Elle m'impose de ne pas pouvoir redistribuer ma version modifiée de son œuvre alors que ça ne lui bloquerait aucune liberté fondamentale
Tu lui as demandé ?
Un texte peut être distribué sous plusieurs licences, ça se fait pour du logiciel, je ne vois pas pourquoi ça ne se ferait pas pour une autre œuvre de l'esprit.
Mais là je taquine, en vrai je ne vois pas quel est le problème de se positionner quelque part sur le chemin, étant donné qu'on ne vit pas en anarchie et qu'on ne peut pas aujourd'hui vivre l'anarchie comme on le voudrait. Et chacun ses choix pour manger, se loger, et vivre sa vie.
par exemple que l'humain n'est pas forcément un gentil qui veut toujours aider son voisin
Oui, l'anarchie est une utopie pour être humains ayant un peu évolués.
À titre personnel, je ne crois pas qu'on puisse, dans un délai raisonnable (car je ne m'avancerait pas sur ce qu'on fera dans cent ou mille ans, si on a réussi à survivre jusque là), mettre en place une république anarchique à la taille de la France.
Par contre les structures anarchiques (ce qui n'est pas non plus un oxymore), ça existe. Même a moyennement grande échelle.
Ça existe, à l'intérieur de notre société, mais sans lien dur avec celle-ci, c'est à dire que ça pourrait fonctionner pareil en monarchie.
Par exemple une fédération d'associations, avec un cadre général porté par la fédération elle-même, mais où chacune des associations est libre dans son fonctionnement interne, sans regard extérieur. La fédération n'ayant aucun rôle d'autorité, uniquement un rôle de cohésion, et un outil pour porter une voix commune.
Prends les antennes locales de la Croix Rouge par exemple, en dehors des contraintes légales (par exemple si l'antenne propose une formation de premiers secours, elle doit avoir une vraie valeur, pas être n'importe quoi), elles sont libres de leur organisation. Faire ou non du social, du secourisme, des formations, aider les uns mais pas les autres, ne servir à rien, ou au contraire être visibles et recruter au maximum, etc.
C'est une organisation anarchique, car il n'y a pas - contrairement au Parti par exemple - d'ordres venant « d'en haut », le bureau est élu localement comme pour n'importe quelle association autonome, sans droit de regard de la fédération nationale.
La seule contrainte ? Si tu veux le nom « Croix Rouge » tu respectes les valeurs de celle-ci.
Après, l'antenne locale peut être organisée en tyrannie, en démocratie, en anarchie aussi, chacun ses choix, en tout cas ça n'est pas contraint par une autorité de la fédération.
Bref, l'anarchie, ça fonctionne, très bien, mais pas encore au niveau d'un état. Plutôt au niveau de communautés.
Je plussois donc au maximum cette assertion : dans un pays où on peut avoir des opinions politiques différentes, l'usage (ou le soutien) de la violence est montrer qu'on ne cherche pas spécialement à vivre ensemble contrairement à ce qu'on affiche.
Je ne peux qu'être d'accord.
Et c'est bien de là que vient mon message initial : « t'façon la violence c'est pas anarchiste. »
Parce que je crois en une anarchie d'humains de bonne volonté, et qu'elle ne devrait jamais être contrainte ; ça serait tellement contraire au principe même...
En fait je crois en une forme d'anarchie assez complexe...
* Attention Utopie, probablement bourrée de défaut, et pas réfléchie jusqu'au bout.
-> Une Europe éclatée en entités de quelques millions d'habitants au plus (avec possible exception pour les mégapoles).
-> Chacune d'entre elles représentée au Parlement Européen.
-> Chacune libre - dans le cadre de l'Europe et donc en particulier du respect des droits de l'Humain - de s'organiser comme elle le souhaite.
-> Tous européens, aucune frontière, donc liberté totale d'aller voir ailleurs (on y est déjà dans un gros sous-ensemble de l'UE).
En gros, on éclate les pays, pour construire des régions, et ce sont les régions qui siègent au parlement européen. Peut-être entre 200 et 400 régions (donc en moyenne entre 1 et 2,5 millions d'habitants par région, au vu de l'UE actuelle).
