• [^] # Re: Le papier c'est la vie

    Posté par (site web personnel, Mastodon) . En réponse au journal J'ai testé: une ardoise à cristaux liquides. Évalué à 10.

    L’idée que le papier déforeste et ne serait pas écolo est vraiment un truc qui me parait irrationnel. Il n’y a aucune raison que la culture d’arbre servant à produire le papier ne soit pas une agriculture comme une autre ou ne le devienne. Qui plus est le fait de semer volontairement un arbre contribue à piéger le carbone, et si on coupe un arbre quand sa croissance ralentis pour le semer encore on optimise la machine à piéger le carbone. Et le papier se décompose naturellement très bien.

    Cette association papier & déforestation ressemble à une mentalité de chasseur-cueilleur, avec l’idée qu’on ne serait pas acteur de la pousse du végétal et qu’on ne serait réduit qu’à cueillir ce qui a la chance de pousser tout seul. Pourtant personne ne se plaint que la moisson du blé rase les champs de blés, ni que la consommation de laitue rase les champs de laitues.

    Il y a quelques années alors que je travaillais pour un média d’information et je me souviens que la rédaction a reçu une plaquette de communication d’un organisation écologique, dans l’enveloppe il y avait une clé USB et un carton, sur le carton il était écrit que par souci d’écologie et de préservation du papier cette année leur plaquette était en PDF sur la clé USB. 🤦‍♀️️🤦‍♀️️🤦‍♀️️🤦‍♀️️🤦‍♀️️🤦‍♀️️🤦‍♀️️🤦‍♀️️🤦‍♀️️🤦‍♀️️

    C’est aussi absurde que certains discours vegan qui a force de vouloir retirer de la vie de l’homme tout ce qui pourrait impliquer un processus vivant de développement ne laissent que les options du plastique, des hydrocarbures et du béton, et la bouffe tricatel (ouééé, mais le miel il est produit par les abeilles, saymal) .

    Ça fait presque dix milliers d’années qu’on a développé des alternatives à l’économie du chasseur-cueilleur et de la culture sur brulis. Que la déforestation et la culture sur brulis soient toujours pratiquées dans certaines parties du globe signifie seulement qu’il reste encore à mettre en œuvre les méthodes durables, pas que l’on doive renoncer à tout matériau produit par le vivant au profit du plastique.

    Heureusement on commence à voir un changement dans ces mentalités, où l’on remplace de plus en plus les emballages en plastique par du papier et certains produits jetables (comme les couverts jetables) en plastique par du bois, parce que quand la production de bois est une agriculture, il y a difficilement plus écolo que le papier et le bois pour faire du jetable.

    Et puisqu’on approche de Noël, mention spéciale à une mairie qui avait remplacé il y a peu le traditionnel arbre végétal par un succédané industriel de verre et d’acier pour satisfaire la conscience morale de ne pas utiliser « d’arbre mort ». La culture d’arbre de noël est pourtant déjà une agriculture comme une autre, on sème et on moissonne les arbres de noël comme on le fait pour le blé, on utilise simplement des méthodes, des cycles de production et des machines adaptées à chaque espèce.

    champ d’arbre

    Élevage d’arbre de Noël — Source

    Ho non, moissonner ce champ c’est de la déforestation, préférons le métal, l’acier, le plastique, le lithium et les semi-conducteurs !
    Le vivant, saymal !

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