Si vous voulez rigoler, vous pouvez envoyer à des pro-MEDEF cet article sur la co-décision et leur demander si ils sont toujours chaud pour s'inspirer du modèle allemand.
Bon, déjà, il me semble que tu as une piste sur la différence, ça passe moins bien en codécision d'essayer d'éviter une partie des décisionnaires. Je rajouterai que les syndicats allemands sont "réalistes", font grève pour acter un énorme différent et non pas pour commencer une négociation, et qu'ils ont le soutien des salariés.
il peut y avoir aussi des spécificités légales plus subtiles, par exemple (et de ce que j'ai compris) la législation et l'acceptation de travailler moins ou plus (de tête genre entre 25 et 45 h/semaine) suivant le carnet de commande qui fait que ça fait moins peur d'embaucher.
Au final, peut-être que c'est une culture de réalisme économique des syndicats allemands qui fait une différence avec la France.
L'explication du droit du travail ne tient pas la route dans notre secteur
Plus ou moins. Un grande différence entre l'Allemagne et la France est la taille des entreprises : un tissu de PME en Allemagne contre des GE (Grande Entreprises) en France, et quand un projet merde il reste plus facile de licencier pour motif économique au niveau d'un PME que dans une GE.
Oui à part si tu as un environnement hyper toxique j'ai beaucoup de mal à croire que le budget total indemnités de licenciements soit conséquent par rapport au surcoût de passer par une ESN.
De souvenir c'est même pire, j'étais payé plus en SSII/ESN que interne ensuite, c'était la "prime de risque" en plus de l'ajout de la part de l'ESN (gestion risque, commercial, etc).
La problématique n'est pas les indemnités de licenciement (prévisibles), mais les conflits judiciaires qui peuvent faire exploser le coût de manière assez aléatoire, sans parler des "plans de sauvegarde l'emploi" (mots bien pompeux...) en cas de gros problèmes et qui peuvent coûter très cher au moment où l'entreprise a le moins de thune. Au moins avec la régie tu sais en avance ce que tu payes dans tous les cas. Il y avait eu une tentative de réduire un peu cette peur avec les "barèmes Macron" mais en fait non (la pratique a montré que le risque est toujours là).
A noter aussi, et c'est mon expérience/volonté perso avec pas que moi qui veut mais aussi d'autres que j'ai croisé, plein de gens préfèrent une relation plus lâche avec l'employeur et utilisent l'ESN pour des formalités administratives (les GE ont une liste d'ESN "autorisées", en indépendant tu passes par elles avec leur surcoût, tu vois ça comme régie mais en réalité c'est juste un travailleur qui préfère garder la thune de gestion de risque, genre paiement chômage ou jours maladie ou licenciement, pour lui; pour les PME c'est moins rigide donc ce sera en direct et tu ne le verras pas dans les stats ESN régie).
Petit truc par petit truc, ça fait une culture différente entre les 2 pays, et il ne faut pas prendre les entreprises pour des connes, elles calculent plus que toi si c'est rentable ou pas, des 2 côtés de Rhin.
Aucun développeur à Berlin n'a un status de minijob.
Le minijob (résumé pour ceux qui ne connaissent pas : 520 €/mois max, quasi absence de cotisation retraite et maladie et donc de prestations correspondantes) est hors sujet pour le domaine de l'informatique, mais donne aussi une idée de la vie en Allemagne quand tu n'as pas de compétences... Quand tu regardes de plus près à l'étranger en enlevant les œillères, tu arrêtes assez vite la démagogie "la France pays ultra-libéral".
Tout cela n'est pas complètement faux et je ne veux pas rejouer à nouveau le débat de savoir qui entre la France et les États-Unis est tout blanc ou tout noir.
J'ai pour habitude de dire que l'Allemagne est entre les USA (voire UK) et la France, un bon compromis pour les gens à compétence qui n'ont pas le rêve américain, mais vaut toujours mieux rester en France pour les gens avec moins de compétences.
# Tentatives d'explication
Posté par Zenitram (site web personnel) . En réponse au journal Pourquoi cette passion française pour les ESN?. Évalué à 6. Dernière modification le 08 novembre 2022 à 09:08.
Bon, déjà, il me semble que tu as une piste sur la différence, ça passe moins bien en codécision d'essayer d'éviter une partie des décisionnaires. Je rajouterai que les syndicats allemands sont "réalistes", font grève pour acter un énorme différent et non pas pour commencer une négociation, et qu'ils ont le soutien des salariés.
il peut y avoir aussi des spécificités légales plus subtiles, par exemple (et de ce que j'ai compris) la législation et l'acceptation de travailler moins ou plus (de tête genre entre 25 et 45 h/semaine) suivant le carnet de commande qui fait que ça fait moins peur d'embaucher.
Au final, peut-être que c'est une culture de réalisme économique des syndicats allemands qui fait une différence avec la France.
Plus ou moins. Un grande différence entre l'Allemagne et la France est la taille des entreprises : un tissu de PME en Allemagne contre des GE (Grande Entreprises) en France, et quand un projet merde il reste plus facile de licencier pour motif économique au niveau d'un PME que dans une GE.
De souvenir c'est même pire, j'étais payé plus en SSII/ESN que interne ensuite, c'était la "prime de risque" en plus de l'ajout de la part de l'ESN (gestion risque, commercial, etc).
La problématique n'est pas les indemnités de licenciement (prévisibles), mais les conflits judiciaires qui peuvent faire exploser le coût de manière assez aléatoire, sans parler des "plans de sauvegarde l'emploi" (mots bien pompeux...) en cas de gros problèmes et qui peuvent coûter très cher au moment où l'entreprise a le moins de thune. Au moins avec la régie tu sais en avance ce que tu payes dans tous les cas. Il y avait eu une tentative de réduire un peu cette peur avec les "barèmes Macron" mais en fait non (la pratique a montré que le risque est toujours là).
A noter aussi, et c'est mon expérience/volonté perso avec pas que moi qui veut mais aussi d'autres que j'ai croisé, plein de gens préfèrent une relation plus lâche avec l'employeur et utilisent l'ESN pour des formalités administratives (les GE ont une liste d'ESN "autorisées", en indépendant tu passes par elles avec leur surcoût, tu vois ça comme régie mais en réalité c'est juste un travailleur qui préfère garder la thune de gestion de risque, genre paiement chômage ou jours maladie ou licenciement, pour lui; pour les PME c'est moins rigide donc ce sera en direct et tu ne le verras pas dans les stats ESN régie).
Petit truc par petit truc, ça fait une culture différente entre les 2 pays, et il ne faut pas prendre les entreprises pour des connes, elles calculent plus que toi si c'est rentable ou pas, des 2 côtés de Rhin.
Le minijob (résumé pour ceux qui ne connaissent pas : 520 €/mois max, quasi absence de cotisation retraite et maladie et donc de prestations correspondantes) est hors sujet pour le domaine de l'informatique, mais donne aussi une idée de la vie en Allemagne quand tu n'as pas de compétences... Quand tu regardes de plus près à l'étranger en enlevant les œillères, tu arrêtes assez vite la démagogie "la France pays ultra-libéral".
J'ai pour habitude de dire que l'Allemagne est entre les USA (voire UK) et la France, un bon compromis pour les gens à compétence qui n'ont pas le rêve américain, mais vaut toujours mieux rester en France pour les gens avec moins de compétences.