Ahahah. Je peux toujours en faire un journal (enfin en poussant plus la réflexion et en mieux structuré; là pour moi, c'est vraiment juste un commentaire vite fait 😛) mais en même temps, si c'est juste pour parler sans action derrière, cela reste limité (ce pour quoi je fais un commentaire, comme on peut discuter et grommeler au café du coin quoi!). En général, mes journaux et dépêches, c'est plus pour les trucs où je fais activement quelque chose, pas des "conseils" dans le vent ("blowing in the wind" 🌬️ qu'il disait!).
Pour tout dire, j'avais postulé à un poste au pôle logiciel libre de la DINUM l'an dernier (parce que justement, souffler dans le vent, ça m'intéresse pas; sauf si c'est dans un harmonica!). Justement il y a un an, je me disais qu'il pouvait être intéressant d'avoir un pied dans la porte (c'était pas un gros poste mais je pensais qu'une fois sur place, je pourrais comprendre mieux comment aller plus loin) et de là essayer de pousser vers des projets gouvernementaux plus actifs que juste de "conseiller" des listes de logiciel libre. J'ai eu un entretien, mais ce qui a surtout bloqué, c'est qu'il faut obligatoirement être sur Paris. Y avait bien une possibilité de télé-travail partiel, mais la règle, c'était genre 2 ou 3 jours max par semaine (et non, je ne vais pas aller à Paris toutes les semaines! Je veux bien rencontrer les équipes à intervalles réguliers ou pour des RDVs importants, mais le concept de devoir obligatoirement aller au "bureau" — juste y être pour y être — est un concept pré-historique d'après moi). Et pourtant c'était en pleine période des confinements COVID (ou juste après), mais bon faut croire que le gouvernement a encore beaucoup de mal à évoluer. 🤷 Après on s'étonne que les choses n'avancent pas si les seuls capables de travailler pour la France sont les parisiens (pas parce que les parisiens ne peuvent pas bien travailler, mais la France est plus grande que cette seule ville et il faut pouvoir intégrer toutes les parties d'un tout pour obtenir quelque chose de cohérent)...
Personnellement ce qui m'intéresserait, ce serait surtout de pouvoir participer à ce genre de projet (logiciel libre dans l'administration avec de la fédération de développeurs, de la communication et du travail collaboratif entre les diverses administrations publiques à divers niveaux). Je serais heureux de former et diriger des équipes de développeurs, de créer une véritable dynamique nationale de contribution et de mise-à-niveau des logiciels libres, de même que d'adaptation aux usages des collectivités, de formation des fonctionnaires, communiquer et travailler avec les administrations locales, etc. Comme les gens ici le savent, j'ai largement l'expérience pour pouvoir mener à bien ce genre de projet (je sais que cela peut sembler présomptueux et je n'aurais pas dit cela y a 10 ans; mais beaucoup a changé depuis!), en tant que mainteneur de plusieurs projets de logiciels libres, dont l'un des plus gros avec facilement des dizaines de millions d'utilisateurs, et contributeur sur des dizaines de logiciels libres.
À ce moment là, je pourrais même faire des dépêches car ce serait plus que juste en parler. 😉 Pour l'instant, c'est juste du vent et mes espoirs vains d'une nation qui comprenne enfin comment le milieu logiciel fonctionne (plutôt que de jeter des grands mots bidons de "startup nation", on pourrait être une vraie nation de coopération et d'échanges).
Bien sûr, je jette ce petit message ici au cas où des gens du gouvernement lisent linuxfr (c'est donc pas innocent 😉). Histoire de dire que j'ai déjà essayé de rentrer à la DINUM par la petite porte et suis toujours potentiellement intéressé (sauf que maintenant je veux plus essayer de juste "postuler", je pense que ça n'a du sens que si j'ai une possibilité de faire des choses en plus grand) pour travailler avec la DINUM pour créer une telle dynamique.
