• [^] # Re: Pays interdisant la sortie du film

    Posté par (site web personnel) . En réponse au lien Le dernier Pixar « Lightyear » censuré dans 14 pays pour un baiser homosexuel - L'ADN. Évalué à 4. Dernière modification le 20 juin 2022 à 15:47.

    "les femmes sont fragiles" demande à être précisé, tu fais
    référence au préjugé sociétal commun j'imagine.

    Oui, c'est exactement ça.

    Ensuite, de manière assez controversé, je pense qu'il y a parfois des bénéfices à être vu comme victimes (et j'insiste sur le "parfois"). Si ce n'était pas le cas, certaines personnalités politiques n'en feraient pas tout un fromage à longueur de temps. Ça prends des ressources de crier partout qu'on est victime de censure, c'est donc bien que ça doit apporter quelque chose dans certains cas. Mais je sais que le prisme victime/agresseur et ses conséquences est un sujet délicat et explosif que je garde pour les fins de soirées arrosées.

    Et au delà d'un simple préjugé, il y a des conséquences plus directs. Par exemple, l'instrumentalisation du dit-préjugé à des fins racistes aux USAs est au cœur du discours des idéologies suprémacistes blanches via l'idée de devoir protéger les femmes (sous entendu, blanches) des hordes d'étrangers (sous entendu, pas blancs). Un exemple célèbre, c'est celui d'Emett Till en 1955, mais y en a d'autres à la pelle.

    De manière plus récente et en France, on peut voir les divers groupes féminins qui sont arrivés suite à la manif pour tous, comme les Caryatides, décrit dans le chapitre 2 de "Les nouvelles femmes de droite". Page 92, le livre explique que leur discours parle des femmes à l’arrière garde par opposition aux militants qui vont au combat.

    Clairement, certaines des militantes se positionnent comme ayant besoin de protection (avec le sous entendu qu'elles ne peuvent pas forcément se protéger elles mêmes) en regardant les violences sous un prime plus compatible avec les positions xénophobes.

    On retrouve aussi ce genre de point dans certains discours féministes anti trans, avec [l'obsession des TERFs pour des espaces séparés en partie basé sur la naturalisation les hommes comme agresseurs, et donc en creux, les femmes comme agressées et/ou non-agresseuses.

    Je suis d'accord que la majorité des cas d'agressions de femmes sont causés par des hommes, les stats à ce sujet sont nombreuses et abondantes (enquête Virage en 2015, Enveff en 2000, etc).

    Mais je pense qu'il faut aussi faire gaffe aux simplifications d'un discours, car ça entraîne des détournements de sens.

    Par exemple, c'est sans doute une des causes du mythe qu'il n'y a presque pas de souci de violence domestique dans la communauté LGBT.