L'Europe est en charge des infrastructures communes, comme l'armée bien sûr (et malheureusement), mais probablement aussi l'énergie, et le réseau ferroviaire.
Ensuite chaque région est libre de s'organiser.
Chaque habitant est européen, uniquement européen, une seule carte d'identité, une seule appartenance, on n'est pas européen et bourguignon, on n'est qu'européen vivant en Bourgogne.
Et je conçois aisément qu'on pourrait voir apparaître des théocratie régionales, des autocraties aussi, des régimes policiers au niveau d'une région. Mais avec la garantie supra-régionale que chacun puisse se déplacer librement, personne ne pourrait être prisonnier d'une telle région. Et elle aurait son mot à dire au Parlement Européen au même niveau que les autres. Si ça plaît à des gens de choisir de vivre ainsi, grand bien leur fasse, tant qu'ils ne peuvent pas l'imposer à leurs voisins.
On verrait émerger des organisations variées, différentes, on verrait des échecs dramatiques, et des réussites splendides, et peut-être de là pourrait émerger des mode de gouvernance dont on ne peut que rêver aujourd'hui. Et pourquoi pas des régions vraiment anarchiques.
Et l'organisation procède de l'Anarchie au niveau de la décentralisation régionale. Le Parlement Européen n'est autorité que dans les questions communes à l'ensemble du territoire : la défense, la non destruction de l'environnement, mais aussi le respect des Droits de l'Humain, donc une région ne pourrait pas instaurer la peine de mort par exemple.
On verrait aussi disparaître ce qui ralentit l'Europe aujourd'hui : la trop forte puissance de l'axe France-Allemagne, le désintérêt des populations pour les instances européennes, la difficulté à mettre d'accord l'unanimité des pays - bien sûr il n'y aurait pas d'unanimité des régions, mais une majorité confortable, 75% peut-être ? Et aussi une séparation plus claire entre les compétences Européennes et Régionales.
Voilà comment j'envisage une possibilité d'organisation anarchique à un niveau politique réel et applicable.
On voit qu'on est loin d'une autorité violente, du chaos, de la désorganisation, de la déstructuration même. Au contraire.
Mais on accepte de ne pas avoir toutes les réponses, de ne pas avoir une réponse définitive au mode de gouvernement, et de ne pas provoquer le changement par la violence.
[^] # Re: Vive l'anarchie libre !
Posté par Yth (Mastodon) . En réponse au journal J'ai lu "Comment je suis devenue anarchiste" d'Isabelle Attard. Évalué à 9.
Tu lui as demandé ?
Un texte peut être distribué sous plusieurs licences, ça se fait pour du logiciel, je ne vois pas pourquoi ça ne se ferait pas pour une autre œuvre de l'esprit.
Mais là je taquine, en vrai je ne vois pas quel est le problème de se positionner quelque part sur le chemin, étant donné qu'on ne vit pas en anarchie et qu'on ne peut pas aujourd'hui vivre l'anarchie comme on le voudrait. Et chacun ses choix pour manger, se loger, et vivre sa vie.
Oui, l'anarchie est une utopie pour être humains ayant un peu évolués.
À titre personnel, je ne crois pas qu'on puisse, dans un délai raisonnable (car je ne m'avancerait pas sur ce qu'on fera dans cent ou mille ans, si on a réussi à survivre jusque là), mettre en place une république anarchique à la taille de la France.
Par contre les structures anarchiques (ce qui n'est pas non plus un oxymore), ça existe. Même a moyennement grande échelle.
Ça existe, à l'intérieur de notre société, mais sans lien dur avec celle-ci, c'est à dire que ça pourrait fonctionner pareil en monarchie.
Par exemple une fédération d'associations, avec un cadre général porté par la fédération elle-même, mais où chacune des associations est libre dans son fonctionnement interne, sans regard extérieur. La fédération n'ayant aucun rôle d'autorité, uniquement un rôle de cohésion, et un outil pour porter une voix commune.
Prends les antennes locales de la Croix Rouge par exemple, en dehors des contraintes légales (par exemple si l'antenne propose une formation de premiers secours, elle doit avoir une vraie valeur, pas être n'importe quoi), elles sont libres de leur organisation. Faire ou non du social, du secourisme, des formations, aider les uns mais pas les autres, ne servir à rien, ou au contraire être visibles et recruter au maximum, etc.
