Les textes fondateurs de quoi? Quel rapport entre l'exercice scolaire de la dissertation et les noms que tu as cité?
Je n'ai pas souvenir d'avoir eu des piètres notes en dissertation, et je ne vois pas le rapport entre mes notes et ce que je pense de l'exercice.
Comme vous n'expliquez pas votre formation, je n'ai aucune idée de ce que vous reprochez à l'idée que la dissertation n'est pas un exercice scientifique.
Sur le fond, j'essaye d'imaginer être un scientifique en sciences humaines, et éventuellement mal vivre la comparaison systématique avec les sciences dures. J'imagine que je répondrais quelque chose comme:
«C'est vrai, historiquement, certaines sciences humaines sont nées de disciplines littéraires mal formalisées, mais c'est aussi le cas des disciplines scientifiques, qui se sont progressivement dissociées de la philosophie. Les sciences humaines sont simplement plus jeunes que les sciences dures, et ont eu moins de temps pour développer un formalisme similaire à celui des sciences dures. Il existe toutefois une tendance très forte dans ce sens, on peut citer la philosophie analytique, la philosophie expérimentale, l'omniprésence de la modélisation mathématique en économie, la rigueur statistique et la prétention à la reproductibilité des approches expérimentales en psychologie, etc [voire des choses plus pertinentes que je ne connais pas]. Bien entendu, cette transition ne se fait pas instantanément; certaines disciplines sont plus avancées que d'autres, et il existe toujours une certaine inertie dans le milieu académique, qui n'évolue qu'au fil du remplacement des générations.»
Au lieu de ça, j'ai l'impression que les réponses tournent plutôt sur le mode:
«On est très fiers de nos pratiques, on tient absolument à ce que nos disciplines s'appellent "sciences humaines" mais il est hors de question que nous cessions de discourir et que nous nous contentions de vulgaires communications synthétiques en "globish".».
Ça me semble justement démontrer assez clairement que les problèmes de communication entre les disciplines sont vraiment profonds, mais ça serait très réducteur d'imaginer que ce problème est universel. Dans le monde entier les sciences humaines deviennent des disciplines scientifiques à part entière (tout en gardant leurs spécificités, bien entendu), et je ne comprends pas quel avenir aurait une fossilisation des pratiques de communication datant du XIXe siècle. Pourquoi des canulars comme ceux de Sokal n'ont pas ouvert les yeux des différentes communautés sur les risques liés au noyage du fond dans la forme?
[^] # Re: Du ressort d'un professionnel?
Posté par arnaudus . En réponse au lien Psychopathologie du totalitarisme 1/3. Évalué à 2.
Les textes fondateurs de quoi? Quel rapport entre l'exercice scolaire de la dissertation et les noms que tu as cité?
Je n'ai pas souvenir d'avoir eu des piètres notes en dissertation, et je ne vois pas le rapport entre mes notes et ce que je pense de l'exercice.
Comme vous n'expliquez pas votre formation, je n'ai aucune idée de ce que vous reprochez à l'idée que la dissertation n'est pas un exercice scientifique.
Sur le fond, j'essaye d'imaginer être un scientifique en sciences humaines, et éventuellement mal vivre la comparaison systématique avec les sciences dures. J'imagine que je répondrais quelque chose comme:
«C'est vrai, historiquement, certaines sciences humaines sont nées de disciplines littéraires mal formalisées, mais c'est aussi le cas des disciplines scientifiques, qui se sont progressivement dissociées de la philosophie. Les sciences humaines sont simplement plus jeunes que les sciences dures, et ont eu moins de temps pour développer un formalisme similaire à celui des sciences dures. Il existe toutefois une tendance très forte dans ce sens, on peut citer la philosophie analytique, la philosophie expérimentale, l'omniprésence de la modélisation mathématique en économie, la rigueur statistique et la prétention à la reproductibilité des approches expérimentales en psychologie, etc [voire des choses plus pertinentes que je ne connais pas]. Bien entendu, cette transition ne se fait pas instantanément; certaines disciplines sont plus avancées que d'autres, et il existe toujours une certaine inertie dans le milieu académique, qui n'évolue qu'au fil du remplacement des générations.»
Au lieu de ça, j'ai l'impression que les réponses tournent plutôt sur le mode:
«On est très fiers de nos pratiques, on tient absolument à ce que nos disciplines s'appellent "sciences humaines" mais il est hors de question que nous cessions de discourir et que nous nous contentions de vulgaires communications synthétiques en "globish".».
Ça me semble justement démontrer assez clairement que les problèmes de communication entre les disciplines sont vraiment profonds, mais ça serait très réducteur d'imaginer que ce problème est universel. Dans le monde entier les sciences humaines deviennent des disciplines scientifiques à part entière (tout en gardant leurs spécificités, bien entendu), et je ne comprends pas quel avenir aurait une fossilisation des pratiques de communication datant du XIXe siècle. Pourquoi des canulars comme ceux de Sokal n'ont pas ouvert les yeux des différentes communautés sur les risques liés au noyage du fond dans la forme?