j'ai déjà du mal à comprendre pourquoi on mélange des concepts
totalement différents et indépendants de sexualité et
d'identité de genre dans un même acronyme comme si ces
personnes devait forcément se sentir partie d'une identité
communautaire commune.
À la base, quand les psychologues fin 19eme, debut 20eme comme Richard von Krafft-Ebing, Havelock Ellis, Magnus Hirschfeld ont commencés à se pencher sur le sujet, une des théories en vigueur, l'inversion sexuelle, ne séparait pas les 2.
Un homme homosexuel était compris un homme avec une ame de femme, et vice versa. Le terme bisexualité à la base voulait désigner quelqu'un avec l'"essence" des 2. Le plus drôle pour moi restant que l'hétérosexualité désignait le comportement quelqu'un ayant une attirance anormalement élevé envers le sexe opposé, et donc était vu comme une perversion (j'ai plus des détails, mais ça se trouve dans un livre de Ned Katz, the invention of heterosexuality).
Donc la séparation moderne entre genre et sexualité n'existe pas à l'époque.
Fast forward vers les années 1920/30, les recherches sur le sujet se font à Berlin mais les nazis arrivent au pouvoir et décident de cramer des livres dans le cadre de leur bio-politique nataliste et la science repart en arrière (parce qu'on avait pas des backups dans le cloud à l'époque).
Donc la séparation entre genre et sexualité qui aurait pu émerger à l'époque, n'existe toujours pas.
Avance rapide vers les années 1960 aux USA, les flics font des descentes régulières dans les bars gays qui entriane des emeutes, que ça soit en Californie, ou plus connu à New York (stonewall, tout ça, tout ça).
C'est le début de ce qui est qualifié de mouvement pour les droits LGBT modernes (mais pas sous ce nom la), et s'en suit des années d'activisme avec effectivement une coalition de sous mouvements divers qui ne voulait pas tous la même chose (ou dans le même ordre), mais qui travaillent ensemble.
En france, il y a eu des études sur le sujet comme cet article, mais ce que j'en retient, c'est que l'unité est surtout le fruit d’intérêts politiques convergent par les personnes qui subissent des discriminations pour des causes communes.
Par exemple, tu peux séparer en effet la transidentité de l'homosexualité, mais si une personne trans ou homosexuelle se fait tabasser dans la rue par des fâcheux pour des raisons liés à ton homosexualité ou ta transidentité, c'est compris comme étant du à la déviation du standard hétérosexuel cisgenre.
Eg, si tu es un homme, tu ne dois pas t'habiller de façon féminine, et tu ne doit pas aimer les hommes (parce que c'est un truc de femme).
Ensuite, oui, les combats en pratique ne sont pas les mêmes, et tout le monde n'a pas les mêmes droits.
Mais la séparation n'est pas aussi franche qu'on croit.
Par exemple, pour prendre les histoires de thérapies de conversions, les discussions au Royaume Uni tournent en ce moment autour du fait que le gouvernement veut bannir ça, mais laisser une exception dans le cadre de la transidentité, ce qui revient à laisser un trou suffisamment grand dans la loi pour faire passer un TGV.
Et finalement, d'un point de vue purement politique, si l'union fait la force, qu'est ce que la séparation apporte ?
Je ne vois pas une personne trans choisir un domaine .gay par
exemple, à moins qu'elle soit trans et gay. Encore plus
compliqué pour une personne se considérant asexuée,
pansexuelle ou bi.
Oui, c'est un choix malheureux sur les mots de la part de Gandi qui donne l'impression d'avoir 40 à 50 ans de retard sur la terminologie. De nos jours, "gay" veut surtout dire "homme cis homosexuel", mais je pense que ce n'était pas le cas au début, et c'est pas toujours le cas partout. "I am a gay women" est parfaitement correctement en anglais.
Et les discussions sans fin sur les termes à utiliser dans chaque langue, et même dans chaque région linguistique (cough lgbtqi2s+ cough, n'est ce pas les canadiens) dans le but de mettre ou pas en valeur de façon symboliques des sous groupes relèvent à mon sens plus d'une forme avancé de bike shedding que d'une volontée de changement profonde. C'est plus facile d'énoncer quelque chose que d'énoncer et de changer.
Du coup, réussir à savoir quoi dire quand tu es pas dans le bain, c'est assez compliqué.
