• [^] # Re: un peu de gentillesse dans ces messages de brutes

    Posté par (site web personnel, Mastodon) . En réponse au journal Comment j’ai été réduit en esclavage, comment vous m’avez aidé, et les leçons que j’en ai tirées. Évalué à 2.

    L'appel au pathos en rhétorique vise à annihiler la capacité de jugement. Il place de la morale et rend la discussion très très très complexe. Le débat est en parti dicté sur ton vécu d'esclave des autres sujets.

    Qu’est ce qui a été manqué dans cette phrase ?

    Ce qui est important dans mon témoignage, c’est ce lien entre domiciliation et citoyenneté. Vous pouvez vérifier vous-même que [...]

    Suivie d’une liste de choses à vérifier par soi-même, et ce indépendamment de mon témoignage ? D’ailleurs la liste qui suit est indépendante de mon témoignage : il y a beaucoup de choses dont je ne dis pas si j’ai été affecté ou non, comment j’aurai été affecté ou comment j’aurai contourné le cas échéant, ce n’est déjà plus du témoignage.

    J’invite à vérifier par soi-même un lien de cause à effet que j’énonce, et ce indépendamment de mon témoignage. Je donne les clés pour suivre mon développement même pour quelqu’un qui refuserait intégralement mon témoignage (ou n’y croirait pas).

    Il n’y a aucune volonté d’annihiler la capacité de jugement. Je peux comprendre qu’il soit possible de le suspecter, mais ce n’est pas mon intention, et j’ai pris soin de donner les outils pour qu’il soit possible de se passer du témoignage. Il m’avait semblé donner assez de clés pour éviter ça.

    J’ai plutôt l’impression que tu réagis épidémiquement à un pattern que tu as cru reconnaître plutôt qu’apporter une réponse à l’exposé lui-même.

    Ysabeau a peut-être raison sur le fait qu’il aurait peut-être été mieux de couper ce travail en deux parties. C’est déjà une coupe en deux, il m’aurait peut-être fallu couper en trois. J’ai aussi reçu d’autres témoignages allant vers ce sens, notamment dans l’intention d’améliorer l’efficacité du message en fait, car en fait le témoignage au début a tendance à perdre les gens car ils ne savent pas (encore) pourquoi j’en parle. Typiquement, soit les gens quittent la lecture ou le visionnage pendant le témoignage parce qu’ils ne savent pas où je vais. Soit ils arrivent à la fin du témoignage et là ils restent jusqu’au bout.

    J’aurai voulu jouer sur le Pathos, j’aurai travaillé cette partie pour captiver l’attention, mais c’est en fait la plus aride de toutes les parties. En fait si je me suis étendu sur certains aspects de mon travail, c’est que j’ai d’abord écrit ça pour être un journal sur LinuxFr.

    Mon témoignage me permet par exemple d’affirmer « je sais de quoi il parle », celui qui réfuteras mon témoignage réfuteras aussi le « je sais de quoi il parle », mais pas vraiment grand chose d’autre.

    Un témoignage peut être employé pour faire un appel au pathos, mais ce n’est pas nécessaire. Je crois que j’ai suffisamment donné de clés de lectures et d’argument pour invalider l’hypothèse de l’appel au pathos.

    C'est toi qui pose ton vécu et ta capacité de déduction comme argument.

    Tu es certain d’avoir lu le journal ? Si tu refuses mon vécu, tu supprimeras 4 ou 5 phrases du journal, comme ce « je sais de quoi il parle », et tu ne perdras pas grand chose d’autre. À quel moment je demande de me croire à cause de mon vécu ? Je vois bien cette phrase « je sais de quoi il parle », mais qu’est ce que ça te fais ? Celui qui refusera mon témoignage refusera aussi cette affirmation, et alors ? Je ne me sers même pas de cette phrase « je sais de quoi il parle » pour défendre autre chose que le fait que les mots du président ont une résonance particulière dans ma vie, pas dans la tienne. Au mieux cette partie signifie que les paroles du président ne sont pas des mots sans effets sur les gens. Et après ?

    Je serai curieux de voir la liste de tout ce qui, dans mon journal, est basé sur mon vécu et qui pourrait être invalidé en refusant mon témoignage.

    Mon témoignage illustre simplement un exemple de limitation d’expression des droits sans retrait de document d’identité. Ce n’est qu’une illustration et je donne les arguments pour vérifier l’exemple sans l’illustration.

    Ensuite, au sujet de « [poser ma] capacité de déduction comme argument », à quel moment dans mon journal je demande de me croire à cause de ma capacité de déduction ? Et le cas échéant, qu’est-ce qui dépendrait de cela et serait invalidable en invalidant ma capacité de déduction ?

    J’ai surtout l’impression de voir des gens tenter d’invalider l’intégralité de l’exposé sur la base de mon témoignage ou de sa simple présence.

    Le débat est en parti dicté sur ton vécu d'esclave des autres sujets.

    C’est très intéressant, parce que si j’avais fait le même journal mais sans aucun témoignage et en le gardant pour moi, le débat aurait été « en partie dicté par [mon] vécu d’esclave », mais tu ne l’aurais pas su, est-ce que le journal t’aurais paru moins suspect ? Mon exposé aurait été exactement le même, avec les mêmes sources, la même analyse.

    Quand il y a un an j’ai écrit « un service n’est pas un abonnement à une industrie économique, un service est un acte d’assistance auprès de quelqu’un », je me suis basé sur mon vécu, mais je n’avais pas dit quels vécus, je viens d’en révéler un mais il y a aussi d’autres vécus que je tais. Cela rend-t-il mon analyse plus juste si je tais mon vécu ? Je penserai pourtant de la même manière que je révèle mon vécu ou non.

    Est-ce que par exemple je ne devrai jamais raconter certaines de mes expériences auprès de personnes sans-abris au risque d’invalider mes propos si je parle de ce sujet ? Est-ce que je m’exposerai à la suspicion de faire un appel au pathos ?

    Quand à d’autre occasions je parle de « libérer l’homme et son outil de travail », je me base nécessairement sur d’autres vécus encore, mais aurais-je le droit de parler de ce vécu ?

    À la base ce journal est un travail de fond que j’avais prévu pour LinuxFr, parce qu’il est question entre autre de liberté, de souveraineté, et que ça met en œuvre des procédés numériques. Ça ne ferait pas sens à mes yeux de défendre la liberté et la souveraineté au niveau local dans mon métier si je ne m’en souciait pas également à l’échelle de mon pays.

    Je travaille sur ce journal depuis 2020 (l’autre partie que je n’ai pas publiée à été commencée vers 2013). Et puis courant 2021, j’ai eu l’idée de lancer une série vidéo sur un autre média sur des tas de sujets en prenant comme inspirations certaines de mes expériences (révélées ou non), et je me suis rendu compte que ce journal pouvait aussi faire partie de ma série vidéo, et je me suis alors demandé si je pouvais révéler ce témoignage ou pas, et je me suis rendu compte que je pouvais même l’étendre spécifiquement pour LinuxFr, ça fait partie de ma relation à cette communauté.

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