtenu aucune réponse. Il me faudra sans doute insister...

    Je ne sais pas ce qui sera récupérable sur les serveurs de mon nouvel hébergeur, si tant est qu’il daigne se soucier de moi. Peut-être rien. Mais je possède bien sûr une copie du code de Grammalecte à jour, ainsi que le code du site (gestion du dictionnaire et forum). En revanche, ce qui m’inquiète, c’est la perte de la base de données. Auparavant, je faisais des sauvegardes régulières de la base de données. Mais à chaque fois que mon hébergeur a eu un problème, il a été capable de tout restaurer sans mon aide, ce qui m’a rendu fainéant sur ce chapitre. Ma dernière sauvegarde de la base de données date de 2017... (J’aurais dû utiliser SQLite au lieu de PostgreSQL.)

    Mon silence

    Fin mars 2021, j’ai connu un effondrement mental subit et brutal. Je n’aime pas parler de moi, je ne vais donc pas expliquer les tenants et aboutissants de l’affaire. En résumé, j’ai implosé. Si ça a eu lieu au début du troisième confinement, il n’y a aucun rapport entre les deux évènements, ça serait probablement arrivé sans cela. J’ai failli arrêter le site de Grammalecte et me contenter de poster une archive avec tout le code et un message d’adieu avant de disparaître du Net. Mais je me suis dit que je n’étais pas en état de prendre une décision rationnelle, alors je n’ai rien fait et je me suis contenté d’attendre que ça aille mieux.

    Il m’a fallu plusieurs mois pour m’en remettre. J’ai alors tenté de reprendre le développement de Grammalecte, plusieurs fois, mais c’était sans doute trop tôt, du moins le pensais-je, car chaque tentative n’a fait que me nouer les tripes et faire partir mon cerveau en vrille.

    Plusieurs mois ont encore passé. J’ai tenté de me convaincre de m’y remettre à petits pas, ou très modérément, quelques heures par semaine, avec toutes sortes de possibilités pour que ça ne pèse pas sur mon mental, mais rien n’y a fait. Début 2022, j’étais à peu près convaincu que je n’allais jamais réussir à reprendre ce projet, en tout cas pas avant très longtemps. Néanmoins, j’étais très ennuyé de laisser Grammalecte en l’état, car j’étais alors au milieu d’une amélioration majeure pour rendre l’analyse grammaticale plus pertinente et puissante. Je me suis alors dit que j’allais me contenter de finir ce qui était en cours et poster une dernière version avant de céder le tout à qui en voudrait. Mais ce fut peine perdue. Je n’ai jamais réussi à trouver la force de m’y remettre. Ici, joue la fierté intellectuelle qui veut finir de résoudre un problème et aboutir à un résultat satisfaisant, et s’oppose le cœur qui ne veut plus s’occuper de ça. Le temps a filé, bien plus vite que je ne m’en suis aperçu, et j’ai vraiment pensé que j’allais au moins réussir à faire ça à un moment ou un autre.

    Début décembre, j’en avais vraiment marre de cet état de fait. Ça me pesait de tout laisser dans un état de suspension irrésolu, et j’avais pris la décision d’en finir avec ça pour la Nouvelle Année d’une manière ou d’une autre. Et le hasard a fait que le lendemain mon site disparaissait du Web, mais pas de ma volonté.

    Je réitère mes excuses pour mon silence. J’ai laissé de nombreux messages sur le forum sans réponse. Je n’ai pas répondu non plus aux messages que certains m’ont envoyés par mail. J’en suis vraiment navré. J’ai gravement merdé.

    Aujourd’hui encore, parler m’est difficile.