À vrai dire, maintenant je sais pas si j'aurais encore le temps (puisque depuis j'étais passé à autre chose bien entendu), mais y a peut-être des choses faisables quand même. À voir. Donc chers amis du gouvernement, faut pas hésiter à me contacter si vous voulez que les collectivités françaises rentrent finalement dans le 21ème siècle! 😜
P.S.: et pour quiconque me dirait que la DINUM a déjà un truc similaire, le mode de fonctionnement actuel me semble surtout démontrer les nombreux problèmes de l'organisation de l'administration de nos jours, avec un marché public qui est toujours remporté par une grosse société de service (et qui clairement s'en fout du Libre, c'est pas dans leur "ADN" du tout et leur expérience avec les communautés du libre doit être quasi-inexistant; c'est aberrant que le contrat leur soit revenu), qui elle-même n'est qu'un intermédiaire avec de nombreux sous-traitants. Des systèmes malsains de dilution des responsabilité, de sommes prohibitives avec des sous-sous-traitants au final qui se tapent tout le travail dans de mauvaises conditions (cf. tous les systèmes de délais non-réalistes que je vois, et qui sont de toutes évidence pas tenus mais ça permet de pouvoir engueuler les sous-traitants; parce que travailler dans de bonnes conditions de travail, c'est vraisemblablement surfait dans l'esprit de nombreux décideurs! 🙄) et qui vraisemblablement ne marche pas tellement: à voir la liste des contributions faites au logiciel libre, soit la liste n'est absolument pas à jour, soit leur système ne fonctionne pas du tout! Je n'arrive pas à trouver l'info sur combien ce marché a coûté, mais il est évident que ça a coûté une fortune (une énorme boîte de services avec 7 prestataires dans un contrat gouvernemental) et il ont fait 55 patchs (dont une majorité semble juste être des mises-à-jour de dépendances) en un an et demi? À moi seul, j'en fais plus en un mois (et c'est pas du vent, j'ai mes dizaines de commits mensuels, mes dizaines de messages sur les systèmes de suivi de bug, mes discussions quotidiennes avec les développeurs de la communauté, tout ça pour le prouver; et pourtant maintenant je passe facilement plus de la moitié du temps à ne pas coder moi-même parce que j'ai trop d'autres responsabilités!)!
En fait, pire, un résultat médiocre d'un tel contrat pourrait s'avérer vraiment contre-productif en donnant du grain à moudre à ceux qui disent que le logiciel libre ne peut pas marcher. Alors qu'en fait, c'est juste qu'ils n'apprennent pas et continuent encore et toujours les mêmes méthodes de sous-traitance à outrance de tout et n'importe quoi (parce qu'en fait, les exemples d'échec sont nombreux, il y en a encore eu un énorme récemment pourtant en bonne vieille logique de logiciel propriétaire; cet autre article est intéressant aussi car il cite plusieurs autres gros échecs logiciel de ces dernières années, toujours avec ces problèmes de sous-traitance; combien de développeurs de qualité auraient pu être rémunérés avec ces dizaines de millions d'euros!). Ce qu'il faut revoir, ce n'est pas juste la licence des logiciels utilisés mais aussi comprendre comment fonctionne le développement logiciel (libre comme propriétaire), revenir en arrière sur les politiques actuelles absurdes de financement de services privés qui ne fonctionnent simplement pas (et n'ont jamais fonctionné) hormis être des trous financiers, récupérer des compétences internes...
Ce qu'il faut donc , ce sont de vrais équipes de développeurs, bien payés, en interne, formés de telle sorte qu'ils savent travailler avec les communautés du logiciel libre, et qui sont là pour réellement corriger et améliorer les logiciels, pas juste faire du remplissage. Clairement ce seront des choses qu'on aura jamais tant qu'on continuera de travailler sur ce mode de "on décentralise tout vers des boîtes de service à tarifs délirants".
Ah et aussi il faut intégrer les collectivités locales. C'est un système où on sera fort si ce n'est pas juste le ministère dans son coin, les communes dans le leur, les régions dans le leur, les autres organismes publics dans le leur... mais bien tous ensemble pour développer nos logiciels en communs. Ne pas faire tout cela, c'est ne pas comprendre du tout le développement libre.
Pour info, je trouve que c'est super qu'il y ait dorénavant un pôle logiciel libre à la DINUM et que le logiciel libre soit finalement pris en compte et au sérieux. Je suis sûr que ces personnes de la DINUM font leur possible et que beaucoup sont frustrés également d'ailleurs. Et c'est bien pour cela que je dis tout cela. Si on veut vraiment que les choses évoluent dans le bon sens, il faut changer bien plus que ce qui est fait à présent. Et surtout, il faut de vrais compétences de gens qui ont l'habitude en interne! Je parle même pas juste de moi. Il y a énormément de français dans le logiciel libre. On pourrait trouver des développeurs et chefs de projets intéressés si on le voulait vraiment. Continuer à parler de logiciels libres en finançant ceux qui n'ont fait pas, n'ont aucune habitude de le faire et clairement n'ont pas la moindre idée de comment contribuer efficacement, c'est ridicule. Alors qu'on pourrait engager ceux qui font déjà cela depuis des années.
Film d'animation libre en CC by-sa/Art Libre, fait avec GIMP et autre logiciels libres: ZeMarmot [ http://film.zemarmot.net ]
[^] # Re: Déjà dans la rubrique liens
Posté par Jehan (site web personnel, Mastodon) . En réponse au journal Office 365 et Google Workspace en difficulté chez l'école républicaine. Évalué à 6.
