• [^] # Re: Qui a demandé ce projet ?

    Posté par (site web personnel) . En réponse au lien Les CNIL européennes se disent très inquiètes du projet antipédopornographie européen. Évalué à 0.

    Le premier truc, c'est la réduction des coûts.

    Je sais pas pourquoi tout le monde va imaginer des cas de conspirations tirées d'un trip sous un mélange de cocaïne et térébenthine, au lieu de regarder le budget mais bon, faut toujours se dire que c'est ça.

    Les forces de polices coûtent de l'argent, le reste aussi.

    Les électeurs ne veulent pas en général payer plus d’impôts. Les gens sont parfois d'accord pour les augmenter, mais ceux des autres surtout (en général, les gens plus riches qu'eux, les gens à l'étranger, les entreprises), et le font savoir via le vote.

    Peut être pas partout en Europe, mais c'est bien ce que je vois en France. Je sais pas si il y a des journaux qui expliquent comment payer moins d’impôts dans le reste du continent, mais ça revient assez souvent en France.

    Du coup, maintenir un service égal, voir plus performant (cad qui traite plus de cas, ou des cas plus vite), ça passe par l'automatisation, ça passe par la simplification administrative (donc moins de vérif), ça passe par le fait de décharger des choses sur le privé.

    Ou simplement, essayer de prévenir le crime au lieu d'attendre que ça soit fait, ça permet aussi de réduire les coûts.

    Par exemple, la mise en commun des fichiers de police en 2011 (STIC et JUDEX), c'est de la réduction des coûts et de la simplification administrative. Sur le papier, ça évite de maintenir 2 bases pour rien, et ça aide les enquêteurs. En pratique, les fichiers sont sans doute mal remplis, il y a des fuites, etc.

    On peut discuter sur le fait que la réduction soit effective ou pas (surtout dans un contexte ou le secteur privé va sans doute ajuster les offres par rapport à ce qui est déjà dépensé), on peut discuter sur les coûts cachés (maintenance), les dysfonctionnements des projets informatiques en général, etc.

    Mais ça change rien que le but, c'est réduire et simplifier, car la complexité coûte, et que "il faut qu'on paye plus d’impôts pour maintenir les services" est une revendication que personne ne porte.

    Par contre, faire plus ou autant avec autant ou moins d'argent, ç'est une constante.

    Et maintenir les services, c'est aussi "ne pas avoir une série d'attentats" sur le territoire, en sachant que les groupes terroristes s'adaptent aussi (exemple, on est passé de groupe organisé des années 1970 comme la fraction armée rouge à des formes de terrorismes stochastiques avec des "loups solitaires").

    L'infiltration des groupes et la surveillance comme dans les années 70 ne marchent sans doute pas pour les formes modernes, vu qu'il y a selon moins une évolution.

    Ensuite, pour les histoires spécifiquement de pédocriminalités, c'est sans doute des associations de la société civile. Je ne connais pas ce qui se fait en Europe, mais aux USA, c'est des groupes comme NCOSE (parmi tant d'autres). Le livre The Digital Closet: How the Internet Became Straight détaille les dynamiques.

    Le livre est en accès libre, je l'ai lu rapidement. J'ai trouvé le style un chouia inutilement provocateur et inflammatoire (et en général, je prends ça comme un signe qu'on tente de me manipuler, et je coupe rapidement), mais la thèse exposé dans le livre a le mérite de ne pas être trop farfelu, donc j'invite les gens à le lire tout en gardant un esprit critique (sauf si bien sur vous voulez des arguments pour chier sur Google et Facebook avec un peu de mauvaise foi, auquel cas le livre va plaire).

    Donc je ne doute pas qu'une partie vient des fondamentalistes américains que j'ai cité, mais aussi des groupes conservateurs classiques basé en Europe (eg, le Vatican/Opus Dei, l'European Centre for Law & Justice, etc).