Bah, rien ne sert de tourner autour du pot, il ne s'agit que d'histoires de gros sous et de préservation des intérêts nationaux (la France n'est pas trop mal en termes d'industrie pharma...). Mais ça ne veut pas dire que c'est "honteux", de manière générale.
L'objectif reste évidemment de fournir des doses de vaccin aux pays pauvres. Il faut bien le garder en tête, parce que ça n'est pas (ou peu) corrélé avec les bénéfices et la rentabilité des boîtes pharma.
"Libérer" les vaccins, ça ne revient pas à mettre la recette sur la table et voila. Il faut dédommager les boîtes pour le manque à gagner. Ça peut être rentable quand les industriels ont foiré quelque chose et se retrouvent incapables de produire assez de doses, ou quand les magouilles sur les prix sont trop visibles (et rendent de facto les médocs inaccessibles à certains pays). En dehors de cette situation, ce que tu proposes, c'est de faire un énorme chèque d'argent public à des entreprises déja très rentables. C'est vraiment ça que tu souhaitais? Ces boites vont évidemment défendre leurs intérêts, surestimer leur manque à gagner par la levée des brevets, ça va aller vers des arbitrages et / ou des règlements à l'amiable, bref, tous ces trucs que personne n'aime (à part les avocats d'affaire).
Il faut aussi se poser des questions sur les chaines logistiques. Pfizer et Moderna produisent en ce moment des millions de doses par jour, ils sont au point. Combien de temps faudra-t-il à des fabricants de génériques pour arriver à en produire autant? Est-on sûrs que leurs coûts de revient seront inférieurs?
Il semble pourtant que les brevets aient déjà très largement produit leur retour sur investissement.
L'argument des boites pharma, qu'on ne peut pas écarter du revers de la main, c'est que les médocs rentables financent les médocs non-rentables ou jamais commercialisés pour cause de balance coût/bénéfices défavorable. Si tu rachètes les brevets des médocs qui fonctionnent au coût réel, la boîte coule. C'est évidemment un argument peu vérifiable, puisque peu de données sont disponibles sur les coûts de développement (méga big secret industriel), mais je pense qu'il est clair que sur le fond, l'argument est valable (tu ne peux pas juger de la rentabilité seulement à partir du retour sur investissement des médocs commercialisés).
Pourquoi ne pas avoir financé les recherches ouvertes
Ça c'est clair. https://www.fipeco.fr/images/FIX1a.png
Y'a plus de ronds pour la recherche publique en France. Et la recherche privée est sponsorisée à fonds perdus (via le crédit impôt recherche par exemple), sans pour autant avoir un effet impressionnant sur la R&D.
Après, l'État aide souvent les boites pour le développement des médicaments (en se portant garant sur les emprunts par exemple, ou par des financements plus directs). Mais pour la partie mise sur le marché, commercialisation, et production, c'est les boîtes pharma qui gèrent. De toutes manières, rien que les essais cliniques coûtent une blinde (plusieurs centaines de M€ parfois), et ça c'est pas l'État qui paye.
[^] # Re: Enfants Réunion
Posté par arnaudus . En réponse au journal Comment je suis devenu un vacciné antivaxx.... Évalué à 2.
Bah, rien ne sert de tourner autour du pot, il ne s'agit que d'histoires de gros sous et de préservation des intérêts nationaux (la France n'est pas trop mal en termes d'industrie pharma...). Mais ça ne veut pas dire que c'est "honteux", de manière générale.
L'objectif reste évidemment de fournir des doses de vaccin aux pays pauvres. Il faut bien le garder en tête, parce que ça n'est pas (ou peu) corrélé avec les bénéfices et la rentabilité des boîtes pharma.
"Libérer" les vaccins, ça ne revient pas à mettre la recette sur la table et voila. Il faut dédommager les boîtes pour le manque à gagner. Ça peut être rentable quand les industriels ont foiré quelque chose et se retrouvent incapables de produire assez de doses, ou quand les magouilles sur les prix sont trop visibles (et rendent de facto les médocs inaccessibles à certains pays). En dehors de cette situation, ce que tu proposes, c'est de faire un énorme chèque d'argent public à des entreprises déja très rentables. C'est vraiment ça que tu souhaitais? Ces boites vont évidemment défendre leurs intérêts, surestimer leur manque à gagner par la levée des brevets, ça va aller vers des arbitrages et / ou des règlements à l'amiable, bref, tous ces trucs que personne n'aime (à part les avocats d'affaire).
Il faut aussi se poser des questions sur les chaines logistiques. Pfizer et Moderna produisent en ce moment des millions de doses par jour, ils sont au point. Combien de temps faudra-t-il à des fabricants de génériques pour arriver à en produire autant? Est-on sûrs que leurs coûts de revient seront inférieurs?
L'argument des boites pharma, qu'on ne peut pas écarter du revers de la main, c'est que les médocs rentables financent les médocs non-rentables ou jamais commercialisés pour cause de balance coût/bénéfices défavorable. Si tu rachètes les brevets des médocs qui fonctionnent au coût réel, la boîte coule. C'est évidemment un argument peu vérifiable, puisque peu de données sont disponibles sur les coûts de développement (méga big secret industriel), mais je pense qu'il est clair que sur le fond, l'argument est valable (tu ne peux pas juger de la rentabilité seulement à partir du retour sur investissement des médocs commercialisés).
Ça c'est clair. https://www.fipeco.fr/images/FIX1a.png
Y'a plus de ronds pour la recherche publique en France. Et la recherche privée est sponsorisée à fonds perdus (via le crédit impôt recherche par exemple), sans pour autant avoir un effet impressionnant sur la R&D.
Après, l'État aide souvent les boites pour le développement des médicaments (en se portant garant sur les emprunts par exemple, ou par des financements plus directs). Mais pour la partie mise sur le marché, commercialisation, et production, c'est les boîtes pharma qui gèrent. De toutes manières, rien que les essais cliniques coûtent une blinde (plusieurs centaines de M€ parfois), et ça c'est pas l'État qui paye.