> ils n'auront qu'à envoyer leur GIs, les armées européennes étant inexistantes en comparaison à ce que peut déployer les USA, la partie est joué d'avance.
À ce propos, et c'est totalement HS, je tiens à conseiller la lecture de l'essai d'Emmanuel Todd sur la «décomposition du système américain», titré «Après l'Empire» et édité chez Gallimard.
Certes, tout n'est pas forcément toujours très crédible, mais ça se tient plutôt bien. Il y dit que les États-Unis sont entrés dans une phase de décomposition impériale, et que la chute de l'URSS a fait prendre conscience au monde que les États-Unis sont passés du statut de géant débonnaire et protecteur à un statut de prédateur en cherchant à protéger ses intérêts en mettant en scène des conflits et des «axes du mal» pour justifier leur rôle dans le monde. Il parle ainsi de l'incapacité de ces fameux GIs dans les combats au sol, incapacité flagrante par rapport aux armées européennes comme ont pu le montrer les anglais dans le sud de l'Irak. Certes, leur avance technologique en matière d'armement peut paraître énorme, mais elle ne l'est pas tant que ça, c'est surtout le nombre qui le fait croire. De plus, je suis certain qu'en combat rapproché (ce que je ne souhaite évidemment pas le moins du monde), les GIs auraient bien du mal face à une armée technologiquement comparable comme celles des grands états européens.
Par contre, il développe également la thèse selon laquelle les États-Unis font exactement le contraire de ce qu'ils devraient faire pour leur propre intérêt en Europe, à savoir humilier le gouvernement français et l'obliger à tenir sa position sous peine d'implosion, montrer le vrai visage de la «coopération» anglaise (à savoir «je suis sans réfléchir») au risque de s'aliéner le peuple de son plus vieil allié, qui aura forcément envie de rejoindre l'Europe pour faire contrepoids. D'ailleurs, c'est exactement ce qui se passe: la France et l'Allemagne se sont serré les coudes, Blair va se faire éjecter, et le peuple anglais se rapproche imperceptiblement de l'Europe. Bien sûr, Blair le pro-européen a tout fait à l'envers, et ça risque de peser sur son parti traditionnelement pour le rapprochement avec l'Europe, mais à terme je pense que le «mal» est fait.
Malheureusement, l'Europe n'a pas compris (sauf quelques états comme la France, et tout récemment l'Allemagne) qu'elle a intérêt à s'unir réellement pour faire contrepoids aux États-Unis. Ce n'est pas une histoire de guerre nucléaire ou quoi que ce soit, une guerre entre l'Europe et les États-Unis est totalement improbable, mais c'est une question d'équilibre des forces nécessaire à la paix dans le monde.
[^] # Re: Projet européen de lutte contre le piratage: le DMCA, en pire
Posté par bmc . En réponse à la dépêche Projet européen de lutte contre le piratage: le DMCA, en pire. Évalué à 10.
À ce propos, et c'est totalement HS, je tiens à conseiller la lecture de l'essai d'Emmanuel Todd sur la «décomposition du système américain», titré «Après l'Empire» et édité chez Gallimard.
Certes, tout n'est pas forcément toujours très crédible, mais ça se tient plutôt bien. Il y dit que les États-Unis sont entrés dans une phase de décomposition impériale, et que la chute de l'URSS a fait prendre conscience au monde que les États-Unis sont passés du statut de géant débonnaire et protecteur à un statut de prédateur en cherchant à protéger ses intérêts en mettant en scène des conflits et des «axes du mal» pour justifier leur rôle dans le monde. Il parle ainsi de l'incapacité de ces fameux GIs dans les combats au sol, incapacité flagrante par rapport aux armées européennes comme ont pu le montrer les anglais dans le sud de l'Irak. Certes, leur avance technologique en matière d'armement peut paraître énorme, mais elle ne l'est pas tant que ça, c'est surtout le nombre qui le fait croire. De plus, je suis certain qu'en combat rapproché (ce que je ne souhaite évidemment pas le moins du monde), les GIs auraient bien du mal face à une armée technologiquement comparable comme celles des grands états européens.
Par contre, il développe également la thèse selon laquelle les États-Unis font exactement le contraire de ce qu'ils devraient faire pour leur propre intérêt en Europe, à savoir humilier le gouvernement français et l'obliger à tenir sa position sous peine d'implosion, montrer le vrai visage de la «coopération» anglaise (à savoir «je suis sans réfléchir») au risque de s'aliéner le peuple de son plus vieil allié, qui aura forcément envie de rejoindre l'Europe pour faire contrepoids. D'ailleurs, c'est exactement ce qui se passe: la France et l'Allemagne se sont serré les coudes, Blair va se faire éjecter, et le peuple anglais se rapproche imperceptiblement de l'Europe. Bien sûr, Blair le pro-européen a tout fait à l'envers, et ça risque de peser sur son parti traditionnelement pour le rapprochement avec l'Europe, mais à terme je pense que le «mal» est fait.
Malheureusement, l'Europe n'a pas compris (sauf quelques états comme la France, et tout récemment l'Allemagne) qu'elle a intérêt à s'unir réellement pour faire contrepoids aux États-Unis. Ce n'est pas une histoire de guerre nucléaire ou quoi que ce soit, une guerre entre l'Europe et les États-Unis est totalement improbable, mais c'est une question d'équilibre des forces nécessaire à la paix dans le monde.
Bon, désolé pour le gros HS.