• [^] # Re: Anarchiste, mais...

    Posté par (site web personnel, Mastodon) . En réponse au journal J'ai lu "Comment je suis devenue anarchiste" d'Isabelle Attard. Évalué à 2. Dernière modification le 14 septembre 2022 à 14:13.

    Je suis assez d'accord sur le fond : quand on se dit anarchiste, on est plutôt pour la diffusion du savoir, qui permet à chacun d'améliorer son autonomie et sa réflexion. Les communs culturels s'imposent, dès qu'on a connaissance de leur existence, et je n'ai pas encore croisé d'anar qui s'obstine à défendre la propriété intellectuelle à tout prix. Mais l'être humain étant une créature irrationnelle, et ayant croisé des libertariens qui eux défendent la propriété intellectuelle (ce qui n'a pas plus de sens), tout est possible.

    L'anarchisme et le le libertarianisme n'ont absolument rien à voir !

    Par contre ça, ça me semble un argument foireux. On sait que les auteurs ne sont pas rémunérés, en dehors d'une infime minorité qui sont portés par la logique du star system (et cette minorité se réduit d'année en année) (cf le rapport Racine). Sortir des cacahuètes de la vente de plusieurs ouvrages différents est déjà une réussite extraordinaire, actuellement. Bon, après, que certains jeunes auteurs croient à la possibilité de se faire rémunérer pour leurs ouvrages, c'est possible, car on continue de le dire que "ça pourrait marcher". Mais ils déchantent vite, en général.

    Je suis au courant, je vis de ma plume et je te remercie d'avoir la bonté de me rappeler ce que tout le monde sait et de me rappeler les notions fondamentales sur le circuit du livre. Sauf que ce n'est pas un argument. Ce n'est pas parce que c'est difficile qu'il faut jeter à la poubelle ce système de rémunération, les alternatives ne sont pas, non plus, mirobolantes et toutes les maisons d'édition ne peuvent pas payer leurs auteurs et autrices pour leur travail avant la parution de l'ouvrage, c'est comme ça.

    Il y a l'initiative de Framasoft qui consiste à payer (à condition qu'il y ait assez de dons) l'auteur ou l'autrice avant, les systèmes de financement participatif, sauf que, tel que cela fonctionne, cela revient le plus souvent à des souscriptions pour payer la fabrication du livre, mais il est assez rare d'après ce que j'ai vu que cela permette en plus de rémunérer correctement les auteurs et les autrices. Il y a aussi la possibilité de recourir à des dons ou des systèmes tels que Liberapay ou Patreon, mais ce n'est pas mieux au niveau des revenus d'après ce que j'ai pu voir. Il y a des personnes qui s'en sortent, certes, d'autres non.

    Donc, on fait quoi là ? On fait comme Youtube ? On se blinde de pub ?

    Concernant Isabelle Attard, vu les dossiers sur lesquels elle a travaillée, je pense qu'elle connaît. Je peux me tromper. Dans ce cas, pourquoi ne pas avoir choisi une licence libre ? Les raisons peuvent être multiples. Celle qui me parait le plus probable concerne la diffusion.

    C'est ce que je disais et la visibilité médiatique. En outre, elle n'a peut-être pas les connaissances techniques, ou l'envie de s'enquiquiner à gérer une mise en ligne. Et il est fort probable qu'elle ait eu de bons contacts avec la maison d'édition.

    Quant çà l'auto-édition elle pose deux problèmes :

    • celui qui fait qu'elle sur met les auteurs et les autrices la charge de la publication et de la diffusion de l'œuvre,
    • celui qui fait que l'auto-édition peut (et est souvent) considérée comme moins bien que le fait de passer par une maison d'édition, surtout si elle est un tant soit peu prestigieuse. Sans oublier le fait que les maisons d'éditions dignes de ce nom recourent à des correcteurs et des correctrices professionnels (en les payant le moins possible) sans que les auteurs et les autrices aient à payer quoi que ce soit. Ce ne sont pas, les maisons d'éditions dignes de ce nom, des parasites.

    Je n’ai aucun avis sur systemd