C'est une organisation anarchique, car il n'y a pas - contrairement au Parti par exemple - d'ordres venant « d'en haut », le bureau est élu localement comme pour n'importe quelle association autonome, sans droit de regard de la fédération nationale.
La seule contrainte ? Si tu veux le nom « Croix Rouge » tu respectes les valeurs de celle-ci.
Après, l'antenne locale peut être organisée en tyrannie, en démocratie, en anarchie aussi, chacun ses choix, en tout cas ça n'est pas contraint par une autorité de la fédération.
Bref, l'anarchie, ça fonctionne, très bien, mais pas encore au niveau d'un état. Plutôt au niveau de communautés.
Je ne peux qu'être d'accord.
Et c'est bien de là que vient mon message initial : « t'façon la violence c'est pas anarchiste. »
Parce que je crois en une anarchie d'humains de bonne volonté, et qu'elle ne devrait jamais être contrainte ; ça serait tellement contraire au principe même...
En fait je crois en une forme d'anarchie assez complexe...
* Attention Utopie, probablement bourrée de défaut, et pas réfléchie jusqu'au bout.
-> Une Europe éclatée en entités de quelques millions d'habitants au plus (avec possible exception pour les mégapoles).
-> Chacune d'entre elles représentée au Parlement Européen.
-> Chacune libre - dans le cadre de l'Europe et donc en particulier du respect des droits de l'Humain - de s'organiser comme elle le souhaite.
-> Tous européens, aucune frontière, donc liberté totale d'aller voir ailleurs (on y est déjà dans un gros sous-ensemble de l'UE).
En gros, on éclate les pays, pour construire des régions, et ce sont les régions qui siègent au parlement européen. Peut-être entre 200 et 400 régions (donc en moyenne entre 1 et 2,5 millions d'habitants par région, au vu de l'UE actuelle).
L'Europe est en charge des infrastructures communes, comme l'armée bien sûr (et malheureusement), mais probablement aussi l'énergie, et le réseau ferroviaire.
Ensuite chaque région est libre de s'organiser.
Chaque habitant est européen, uniquement européen, une seule carte d'identité, une seule appartenance, on n'est pas européen et bourguignon, on n'est qu'européen vivant en Bourgogne.
Et je conçois aisément qu'on pourrait voir apparaître des théocratie régionales, des autocraties aussi, des régimes policiers au niveau d'une région. Mais avec la garantie supra-régionale que chacun puisse se déplacer librement, personne ne pourrait être prisonnier d'une telle région. Et elle aurait son mot à dire au Parlement Européen au même niveau que les autres. Si ça plaît à des gens de choisir de vivre ainsi, grand bien leur fasse, tant qu'ils ne peuvent pas l'imposer à leurs voisins.
On verrait émerger des organisations variées, différentes, on verrait des échecs dramatiques, et des réussites splendides, et peut-être de là pourrait émerger des mode de gouvernance dont on ne peut que rêver aujourd'hui. Et pourquoi pas des régions vraiment anarchiques.
Et l'organisation procède de l'Anarchie au niveau de la décentralisation régionale. Le Parlement Européen n'est autorité que dans les questions communes à l'ensemble du territoire : la défense, la non destruction de l'environnement, mais aussi le respect des Droits de l'Humain, donc une région ne pourrait pas instaurer la peine de mort par exemple.
On verrait aussi disparaître ce qui ralentit l'Europe aujourd'hui : la trop forte puissance de l'axe France-Allemagne, le désintérêt des populations pour les instances européennes, la difficulté à mettre d'accord l'unanimité des pays - bien sûr il n'y aurait pas d'unanimité des régions, mais une majorité confortable, 75% peut-être ? Et aussi une séparation plus claire entre les compétences Européennes et Régionales.
Voilà comment j'envisage une possibilité d'organisation anarchique à un niveau politique réel et applicable.
On voit qu'on est loin d'une autorité violente, du chaos, de la désorganisation, de la déstructuration même. Au contraire.
Mais on accepte de ne pas avoir toutes les réponses, de ne pas avoir une réponse définitive au mode de gouvernement, et de ne pas provoquer le changement par la violence.