Ahahah. Je peux toujours en faire un journal (enfin en poussant plus la réflexion et en mieux structuré; là pour moi, c'est vraiment juste un commentaire vite fait 😛) mais en même temps, si c'est juste pour parler sans action derrière, cela reste limité (ce pour quoi je fais un commentaire, comme on peut discuter et grommeler au café du coin quoi!). En général, mes journaux et dépêches, c'est plus pour les trucs où je fais activement quelque chose, pas des "conseils" dans le vent ("blowing in the wind" 🌬️ qu'il disait!).
Pour tout dire, j'avais postulé à un poste au pôle logiciel libre de la DINUM l'an dernier (parce que justement, souffler dans le vent, ça m'intéresse pas; sauf si c'est dans un harmonica!). Justement il y a un an, je me disais qu'il pouvait être intéressant d'avoir un pied dans la porte (c'était pas un gros poste mais je pensais qu'une fois sur place, je pourrais comprendre mieux comment aller plus loin) et de là essayer de pousser vers des projets gouvernementaux plus actifs que juste de "conseiller" des listes de logiciel libre. J'ai eu un entretien, mais ce qui a surtout bloqué, c'est qu'il faut obligatoirement être sur Paris. Y avait bien une possibilité de télé-travail partiel, mais la règle, c'était genre 2 ou 3 jours max par semaine (et non, je ne vais pas aller à Paris toutes les semaines! Je veux bien rencontrer les équipes à intervalles réguliers ou pour des RDVs importants, mais le concept de devoir obligatoirement aller au "bureau" — juste y être pour y être — est un concept pré-historique d'après moi). Et pourtant c'était en pleine période des confinements COVID (ou juste après), mais bon faut croire que le gouvernement a encore beaucoup de mal à évoluer. 🤷 Après on s'étonne que les choses n'avancent pas si les seuls capables de travailler pour la France sont les parisiens (pas parce que les parisiens ne peuvent pas bien travailler, mais la France est plus grande que cette seule ville et il faut pouvoir intégrer toutes les parties d'un tout pour obtenir quelque chose de cohérent)...
Personnellement ce qui m'intéresserait, ce serait surtout de pouvoir participer à ce genre de projet (logiciel libre dans l'administration avec de la fédération de développeurs, de la communication et du travail collaboratif entre les diverses administrations publiques à divers niveaux). Je serais heureux de former et diriger des équipes de développeurs, de créer une véritable dynamique nationale de contribution et de mise-à-niveau des logiciels libres, de même que d'adaptation aux usages des collectivités, de formation des fonctionnaires, communiquer et travailler avec les administrations locales, etc. Comme les gens ici le savent, j'ai largement l'expérience pour pouvoir mener à bien ce genre de projet (je sais que cela peut sembler présomptueux et je n'aurais pas dit cela y a 10 ans; mais beaucoup a changé depuis!), en tant que mainteneur de plusieurs projets de logiciels libres, dont l'un des plus gros avec facilement des dizaines de millions d'utilisateurs, et contributeur sur des dizaines de logiciels libres.
À ce moment là, je pourrais même faire des dépêches car ce serait plus que juste en parler. 😉 Pour l'instant, c'est juste du vent et mes espoirs vains d'une nation qui comprenne enfin comment le milieu logiciel fonctionne (plutôt que de jeter des grands mots bidons de "startup nation", on pourrait être une vraie nation de coopération et d'échanges).
Bien sûr, je jette ce petit message ici au cas où des gens du gouvernement lisent linuxfr (c'est donc pas innocent 😉). Histoire de dire que j'ai déjà essayé de rentrer à la DINUM par la petite porte et suis toujours potentiellement intéressé (sauf que maintenant je veux plus essayer de juste "postuler", je pense que ça n'a du sens que si j'ai une possibilité de faire des choses en plus grand) pour travailler avec la DINUM pour créer une telle dynamique.
