• [^] # Re: Distrowatch review

    Posté par (Mastodon) . En réponse à la dépêche Tout arrive, même Slackware 15.0. Évalué à 10.

    Je suis partagé sur cette évaluation, mais bon, je n'ai pas l'habitude de lire les trucs sur distrowatch...

    The distribution is a slow moving project, often with several years between releases.

    Cette distribution évolue lentement, avec souvent plusieurs années entre deux versions.

    Cette distribution a deux versions : une stable qui sort quand elle est prête (un peu comme Debian), et une rolling-release très active.
    En 27 années et demi il y a eu 13 versions stables de Debian et 36 versions stables de Slackware.
    On voit clairement un changement de rythme depuis la 14.1 (2,5 années) et la 14.2 (5,5 années), mais souvent il y a entre six mois et un an entre deux versions, pas « several years ».

    Bon, c'est un brin agaçant quand on commence par des âneries, j'aurais pu lire un truc comme « on croyait que ça n'avançait plus vu que le rythme habituel a été dépassé de 5 ans, ce qui est très long en informatique », mais en vrai, jusqu'à la 14.1, c'était un projet plutôt rapide est dynamique.
    Je ne peux qu'espérer que ça redevienne le cas.

    Slackware has a well deserved reputation for stability
    and for having a simple technical design.
    A design which frequently ignores modern approaches to system management.
    Slackware still uses a text-based system installer,
    has 90s-era approaches to package management,
    and prefers editing text files over graphical tools when it comes time to adjust most configuration settings.

    Slackware a une réputation mérité de stabilité
    et d'avoir un design simple/épuré.
    Un design qui ignore généralement les approches modernes de l'administration système.
    Slackware continue d'utiliser un installateur en mode texte.
    a une approche très années 90 de la gestion de paquets,
    et choisit l'édition textuelles de fichiers plutôt que des outils graphiques pour la configuration plus fine.

    J'ai encore une fois le sentiment que « ignorer les approches modernes de l'administration système » est juste une façon de dire qu'il n'y a pas systemd. On en pense ce qu'on veut, mais je ne vois toujours pas systemd comme un passage obligé, ni un truc si révolutionnaire que ça. Bref, passons...

    Concernant l'installateur en mode texte, fichtre, mais et alors ?
    C'est l'outil pour installer le système, le truc que tu vois une fois par nouvel ordinateur, le reste se fait en mise à jour, et on ne revoit plus jamais cet installateur.
    Comme si, pour être « moderne », il fallait absolument avoir un outil à l'utilité marginale en version graphique ?
    Alors que le seul intérêt d'un tel outil est de faire bonne impression pour un public de néophytes.
    Que de préjugés alors...

    Le gestionnaire de paquets de Slackware date des années 90.
    Mais bon, dpkg date de 1994, RPM de 1997 (1995 en interne chez Redhat), ce sont aussi des gestionnaires de paquets datant des années 90.
    Tous les trois ont évolués depuis, il y a eu des versions pour chacun d'entre eux, et il existe des outils plus haut niveau pour l'administration des paquets, pour les trois, y compris des interfaces graphiques (oui oui, même pour Slackware !).
    Donc : critique ou gage de qualité ? Ou rien à voir avec la choucroute ?

    Et la dernière phrase est juste, sous Slackware l'approche éditeur de texte dans un terminal est préférée à l'approche cliquesque, c'est à dire la façon de faire pour la majorité des serveurs : on n'accède pas à un outil graphique pour administrer un serveur, mais on le fait avec un vi/nano/joe quelconque à travers SSH.
    Et même en 2021 on continue de faire des erreurs de copié-collé liés à des sauts de ligne probablement liés à l'utilisation de ce genre d'outils en ligne de commande via SSH... Je doute que Facebook utilise beaucoup de Slackware.
    Encore une fois on n'a pas ici affaire à des outils très orientés néophytes.
    Cela dit je ne critiquerait pas un outil de configuration graphique, mais sous Slackware il y a ce genre d'outils en ncurses, donc en terminal, mais graphique, dans la lignée de l'installeur, ils fonctionnent très bien via SSH.

    Bref, à retenir : Slackware ne subit pas les hypes, suit sa propre voie, et privilégie l'apprentissage des fichiers de configuration à l'utilisation d'un outil graphique qui essaierait de centraliser tout, ce qui fait qu'on a une impression d'austérité et un franc manque de bling-bling.

