• [^] # Re: un peu de gentillesse dans ces messages de brutes

    Posté par (site web personnel, Mastodon) . En réponse au journal Comment j’ai été réduit en esclavage, comment vous m’avez aidé, et les leçons que j’en ai tirées. Évalué à 7. Dernière modification le 29 janvier 2022 à 23:32.

    Je te donne un article écrit par un avocat sur les notions de réduction en servitude, traite d’être humain et réduction en esclavage dans le droit français, et tu continues de dire que je n’ai pas la moindre (quoi ? idée ?) de ce dont je parle. OK très bien, si je ne sais pas de quoi je parle, pas de problème, peut-être cet avocat sait-il ? Sauras-tu lui répondre sans brandir ton bouquin ? Le droit français se soucie peu du livre que tu indiques, la qualification d’un acte ne se fait pas en comparant des expériences, mais en les décrivant.

    À aucun moment je ne parle de la traite atlantique dans mon journal, je n’ai donc aucune parole juste ou fausse sur le sujet de la traite atlantique. Il n’est donc pas question de savoir ou de ne pas savoir sur le sujet particulier de la traite atlantique qui semble te préoccuper toi.

    À aucun moment j’ai prétendu avoir fait l’objet d’un commerce triangulaire. D’ailleurs tu viens de dire que ce livre ne parle "que" de la déportation de telle population d’esclave dans tel contexte à tel époque. Je ne parle pas de ce sujet, à aucun moment.

    tu verras qu'il est très très compliqué d'aller plus loin dans l'horreur.

    Il est très simple d’ajouter de l’horreur : par exemple la traite négrière arabe a ajouté la castration à la mortalité de la déportation, qui a encore ajouté à la mortalité, et qui a empêché la constitution d’une descendance d’esclave (il y a donc certains aspects du génocide et du mémoricide), donc si, il est très simple d’ajouter de l’horreur, et en le démontrant avec un exemple réalisé.

    Je doute par exemple que cet ouvrage traite des ordres dédiés au service du rachat d’esclave au 12e et 13e siècle ou du concept contemporain d’esclavage salarié, pour lister comme exemple deux domaines relatifs à l’histoire de l’esclavage assez distincts de la traite atlantique, et précédant et succédant à la traite atlantique.

    Au sujet de l’esclavage salarié, quand Pierre Bergé disait « Moi, je suis pour toutes les libertés. Louer son ventre pour faire un enfant ou louer ses bras pour travailler à l'usine, quelle différence ? C'est faire un distinguo qui est choquant », il exprimait que sa conception du salariat était un esclavage : un salarié ne loue pas ses bras, car sinon il se loue en tant qu’objet et il devient possible de de mettre en œuvre certains mécanismes communs à la propriété. Un salarié est un collaborateur dans une relation contractualisée de personne à personne avec des droits et devoirs réciproques et dont la relation est sensée être un minimum équilibrée (le pessimiste dira que le déséquilibre ne doit pas être trop profond), quelqu’un qui loue son corps est un objet dans une relation d’exploitation de personne à objet. Ce qui signifie que cet homme parlait de toutes les libertés d’asservir.

    En particulier, et pour revenir à un sujet qui est important ici sur LinuxFr, ce que m’a permis le logiciel libre à travers ce que j’ai vécu, ce fut ma capacité à ne pas soumettre unilatéralement une partie de mon outil de travail (et par extension mes compétences) à la propriété de mon employeur. En particulier les licences libres des outils que j’ai utilisé survivent à la propriété de l’employeur, et par extension, une bonne partie des compétences acquises. C’est en partie pour cela que j’ai pu parler à d’autres occasions de « libération du travailleur et de son outil de travail », j’ai spécialement travaillé cette problématique, en pratique, pour m’en sortir, et je peux mesurer a posteriori à quel point ça a été précieux.

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