À vrai dire, maintenant je sais pas si j'aurais encore le temps (puisque depuis j'étais passé à autre chose bien entendu), mais y a peut-être des choses faisables quand même. À voir. Donc chers amis du gouvernement, faut pas hésiter à me contacter si vous voulez que les collectivités françaises rentrent finalement dans le 21ème siècle! 😜
P.S.: et pour quiconque me dirait que la DINUM a déjà un truc similaire, le mode de fonctionnement actuel me semble surtout démontrer les nombreux problèmes de l'organisation de l'administration de nos jours, avec un marché public qui est toujours remporté par une grosse société de service (et qui clairement s'en fout du Libre, c'est pas dans leur "ADN" du tout et leur expérience avec les communautés du libre doit être quasi-inexistant; c'est aberrant que le contrat leur soit revenu), qui elle-même n'est qu'un intermédiaire avec de nombreux sous-traitants. Des systèmes malsains de dilution des responsabilité, de sommes prohibitives avec des sous-sous-traitants au final qui se tapent tout le travail dans de mauvaises conditions (cf. tous les systèmes de délais non-réalistes que je vois, et qui sont de toutes évidence pas tenus mais ça permet de pouvoir engueuler les sous-traitants; parce que travailler dans de bonnes conditions de travail, c'est vraisemblablement surfait dans l'esprit de nombreux décideurs! 🙄) et qui vraisemblablement ne marche pas tellement: à voir la liste des contributions faites au logiciel libre, soit la liste n'est absolument pas à jour, soit leur système ne fonctionne pas du tout! Je n'arrive pas à trouver l'info sur combien ce marché a coûté, mais il est évident que ça a coûté une fortune (une énorme boîte de services avec 7 prestataires dans un contrat gouvernemental) et il ont fait 55 patchs (dont une majorité semble juste être des mises-à-jour de dépendances) en un an et demi? À moi seul, j'en fais plus en un mois (et c'est pas du vent, j'ai mes dizaines de commits mensuels, mes dizaines de messages sur les systèmes de suivi de bug, mes discussions quotidiennes avec les développeurs de la communauté, tout ça pour le prouver; et pourtant maintenant je passe facilement plus de la moitié du temps à ne pas coder moi-même parce que j'ai trop d'autres responsabilités!)!
En fait, pire, un résultat médiocre d'un tel contrat pourrait s'avérer vraiment contre-productif en donnant du grain à moudre à ceux qui disent que le logiciel libre ne peut pas marcher. Alors qu'en fait, c'est juste qu'ils n'apprennent pas et continuent encore et toujours les mêmes méthodes de sous-traitance à outrance de tout et n'importe quoi (parce qu'en fait, les exemples d'échec sont nombreux, il y en a encore eu un énorme récemment pourtant en bonne vieille logique de logiciel propriétaire; cet autre article est intéressant aussi car il cite plusieurs autres gros échecs logiciel de ces dernières années, toujours avec ces problèmes de sous-traitance; combien de développeurs de qualité auraient pu être rémunérés avec ces dizaines de millions d'euros!). Ce qu'il faut revoir, ce n'est pas juste la licence des logiciels utilisés mais aussi comprendre comment fonctionne le développement logiciel (libre comme propriétaire), revenir en arrière sur les politiques actuelles absurdes de financement de services privés qui ne fonctionnent simplement pas (et n'ont jamais fonctionné) hormis être des trous financiers, récupérer des compétences internes...
Ce qu'il faut donc , ce sont de vrais équipes de développeurs, bien payés, en interne, formés de telle sorte qu'ils savent travailler avec les communautés du logiciel libre, et qui sont là pour réellement corriger et améliorer les logiciels, pas juste faire du remplissage. Clairement ce seront des choses qu'on aura jamais tant qu'on continuera de travailler sur ce mode de "on décentralise tout vers des boîtes de service à tarifs délirants".
Ah et aussi il faut intégrer les collectivités locales. C'est un système où on sera fort si ce n'est pas juste le ministère dans son coin, les communes dans le leur, les régions dans le leur, les autres organismes publics dans le leur... mais bien tous ensemble pour développer nos logiciels en communs. Ne pas faire tout cela, c'est ne pas comprendre du tout le développement libre.
Pour info, je trouve que c'est super qu'il y ait dorénavant un pôle logiciel libre à la DINUM et que le logiciel libre soit finalement pris en compte et au sérieux. Je suis sûr que ces personnes de la DINUM font leur possible et que beaucoup sont frustrés également d'ailleurs. Et c'est bien pour cela que je dis tout cela. Si on veut vraiment que les choses évoluent dans le bon sens, il faut changer bien plus que ce qui est fait à présent. Et surtout, il faut de vrais compétences de gens qui ont l'habitude en interne! Je parle même pas juste de moi. Il y a énormément de français dans le logiciel libre. On pourrait trouver des développeurs et chefs de projets intéressés si on le voulait vraiment. Continuer à parler de logiciels libres en finançant ceux qui n'ont fait pas, n'ont aucune habitude de le faire et clairement n'ont pas la moindre idée de comment contribuer efficacement, c'est ridicule. Alors qu'on pourrait engager ceux qui font déjà cela depuis des années.
Film d'animation libre en CC by-sa/Art Libre, fait avec GIMP et autre logiciels libres: ZeMarmot [ http://film.zemarmot.net ]