• [^] # Re: Enfants Réunion

    Posté par . En réponse au journal Comment je suis devenu un vacciné antivaxx.... Évalué à 6.

    si si je le fait

    Bah tu as tort, parce que ton "argument" n'a aucun sens.

    • La manière dont on fait des médicaments en 2020 n'a rien à voir avec la manière dont on faisait ça il y a 80 ans (en termes de R&D et d'exigences de sécurité)
    • Les brevets pharmaceutiques tombent au bout de 20 ans (donc tes histoires d'antibiotiques n'ont rien à voir avec la rentabilité actuelle des boites pharma)
    • Un bénéfice, c'est annuel. Comment le bénéfice des boites pharma modernes peut-il dépendre de brevets libérés au milieu du XXe siècle?
    • L'histoire de l'amélioration des molécules existantes pour pouvoir renouveler les brevets, c'est une explication de fumiste. C'est tout à fait vrai que la R&D des boites pharma tournent autour de molécules qu'elles maitrisent déja, mais 1) c'est parce qu'on commence à faire le tour des molécules connues (tu crois quoi? Qu'elles ont des milliers de trucs potentiellement efficaces dans leurs tiroirs mais qu'elles préfèrent tester toujours les mêmes?), et 2) il faut prouver une efficacité supérieure à l'existant, ou de nouvelles applications, pour obtenir une nouvelle protection.

    Je suis certain que l'idée que les molécules développées actuellement par les boites pharma apportent un bénéfice thérapeutique ne colle pas dans ta grille d'analyse, mais c'est le cas. Peut-être devrais-tu remettre en question tes préjugés naïfs et admettre que tu vis dans un monde complexe où les choses ne sont pas aussi simples que tu le voudrais.

    Et en disant ça, je ne dis pas du tout que l'effort de recherche de l'industrie pharma est dirigé vers le bien commun. L'industrie cherche du retour sur investissement. Elle veut vendre des médicaments les plus chers possibles à un maximum de gens, donc privilégie les maladies des pays riches, et les maladies fréquentes. Elle souhaite également prendre peu de risques, donc elle privilégie les variations autour de médicaments existants (maitrise de la production, des effets secondaires, etc). Et surtout, elle investit de moins en moins, parce que la R&D devient de moins en moins rentable. Et là, il y a comme un hic, parce qu'il semble impossible que Big Pharma soit à la fois un escroc qui marge comme un porc sur les médocs, et à la fois piloté par des actionnaires véreux qui coupent les investissements pour se verser des dividendes. Si les médocs étaient tous méga-rentables, il y aurait des centres de R&D qui pousseraient partout, ce qui n'est pas le cas (*).

    Voila, bon, bref, tes histoires d'insuline, c'est de la fake news d'adolescents qui veulent refaire le monde dans leur garage. L'industrie pharma, ce n'est pas un monde tout rose (du tout), et ça serait idiot de penser qu'ils oeuvrent pour le bien commun. Mais raconter n'importe quoi n'a jamais mené à rien.

    (* Si j'ai bien compris, le modèle privilégié actuellement, c'est de racheter des startups prometteuses, et donc d'externaliser le risque. S'il n'y a qu'une startup qui émerge parmi 100, on peut la racheter 10 fois son prix, on gagne quand même beaucoup plus que si on avait dû financer 99 développements foireux. Ça revient à faire porter le coût de l'échec sur la collectivité, c'est "malin". Pas très vertueux, mais malin.)