• [^] # Re: Tu m'en diras tant...

    Posté par . En réponse au journal Une personne malade qui ne veut pas explicitement choisir aura.... Évalué à 5.

    Ah le classique j'ai voté pour le bien, le reste pour la peste et le choléra, je n'ai aucune responsabilité.
    Nous sommes tous Français et concernés par cette élection, même si ce n'est pas un choix de cœur qui se présente face à nous, on a tous cette responsabilité de la situation et tous la responsabilité de devoir faire un choix.

    Je n'ai pas la prétention de dire que mon choix était "le bien". Je comprends ton point de vue et je ne reprocherai à personne d'aller faire le choix du "moindre mal" (pour rester dans le manichéisme bien/mal).

    La gauche, et ses électeurs ont aussi une responsabilité dans le processus. Si la gauche avait été plus unie, cela ne fait que 20 ans que ce constat existe, Le Pen ne serait pas au deuxième tour et tu aurais un candidat plus sympa pour toi à la place (je suppose). Donc ils sont aussi responsables.

    Je n'en ai que trop bien conscience. Oui à gauche nous nous écharpons sur des broutilles depuis bien longtemps. Oui nous n'arrivons pas à unir nos forces et on se tire dans les pattes. C'est notre maladie à nous et nous n'avons toujours pas trouvé la potion magique pour la soigner.

    Je sais que de nombreux camarades ont fait l'effort de ranger leurs différends le temps du premier tour. Je sais même que certains macronistes ont voté à gauche pour faire barrage dès le premier tour à l'extrême-droite. Ca n'a pas été suffisant mais à tous ceux-là, merci.

    Puis derrière chaque électeur RN, Zemmour et autres il y a aussi des Français, des êtres humains qui font des choix pas forcément pour les raisons que l'on cite. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si le milieu ouvrier va de plus en plus vers le RN depuis le revirement social du parti en 2010 (qui est probablement une façade mais c'est autre chose). Et la gauche politicienne est aussi responsable de ces transferts de voie, Macron n'a pas la seule responsabilité sur ses épaules (la gauche qui s'entre tue et l'extrême droite qui monte, ça date de bien avant 2017). Mais ses échecs depuis 5 ans n'aident pas, c'est certain.

    Evidemment que la gauche à sa part de responsabilité là-dessus. Elle n'arrive plus à capter les voix ouvrières et actuellement, nous ne savons pas comment nous adresser à cette frange de la population. Il y a tout un travail à faire sur le sujet, nous en avons bien conscience.

    Si pour toi Macron = Le Pen, tu peux voter blanc, ça me semble cohérent mais bizarrement j'ai du mal à croire que ce soit vrai. Mais bon, quand Mélenchon dit qu'il ne faut pas donner une voix à Le Pen sans écarter le vote blanc, il montre clairement une préférence entre Macron et Le Pen (sinon il dirait la même chose pour Macron) mais il ne l'assume pas et prétend que le vote blanc est un choix raisonnable quand on a quand même une préférence. Cela n'a pas de sens.

    Même si tu as pris des pincettes, tu le sais très bien que pour moi l'extrême-droite n'est pas et ne sera jamais une option. Évidemment que non Macron n'est pas égale à Le Pen.

    Mais je n'arrive pas à me résoudre à aller donner ma voix à celui qui a défiguré et arraché des mains à mes concitoyens. Je n'arrive pas à aller donner ma voix à un fossoyeur de l'écologie. Je n'arrive pas à aller donner ma voix à celui qui prépare le plus gros plan de réduction des dépenses publics de la Vème République. Macron a été trop méprisant, trop menteur, trop dur. Oui il est "moins pire" que le Pen, je n'ai aucun doute là-dessus. Mais la blessure est trop profonde pour moi.

    Je comprends et partage la position de Mélenchon. Macron représente le monde dont on ne veut plus. Mais c'est aussi une position purement politicienne, pour ne pas perdre les plus radicaux d'entre nous en route. Il est difficile de rester cohérent en ayant passer 5 années à taper sur Macron puis d'appeler à voter pour lui ensuite. Il en est parfaitement conscient. Mais comme Mélenchon est un républicain convaincu, il ira aussi faire son vote du "moindre mal", même s'il ne le dira jamais officiellement.

    Si la majorité des votants veulent l'extrême-droite, ils auront l'extrême-droite. S'ils veulent Macron, ils auront Macron. Je ne veux aucun des deux et j'aurai un des deux dans tous les cas. Mais je ne légitimerai ni l'un, ni l'autre.

    La majeure partie des morts l'était déjà de son vivant et le jour venu, ils n'ont pas senti la différence.