• [^] # Re: autre démocratie, autre open source

    Posté par . En réponse au journal censure ou pas. Évalué à -2.

    ... qui ont fourvoyé la définition initiale/fondamentale ... pas de la démocratie dans sa forme pure/véritable

    Comment sais-tu que ce que tu dis être la définition initiale/fondamentale l'est réellement ?

    Pas que je défende l'idée que la définition initiale/fondamentale est différente, mais parce que je me pose moi-même la question: déconstruire toutes les idées sûrement biaisées par les représentations de leur temps pour reconstruire une définition initiale m'apparait comme étant super compliqué, et je me demande comment tu as fait.

    Ainsi, par exemple, il y a des tonnes de différences entre l'usage moderne du terme et celui utilisé "à l'origine", mais, plus important, quel est l'usage qui correspondait à celui qu'avaient en tête ceux qui t'ont expliqué ce qu'est la démocratie et qui disaient que la démocratie "c'est bien" et la non-démocratie, "c'est mal".

    Par exemple, en ce qui concerne la démocratie, j'ai l'impression que beaucoup de gens pensent que la démocratie, c'est "le pouvoir au peuple", simplement parce que c'est la définition enfantine qu'on leur a répété à l'école. Et comme on leur a répété "la démocratie c'est bien", ils disent maintenant "la notion de démocratie qui est la vraie, c'est celle que j'ai en tête, et si je vois quelqu'un utiliser le terme différemment que la façon dont j'ai compris le terme quand j'avais 10 ans, c'est forcément que cette personne essaie de faire passer pour bien quelque chose qui est mal". Comment sais-tu que ce n'est pas toi qui fourvoies l'idée qui correspond au "bien" pour une notion qui correspond à quelque chose de moins bien ? Par exemple, la notion d'ochlocratie existe depuis le 16ème siècle, époque à laquelle on a commencé à présenter la démocratie comme quelque chose de fondamentalement "bien", et déjà là, certaines figures importantes à la création de cette idée populaire (Rousseau par exemple) faisaient clairement une distinction entre démocratie et ochlocratie, alors qu'actuellement ceux qui "récitent leur leçon" font souvent l'erreur de ne même pas voir la distinction.

    C'est quelque chose qui arrive souvent. Par exemple, avec la notion de racisme: on répète à l'école "le racisme, c'est mal, et distinguer entre les blancs et les noirs, c'est raciste", et on en arrive à des absurdités du style "ce scientifique est raciste s'il dit que la pigmentation de la peau a un effet différent l'efficacité d'un médicament et qu'il faut donc une posologie adaptée", ou "ces personnes veulent progresser dans la réflexion et veulent, pour y arriver, avoir également des discussions entre gens de couleurs uniquement, mais comme ils excluent les blancs de ces réunions, c'est donc raciste". C'est ridicule: le racisme n'est pas "mal" parce qu'il y a une distinction entre gens de couleurs, il est "mal" parce qu'il génèrent des injustices et entretient des préjugés infondés qui ont un impact injuste sur la vie des gens, où certains sont jugés sur base d'a-priori plutôt que sur leur propre mérite. Avoir un médicament différent ou de temps en temps des réunions non-mixtes dans un groupe de réflexion qui pratique également des réunions mixtes ne pose aucun problème moral, cela ne génère aucun des effets néfastes qui sont la source de "le racisme c'est mal".
    C'est pareil ici: j'ai l'impression qu'on répète bêtement "la démocratie, c'est le bien", mais sans se poser la question de savoir pourquoi c'est le bien. Si je dois y répondre, je dirais que le bien, c'est un système qui évite au plus la création de groupe qui vont injustement s'attaquer à des autres groupes. Et dans ce contexte, il faut un certain équilibre: suffisamment d'information pour permettre au point de vue non-dominant de s'exprimer, mais également un certain contrôle pour prévenir l'apparition de groupe voulant des actions injustes envers d'autres groupes parce que convaincus par des fausses informations.

    (Le libre est un autre exemple de ce genre de raisonnement biaisé: quiconque qui s’intéresse au libre l'a d'abord fait parce qu'il y a vu des aspects X qui lui paraissaient intéressants, et est donc, par construction, biaisé: normal qu'ils croient que le libre, c'est avant tout X, puisque c'est ce qu'ils ont découvert en premier, ce qui a forgé dans leur esprit la première définition de ce qu'est le libre. Ils sont alors convaincus que "le vrai Libre, c'est X", ou "ce qui a fait le succès du Libre, c'est X", ou "ceux qui disent que le vrai Libre, c'est Y, ils fourvoient la définition et font du Libre-washing")