    Il y a pas mal de choses à l'avenant : si Slackware utilise un logiciel qui fait le taf, mais que d'autres plus grosses distribs ont remplacées par une alternative, qui fait le taf aussi, Slackware est considérée comme « en retard » plutôt que différente.
    C'est très marquant avec l'opposition Calligra/LibreOffice.
    Il y a des tas de gens qui se font chier à coder un logiciel efficace, léger, rapide, et parfaitement intégré à l'environnement KDE, j'ai nommé Calligra, mais comme le logiciel phare de bureautique c'est LibreOffice, point de salut, Slackware est à la ramasse de proposer le premier plutôt que le second !
    Alors : il est très simple d'installer LibreOffice sous Slackware, et comme l'environnement de bureau par défaut est KDE (ou XFCE), Calligra est un choix par défaut assez évident : ça s'intègre bien, ça se lance vite, et ça fait l'essentiel du boulot, en odt/ods/od* comme LibreOffice, et c'est capable d'ouvrir des fichiers .docx comme LibreOffice.
    Il faut vraiment avoir un usage un peu avancé de la suite bureautique pour trouver des différences fortes, ou des manquements, et dans ce cas là, tous les gens que j'ai rencontré avec ce genre de besoins, décrient LibreOffice est se tourne vers MS Office, à mon grand dam...

    De la même manière, je n'ai rien contre VLC, mais critiquer son absence c'est un brin orienté...
    Je n'aime pas spécialement utiliser VLC, réfractaire à l'interface, je préfère largement smplayer.
    Historiquement, mplayer a toujours été le lecteur vidéo qui permettait de lire tout et n'importe quoi, avant le début du projet VLC, c'est toujours actif, toujours fonctionnel, ça marche au poil, encore une question de choix ici ? VLC ou la déshérence ?

    The distribution ships with so many applications it's difficult to find anything in the menus because each category in the twin-pane menu holds pages of launchers. Many of these programs I haven't used before, or have not used in a long time.

    La distribution embarque tellement de logiciels qu'il est difficile de s'y retrouver, chaque catégorie de menu a plusieurs pages de lanceurs. Avec beaucoup de programmes que je n'ai jamais utilisé, ou pas depuis longtemps.

    Mouais, bref, il n'y a pas exactement les outils dont il a l'habitude et il est tout perturbé ?
    Il y a du choix.
    Autant pour la soi-disant austérité de la distribution : en full-install elle n'est pas minimaliste, et offre du choix pour un peu tout. En vrai, je trouve ça absolument génial pour un néophyte (que j'ai été), pour tout essayer, découvrir, apprendre, expérimenter.

    I find it too much effort to get common tasks done with this distribution. There is a lot of manual work involved and very little, if any, benefit to being forced to do this extra work.

    Je trouve qu'il faut trop d'efforts pour accomplir la moindre tâche avec cette distribution. Il faut beaucoup d'huile de coude pour très peu, voire pas, de valeur ajoutée.

    C'est un peu ce que je ressens quand je dois me faire ch... avec une VM CentOS, pourquoi tant d'efforts pour des tâches simples ? pourquoi tant de commandes à retenir par cœur (ou à avoir dans sa cheat sheet) ?

    Mais qui est le problème ? Moi, l'amateur d'une distribution fidèle, moderne et conservatrice à la fois, qui « fait les choses comme il y a 25 ans » qui suit campé sur mes habitudes, ou plutôt l'auteur de l'article qui a une vision des « bons logiciels à utiliser », des façons de faire, et ne comprends pas que Slackware puisse penser les choses différemment ?

    Bref, je trouve cet article triste, très monoculturel, je trouve que l'auteur pousse à rejeter la Slackware non pas sur ses défauts, mais sur des choix qui ne sont pas jugés assez mainstream...

    Un dernier point concernant la communauté, qui serait stagnante depuis 20 ans.
    Ce n'est pas ce que je ressens dans le projet Slackbuilds, ça tourne, des gens vont, d'autres viennent, il y a plusieurs dizaines de contributeurs assidus et réguliers, et il n'est pas si commun de trouver un logiciel libre pour lequel c'est le cas.
    Je le déplore mais il y a beaucoup plus de contributeurs au simple projet Slackbuilds.org qu'à Gimp, qui a, à mon avis, une importance nettement supérieure pour le monde des logiciels libres.
    J'en suis ravi pour la Slackware, et les Slackbuilds, bien sûr, et je ne jetterai pas la vieille bique avec l'eau du temps, cette distribution a un avenir, et continuera de proposer une alternative fiable aux projets équivalents et plus mainstream que je trouve souvent trop pressés d'intégrer les dernières hypes du moment, au détriment d'autres projets tout aussi valables mais moins bien marketés.

    • Yth.