• [^] # Re: mises à jour

    Posté par (site web personnel, Mastodon) . En réponse au journal 2 ans d'Artix Linux dans un GUL de province (GEBULL.org). Évalué à 2.

    En ce qui concerne systemd, sans vouloir réouvrir une flame war, je dois admettre que je ne comprends rien à toutes ces crispations.

    C'est une question intéressante.

    Tout d'abord, c'est vrai que c'est un composant plus proche du noyau que de la surface... moi non plus je ne me sens pas une vocation d'archéologue et j'ignore avec bonheur un certain nombre de composants qui sont sous la surface dans mon système d'exploitation (tant que ça marche, ça n'a pas besoin d'être réparé...).

    Pour 99% de la population (à la louche) savoir quel système d'exploitation fait tourner leur navigateur web, c'est déjà se pré-occuper de ce qu'il y a sous la surface. Eux, ils ont une déclaration d'impôts à remplir et ils ne se sont jamais pré-occupé du grammage de leurs formulaires jusque là.

    Moi-même, quand je vais acheter de l'argent avec ma carte à un distributeur, ce qui m'intéresse c'est de repartir (vite) avec des billets. Découvrir, lors d'un reboot malencontreux, que cette machine tourne sous Windows, c'est effrayant mais c'est pas mon problème (et ça ne dépend pas de moi).

    Alors pourquoi s'intéresser à SystemD ? Il y a déjà beaucoup de ressources à ce sujet pour quelqu'un qui voudrait s'y intéresser (et il y a moyen d'en retrouver à partir d'ici : https://www.grimoire-command.es/2019/unix_init.html )

    Vous m'avez vu venir, un premier argument c'est : si vous voyez l'intérêt de faire l'effort d'utiliser GNU+Linux, vous pouvez aussi vous sentir concerné par les composants de votre système, du BIOS au bureau.

    Mais prenons le problème dans l'autre sens. Mettons que je sois fondé à vouloir utiliser un init codé dans la philosophie Unix. Bah j'ai dû aller chercher quelque chose d'autre que Debian. Ça m'a demandé beaucoup d'efforts, alors même s'ils ont fait marche arrière depuis (parce que finalement on étaient assez nombreux à le vouloir) je préfère rester sur une distribution qui donne le choix.

    Emacs ou vim, je demande juste qu'on me laisse utiliser vim si j'ai envie.

    Après, y'a des arguments d'ordre philosophique : c'est monolithique alors qu'Unix était jusque là composé de petits programmes indépendants... moi j'ai envie de continuer à utiliser un système bâti comme ça, alors qu'historiquement c'est Windows le gros truc monolithique, avec l'affichage qui est prioritaire sur le multi-tâches.

    Économiquement, c'est développé par une grosse boîte, rachetée par IBM. C'est pas un truc que "la communauté du libre" (j'entends par là : la communauté bénévole) va pouvoir reprendre et maintenir si IBM l'abandonne.

    On a plein d'exemple de gros logiciels "libres" mais en lecture seule parce que c'est géré par une grosse boîte, le plus célèbre c'est Chromium.

    Firefox aussi c'est un gros truc monolithique, donc c'est difficile d'en coder une alternative, alors c'est la prise d'otage, les enjeux de pouvoir, les dérives commerciales, les compromissions (Amazon en raccourci sur la page d'accueil, Google en moteur de recherche par défaut...) le temps de cerveau disponible volé aux utilisateurs (et il vaut des millions, par paquets de 10, que les GAFAM sont ravis d'investir dans cet accès à plus de marché...). GNU+Linux pour moi, c'est un moyen d'échapper un peu au capitalisme de surveillance, à l'emprise des impérialismes... SystemD (qu'on m'impose) c'est pas une émancipation.

    D'un point de vue technique : « Trouver les erreurs c'est deux fois plus dur qu'écrire la première version du code. Donc si tu écris du code aussi intelligemment que possible, tu ne seras, par définition, pas assez intelligent pour le débuguer »

    Debugging is twice as hard as writing the code in the first place. Therefore, if you write the code as cleverly as possible, you are, by definition, not smart enough to debug it.
    - Brian W. Kernighan

    C'est plus facile de débuguer des petits outils qu'une grosse pile de code.

    Pour les utilisateurs, ça me semble plus facile de configurer des petits programmes qui s'enchaînent qu'un gros qui fait tout (et qu'on ne sait plus par quel bout prendre).

    J'arrête là, en espérant que le débat reste serein.

    La liberté ne s'use que si on ne s'en sert pas.