Maintenant, il y a aussi le fait que:
le .lgbt existe déjà (exemple), donc pas trop moyen de faire une annonce
le .gay a du être décidé par un comité pour qui "gay" n'a pas le même sens précis qu'en France (eg, ce que j'ai dit sur les USAs)
un .queer aurait plus de sens de nos jours, mais il y a encore des gens en vie qui se souviennent que ça a été utilisé comme une insulte (un peu comme si on avait un .pd, malgré les tentatives de réclamer le mot), parfois utilisé comme insulte contre eux, parfois de façon violente (comme une collègue m'a raconté une fois, et elle n'est pas si vielle que ça).
qu'il est vain d'essayer de suivre la production spontané de sous groupes et les changements de vocabulaires (genre, on dit "non binaire" de nos jours, mais c'était "genderqueer" il y a 10 ans, ou le terme pansexuel n'a pas l'air d'avoir été utilisé avant 2010, ou alors dans un sens totalement différent)
Donc ouais, c'est pas terrible, mais la perfection est l'ennemi du bien. Au pire, c'est juste un coup de comm, c'est pas super, mais tant pis.
[^] # Re: argumentaire
Posté par Misc (site web personnel) . En réponse au lien Nom de domaine en .gay, l’extension engagée. Évalué à 10.
À la base, quand les psychologues fin 19eme, debut 20eme comme Richard von Krafft-Ebing, Havelock Ellis, Magnus Hirschfeld ont commencés à se pencher sur le sujet, une des théories en vigueur, l'inversion sexuelle, ne séparait pas les 2.
Un homme homosexuel était compris un homme avec une ame de femme, et vice versa. Le terme bisexualité à la base voulait désigner quelqu'un avec l'"essence" des 2. Le plus drôle pour moi restant que l'hétérosexualité désignait le comportement quelqu'un ayant une attirance anormalement élevé envers le sexe opposé, et donc était vu comme une perversion (j'ai plus des détails, mais ça se trouve dans un livre de Ned Katz, the invention of heterosexuality).
Donc la séparation moderne entre genre et sexualité n'existe pas à l'époque.
Fast forward vers les années 1920/30, les recherches sur le sujet se font à Berlin mais les nazis arrivent au pouvoir et décident de cramer des livres dans le cadre de leur bio-politique nataliste et la science repart en arrière (parce qu'on avait pas des backups dans le cloud à l'époque).
Donc la séparation entre genre et sexualité qui aurait pu émerger à l'époque, n'existe toujours pas.
Avance rapide vers les années 1960 aux USA, les flics font des descentes régulières dans les bars gays qui entriane des emeutes, que ça soit en Californie, ou plus connu à New York (stonewall, tout ça, tout ça).
C'est le début de ce qui est qualifié de mouvement pour les droits LGBT modernes (mais pas sous ce nom la), et s'en suit des années d'activisme avec effectivement une coalition de sous mouvements divers qui ne voulait pas tous la même chose (ou dans le même ordre), mais qui travaillent ensemble.
En france, il y a eu des études sur le sujet comme cet article, mais ce que j'en retient, c'est que l'unité est surtout le fruit d’intérêts politiques convergent par les personnes qui subissent des discriminations pour des causes communes.
Par exemple, tu peux séparer en effet la transidentité de l'homosexualité, mais si une personne trans ou homosexuelle se fait tabasser dans la rue par des fâcheux pour des raisons liés à ton homosexualité ou ta transidentité, c'est compris comme étant du à la déviation du standard hétérosexuel cisgenre.
Eg, si tu es un homme, tu ne dois pas t'habiller de façon féminine, et tu ne doit pas aimer les hommes (parce que c'est un truc de femme).
Ensuite, oui, les combats en pratique ne sont pas les mêmes, et tout le monde n'a pas les mêmes droits.
Mais la séparation n'est pas aussi franche qu'on croit.
Par exemple, pour prendre les histoires de thérapies de conversions, les discussions au Royaume Uni tournent en ce moment autour du fait que le gouvernement veut bannir ça, mais laisser une exception dans le cadre de la transidentité, ce qui revient à laisser un trou suffisamment grand dans la loi pour faire passer un TGV.
Et finalement, d'un point de vue purement politique, si l'union fait la force, qu'est ce que la séparation apporte ?
Oui, c'est un choix malheureux sur les mots de la part de Gandi qui donne l'impression d'avoir 40 à 50 ans de retard sur la terminologie. De nos jours, "gay" veut surtout dire "homme cis homosexuel", mais je pense que ce n'était pas le cas au début, et c'est pas toujours le cas partout. "I am a gay women" est parfaitement correctement en anglais.
Et les discussions sans fin sur les termes à utiliser dans chaque langue, et même dans chaque région linguistique (cough lgbtqi2s+ cough, n'est ce pas les canadiens) dans le but de mettre ou pas en valeur de façon symboliques des sous groupes relèvent à mon sens plus d'une forme avancé de bike shedding que d'une volontée de changement profonde. C'est plus facile d'énoncer quelque chose que d'énoncer et de changer.
Du coup, réussir à savoir quoi dire quand tu es pas dans le bain, c'est assez compliqué.
Maintenant, il y a aussi le fait que:
Donc ouais, c'est pas terrible, mais la perfection est l'ennemi du bien. Au pire, c'est juste un coup de comm, c'est pas super, mais tant pis.