• [^] # Re: Question

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal Moins d’un an pour un vaccin, est-ce surprenant ?. Évalué à 7.

    La réalité et la nature sont complexes. Par exemple, rien ne dit qu'un bout de protéine seul (donc petit) n'ira pas toucher une cible indésirable que la protéine fixée au virus complet ne pourra pas aller toucher (encombrement stérique). Donc le vaccin ARN "plus sûr", c'est difficile à prouver.

    Rien ne dit non plus qu'un virus inactivé n'a pas ce genre de blagues avec une protéine qui paraît innocente mais qui fait des trucs pas cool finalement.
    Les certitudes en médecine et en biologie sont très difficiles à obtenir, mais en tout cas je ne vois pas d'arguments contre ces vaccins à ARN tels que présentés qui ne s'appliqueraient pas finalement aux autres méthodes.

    Il est de plus préférable de déclencher une réponse immunitaire sur l'ensemble des zones immunogènes du virus que de juste cibler une protéine de surface, qui de plus n'arrête pas de changer d'un mutant à l'autre.

    C'est ton avis mais je ne crois pas que tu sois un spécialiste de la question, c'est quand même amusant que des non spécialistes d'un domaine essayent de donner des arguments techniques en faveur de certains choix qui ont été opérés. Un peu comme si ma grand mère trouvait à redire mes choix d'architecture dans mon code source, je l'aime bien ma grand mère mais son avis sur la question ne vaut pas grand chose.

    Je pense que les labos et chercheurs ont largement évalué la question. Sans dire qu'on ne doit jamais rien questionner, je trouve quand même assez amusant cette tendance à vouloir donner un avis non expert sur un sujet qui en demande pourtant pour prendre la bonne décision.

    En tout cas il semble y avoir de bonnes raisons de cibler la protéine Spike :

    • C'est la clé d'entrée pour atteindre nos cellules, si le virus mute trop sur cette protéine il est plutôt probable que c'est pour être moins contaminant ;
    • Il semble que jusque là justement cette protéine est plutôt stable entre les variants majeurs.

    Le soucis d'un virus inactivé c'est justement que la réponse immunitaire est plus difficile à contrôler, car cela peut se faire sur des parties peu immunogènes du virus, ou qui changent plus vite que d'autres parties, ou plus difficiles d'accès de manière générale. Et quand on regarde le résultat, il semble bien que pour l'instant ce soit ces technos qui s'en sortent le mieux contre le coronavirus.

    En fait le mieux est sans doute d'avoir une palette large et de tout essayer. On augmente les chances de trouver quelque chose, et si une mutation pose un problème on a des alternatives à côté qui sont peut être moins concernés.