• [^] # Re: C'est d'autant plus important que

    Posté par . En réponse au journal Technopolice is launched. Évalué à 0.

    Le meilleur conseil à donner niveau auto-école, c'est d'envoyer vers celles qui font également moto-école même s'il s'agit de passer un permis auto.

    La raison est qu'elle vont mettre plus l'accent sur une conduite attentive, voir défensive, que le respect aveugle de limites.

    Je ne sais pas si c'est encore le cas, mais lors du permis moto avant la répression stupide que nous connaissons (i.e. on peut continuer à rouler n'importe comment, mais sous les limites, avec des risques en pratique infimes de se le voir reprocher), mon moniteur d'alors me disais "là dessus, les limitations de vitesse on s'en fout tant qu'on n'en est pas au double ; mais si je te vois aborder un carrefour avec visibilité réduite a une vitesse ne permettant pas un arrêt si quelqu'un déboule ou démarrer au vert sans vérifier autre chose que la couleur de ton feu, à un moment je vais te faire faire le tour du pâté de maison et t'attendre au tournant". Et pour jouer au con il était assez doué, cela passait souvent à qq cm, ce qui permet d'amorcer le développement d'un 6ème sens de la prévision de l'errement ou de l'exaction délibérée.

    Cette moto-école avait alors les meilleurs résultats au permis de la région... et lors de l'examen, la consigne n'était pas vraiment le respect bête et discipliné des limites. Prendre instantanément plus de 150km/h pour m'extraire des projections d'une file de PL (me retrouvant hors de portée radio de la clio suiveuse) sous un grésil de février sitôt entré sur une voie rapide limitée à 110 n'avait pas vraiment été rédhibitoire, au contraire, avec en prime les remerciements d'être sorti au bon endroit en n'ayant pu entendre qu'un grésillement (la prochaine sortie était un peu loin, dans le doute il valait mieux sortir, quitte à revenir). Celui d'avant, hésitant et gênant un trafic qui lui collait alors dangereusement au cul, surtout à moto, fut par contre invité à revenir plus tard.

    Quand on voit le niveau actuel, malgré le délire complet d'imposer 20h minimum et visiblement 40 en moyenne (correspondant aux minimas pour un brevet de pilote d'avion, quand même un peu plus difficile qu'apprendre à se servir d'un cerceau avec une gestion des problèmes/pannes... consistant à s'arrêter sur le bas côté), c'est vraiment à pleurer. Permis auto en 8h avant ces minimas pour ma part... et 12h en moto après, 8h n'ayant été que sur le carnet vu que j'étais largement prêt et qu'un créneau se débloquait sur empêchement d'un candidat inscrit pour l'après-midi même.

    Pour conclure, jamais de débilophone au volant, pour ma part. On remarquera d'ailleurs que la remontée de mortalités à partir du milieu des années 90 qui avait mené à la répression actuelle, c'était lors de la démocratisation du GSM avec des opérateurs très attentifs à couvrir les axes routiers, ce qui dans l'industrie télécom nous faisait déjà penser que ce ne serait pas sans conséquence: On aurait alors dû siffler rapidement la fin de la récré en ne ciblant pas forcément le fait de faire n'importe quoi (vis à vis du code), mais surtout de le faire n'importe comment!

    On a fait à peu près l'inverse, avec un accent surdimensionné sur les vitesses dont le contrôle s'automatisait facilement, ce qui amène désormais à peu près a l'inverse de ce qui aurait dû être fait: Continuer à faire n'importe comment, à condition de le faire lentement. Forcément, sauf à tendre vers 0km/h (plus de mouvement, plus de choc possible: Aussi imparable qu'absurde!), cette stratégie démontre actuellement ses limites et conforte au passage la théorie de l'homéostasie du risque.