il m'est venu à l'esprit qu'une bonne manière de juger sommairement de la qualité démocratique d'un régime pourrait être de s'intéresser à la liberté de communication.
Depuis l'élection de Bolsonaro au Brésil il y a quatre ans, le pays est envahi par une marée de fake news. Les débunker est extrêmement facile (une recherche internet basique suffit la plupart du temps) mais la marée est telle qu'on y passerait tout son temps et de toutes façons, le debunkage n'atteindra que 0,01% de la cible.
Suite à l'élection de Lula, de nombreux messages sur les réseaux sociaux inventent littéralement des faits afin de pousser au soulèvement les gens qui ont voté Bolsonaro et à qui on aurait volé l'élection. Les gens tombent dans le panneau parce que très peu ont l'éducation pour vérifier quoique ce soit, même si c'est souvent trivial.
Pour parer au plus pressé, la Cour Suprême brésilienne (le STF) a fait suspendre un certain nombre de comptes (twitter et Youtube, notamment). Les opposants ont tout de suite crié à la censure, affirmant que "sans liberté d'expression il n'y avait plus de démocratie". Ce qui semble évident, même s'il y a d'autres conditions nécessaires.
Et justement, une des conditions nécessaires me paraît être que les gens puissent baser leurs opinions sur une vision de la réalité la moins biaisée possible (ou, a minima, pas complètement inventée). Du coup, les fake news avérées vont à l'encontre de cette condition et les laisser se propager sans contrôle est problématique, avec toutes les dérives qu'on peut imaginer. J'ai l'occasion de le constater quotidiennement dans le contexte brésilien actuel.
Je n'ai aucune idée de la bonne solution ou de la moins mauvaise (s'il en existe une) sur ce sujet mais ça me paraît loin d'être aussi simple que l'indicateur de mesure démocratique que tu suggères.
Ceci dit, ce n'est pas le sujet de l'article de Bortzmeyer.
[^] # Re: On nous ment ?
Posté par mahikeulbody . En réponse au lien Peut-on censurer tout en respectant la vie privée ?. Évalué à 8. Dernière modification le 10 novembre 2022 à 20:55.
Depuis l'élection de Bolsonaro au Brésil il y a quatre ans, le pays est envahi par une marée de fake news. Les débunker est extrêmement facile (une recherche internet basique suffit la plupart du temps) mais la marée est telle qu'on y passerait tout son temps et de toutes façons, le debunkage n'atteindra que 0,01% de la cible.
Suite à l'élection de Lula, de nombreux messages sur les réseaux sociaux inventent littéralement des faits afin de pousser au soulèvement les gens qui ont voté Bolsonaro et à qui on aurait volé l'élection. Les gens tombent dans le panneau parce que très peu ont l'éducation pour vérifier quoique ce soit, même si c'est souvent trivial.
Pour parer au plus pressé, la Cour Suprême brésilienne (le STF) a fait suspendre un certain nombre de comptes (twitter et Youtube, notamment). Les opposants ont tout de suite crié à la censure, affirmant que "sans liberté d'expression il n'y avait plus de démocratie". Ce qui semble évident, même s'il y a d'autres conditions nécessaires.
Et justement, une des conditions nécessaires me paraît être que les gens puissent baser leurs opinions sur une vision de la réalité la moins biaisée possible (ou, a minima, pas complètement inventée). Du coup, les fake news avérées vont à l'encontre de cette condition et les laisser se propager sans contrôle est problématique, avec toutes les dérives qu'on peut imaginer. J'ai l'occasion de le constater quotidiennement dans le contexte brésilien actuel.
Je n'ai aucune idée de la bonne solution ou de la moins mauvaise (s'il en existe une) sur ce sujet mais ça me paraît loin d'être aussi simple que l'indicateur de mesure démocratique que tu suggères.
Ceci dit, ce n'est pas le sujet de l'article de Bortzmeyer.