• [^] # Re: Je rejoins les déçus

    Posté par . En réponse au journal Merci Linuxfr, aujourd'hui je fais mes valises. Évalué à 1.

    Salut, désolé de répondre si tard, mais j'ai été beaucoup occupé IRL ces derniers temps.

    J'aimerais d'abord préciser que je suis bien conscient que ce n'est pas facile d'être aux manettes en ce moment, mais je ne pense pas qu'avoir de l'indulgence envers ce gouvernement l'aidera à mieux gérer : je pense qu'il s'est planté sur sa gestion de l'hiver dernier, et qu'il n'en a pas tiré les conséquences. Après pour être complet là-dessus, sans que je pousse l'observation je ne vois pas vraiment de mieux dans l'opposition ou chez nos voisins.

    Je suis sinon globalement d'accord avec ce que tu dis.
    Néanmoins, j'aimerais revenir sur deux contraintes de l'action gouvernementale que tu évoques :

    • ne pas se fâcher avec les électeurs : tu pourras constater que choisir une stratégie contraignante face au covid en Nouvelle Zélande n'a pas empêché son gouvernement d'être réélu de façon éclatante, même à Auckland qui venait d'être confinée.
    • ne pas fermer les frontières : c'est un peu HS, mais là c'est un truc qui me dépasse, la façon dont le problème est complétement pris à l'envers : c'est quand l'épidémie est trop forte chez lui qu'un pays devrait s'isoler, pour protéger les autres, un peu comme une personne contagieuse, donc.

    Pour en revenir au cœur du sujet, comme le dit si bien le site du gouvernement "Face aux risques majeurs, l’anticipation, la préparation et l’implication de chacun sont des facteurs de protection".
    et donc depuis deux ans il eut fallu se poser la question de que faire si ça dérape, voire même mener cette réflexion avec le parlement, pour que les décisions difficiles à prendre, si elles doivent être prises soient mieux comprises.
    (Les problèmes que tu soulèves, caisses creusées et ras le bol des gens sont quand même beaucoup dus à la mauvaise gestion de l'hiver dernier)

    Pour poser le problème, il y a quand même quelques constantes jusqu'ici, qu'on peut prendre en compte, par exemple :

    • plus on laisse monter haut avant d'agir, plus c'est dur à redescendre (jusqu'à présent, en France, ce n'est jamais redescendu tout seul)- et plus un imprévu peut avoir des effets importants.
    • il y a une latence dans l'action : on observe au mieux un effet sur l'hôpital deux à trois semaines après une décision (par exemple faire une annonce pour "préserver Noël" le 6 décembre ne peut pas avoir d'effet avant Noël)
    • quand ça se complique chez les voisins, mieux vaut se dire que ça viendra aussi chez nous
    • une dernière constante (qui était plus incertaine avec les variants) : jusqu'ici le virus continue de s'attaquer de façon totalement disproportionnée aux plus faibles : ceux qui ont des comorbidités et les plus âgés (même si ce dernier paramètre, pris seul est probablement surévalué, car les comorbidités augmentent avec l'âge : je ne sais pas si c'est juste un peu ou beaucoup surévalué par contre) : ce dernier point à mon sens pose surtout que le problème principal à l'échelle de la société est celui de la transmission du virus

    Quelles solutions face à cela : le modèle du gruyère nous dit qu'aucune solution ne suffit à elle-même, et qu'il faut plusieurs couches, donc en France :

    • Comme tu le relèves, l'aération n'a pas vraiment été développée
    • les tests (et la recherche des cas contacts) impliquent de ne pas avoir trop de cas (5000/j) : ça n'a été le cas qu'une semaine cet été, et trois cet automne.
    • pour les gestes barrière, heureusement que l'essentiel des lieux concernés par le pass sanitaire n'a pas suivi les recommandations du gouvernement et a quand même demandé le port du masque.
    • et la vaccination, donc. Qui a un effet très fort (et plus ou moins durable) sur la létalité, mais ne semble pas suffire sur la transmissibilité.

    Et à mon sens le vaccin a trop tué le débat, c'est-à-dire que l'on n'a pas assez cherché aussi sur d'autres plans, car on pensait que ça suffirait. Mais c'est quand même de la responsabilité du gouvernement de chercher un plan B au cas où.

    Même si ce n'est pas forcément à nous de trouver des solutions, perso, je pense que la question d'un zonage du territoire (par bassin de vie) pourrait vraiment être plus pensée : cela viserait à ralentir la progression, au point de désynchroniser les "pics épidémiques" entre les différentes zones, ce qui permettrait de pouvoir ne gérer que des plus petits points à la fois...