J'ai beaucoup aimé les progrès scientifiques et techniques, car ce sont eux qui font évoluer notre société. La littérature et les arts sont à ranger dans les divertissements. Si j'ai un problème matériel, ce n'est pas en récitant une poésie de Ronsard ou de Lamartine que je vais le résoudre. L'Éducation Nationale a bien du mal à s'en rendre compte.
Comme d’autres avant moi je rebondis là-dessus qui me met profondément en colère. Ce n’est pas la première fois que sur LinuxFr.org je sens un dédain de ce qui n’est pas scientifique.
Les arts sont aussi un vecteur de circulation de l’information. On pense que la poésie, de part sa forme aisément mémorisable, a servi de transmission du savoir dans les cultures orales. Ils ont un rôle fondamental. Par exemple, quand Germaine Tillon a écrit avec ses co-détenues son opérette Le Verfügbar aux Enfer au camp de concentration Ravensbrück, c’est parce que ce « simple divertissement » leur permettait de mieux supporter la dureté du camp. On ne voit pas trop comment la science, qui servait plutôt dans ces camps au détriment des déporté·e·s, aurait pu, dans ces circonstances, leur servir à quoi que ce soit. Et le fait d’être musicien a même sauvé quelques personnes.
Lapidairement, sans littérature, pas de dictionnaires car ils utilisent la littérature pour les exemples. Sans dictionnaire, difficile de faire les trucs de science que sont les outils de recherche en langage naturel. Difficile aussi de mettre en place une IA sans littérature. Parce que ces choses là ont besoin de données au départ pour apprendre ensuite. Ce qui caractérise un mot, outre son type, son orthographe, son genre et ses déclinaisons, c’est son sens, ses antonymes, ses synonymes et la proxémie qui va donner le sens dudit mot quand il est polysémique.
La littérature, outre l’aspect récréatif, qui peut être salutaire (donc utile pour la science qu’est la médecine) peut être un outil d’analyse formidable d’une société (ah j’oublie, la sociologie et l’anthropologie étant des sciences humaines, sont forcément des sciences de qualité inférieure). On peut même y trouver des savoirs oubliés. Pour autant que je sache, la littérature de science-fiction, écrite par des gens dotés d’imagination et qui ne s’encombraient pas forcément des limites de leur réalité, a pu servir d’inspiration à des scientifiques pour des recherches et des inventions.
Enfin, si on parle des arts picturaux, ils sont essentiels non seulement pour la transmission des savoirs mais aussi pour retrouver des savoirs oubliés. Si je veux me mettre au sprang par exemple, aller dans un musée peut être une démarche tout à fait efficace.
Je rejoins Jehan sur ta vision utilitariste. C’est triste.
[^] # Re: Évolutions techniques
Posté par Ysabeau 🧶 (site web personnel, Mastodon) . En réponse à la dépêche Marion Créhange, l’informatique au service des sciences humaines. Évalué à 10. Dernière modification le 25 avril 2022 à 16:46.
Comme d’autres avant moi je rebondis là-dessus qui me met profondément en colère. Ce n’est pas la première fois que sur LinuxFr.org je sens un dédain de ce qui n’est pas scientifique.
Les arts sont aussi un vecteur de circulation de l’information. On pense que la poésie, de part sa forme aisément mémorisable, a servi de transmission du savoir dans les cultures orales. Ils ont un rôle fondamental. Par exemple, quand Germaine Tillon a écrit avec ses co-détenues son opérette Le Verfügbar aux Enfer au camp de concentration Ravensbrück, c’est parce que ce « simple divertissement » leur permettait de mieux supporter la dureté du camp. On ne voit pas trop comment la science, qui servait plutôt dans ces camps au détriment des déporté·e·s, aurait pu, dans ces circonstances, leur servir à quoi que ce soit. Et le fait d’être musicien a même sauvé quelques personnes.
Lapidairement, sans littérature, pas de dictionnaires car ils utilisent la littérature pour les exemples. Sans dictionnaire, difficile de faire les trucs de science que sont les outils de recherche en langage naturel. Difficile aussi de mettre en place une IA sans littérature. Parce que ces choses là ont besoin de données au départ pour apprendre ensuite. Ce qui caractérise un mot, outre son type, son orthographe, son genre et ses déclinaisons, c’est son sens, ses antonymes, ses synonymes et la proxémie qui va donner le sens dudit mot quand il est polysémique.
La littérature, outre l’aspect récréatif, qui peut être salutaire (donc utile pour la science qu’est la médecine) peut être un outil d’analyse formidable d’une société (ah j’oublie, la sociologie et l’anthropologie étant des sciences humaines, sont forcément des sciences de qualité inférieure). On peut même y trouver des savoirs oubliés. Pour autant que je sache, la littérature de science-fiction, écrite par des gens dotés d’imagination et qui ne s’encombraient pas forcément des limites de leur réalité, a pu servir d’inspiration à des scientifiques pour des recherches et des inventions.
Enfin, si on parle des arts picturaux, ils sont essentiels non seulement pour la transmission des savoirs mais aussi pour retrouver des savoirs oubliés. Si je veux me mettre au sprang par exemple, aller dans un musée peut être une démarche tout à fait efficace.
Je rejoins Jehan sur ta vision utilitariste. C’est triste.
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