• [^] # Re: Je rejoins les déçus

    Posté par . En réponse au journal Merci Linuxfr, aujourd'hui je fais mes valises. Évalué à 7.

    je me dis globalement la même chose de notre gouvernement, c'est quand même la "5e" vague, et l'anticipation est toujours aussi inexistante : comme si l'expérience passée n'avait servi à rien.

    Je ne voudrais pas donner l'impression de défendre particulièrement le gouvernement (je me suis déja fait traiter de "crypto-macronniste" sur Twitter, mais il semble que c'est ce que risque n'importe qui faisant preuve de nuance sur les réseaux sociaux). Il m'a fallu un peu de temps pour réaliser qu'un gouvernement ne pouvait pas avoir comme seul objectif de stopper ou limiter l'épidémie.
    * Il y a bien sûr toutes les "contraintes" institutionnelles et législatives, qui sont là pour préserver un minimum de libertés individuelles. Par exemple, il pourrait être très efficace de conditionner l'accès aux bureaux de vote à un test antigénique réalisé sur le trottoir, sauf que non, on ne peut pas, et ce pour de bonnes raisons.
    * Il y a évidemment des contraintes politiques : non seulement on ne veut pas se fâcher avec ses électeurs potentiels à quelques mois des élections, mais on ne veut pas non plus se fâcher avec les membres de sa majorité, dont on a besoin pour faire passer des lois. Voire, avec certains membres de l'opposition, puisque la politique est un jeu très complexe et qu'il est parfois nécessaire d'avoir des adversaires de son côté.
    * Il y a les contraintes diplomatiques; on peut fermer une frontière avec certains pays, mais probablement pas avec celui qui est en train de nous acheter pour 15 milliards de rafales.
    * Il y a les contraintes logistiques : les consignes doivent être simples, sinon on ne pourra jamais les faire redescendre et les faire appliquer sur le terrain. Un exemple tout con : on sait que les masques lavables en tissu ne valent pas grand chose, mais si on commence à demander la taille de la maille de tissu des masques avant de mettre une amende, on ne va pas s'en sortir.

    Bref, anticiper, anticiper, OK, mais anticiper quoi exactement? Les hopitaux sont sur l'os, mais ça ne peut pas s'arranger magiquement en pleine crise, l'économie est très fragile, mais on a déja tapé très fort dans la caisse pour la soutenir, les gens en ont marre des masques et des restrictions; personne ne sait s'il ne va pas y avoir des millions de personnes qui crament des pneus sur les rond-points au prochain confinement. Fermer les écoles? La moitié des parents doivent arrêter de bosser; vacciner les gamins: ça va faire discuter tout le monde, et en plus l'efficacité est douteuse.

    Mais bon, il faut quand même admettre qu'on a des champions de la com' de crise au gouvernement. Je ne sais pas si c'est une caractéristique des décideurs, mais comme ils préfèrent raconter n'importe quoi que de perdre la face, et bien ils racontent n'importe quoi, et ne s'excusent jamais. Du coup, évidemment, personne n'a confiance. Le coup des masques, par exemple : qu'est-ce que ça coûtait de faire une repentance officielle, en expliquant qu'à l'époque ils avaient fait une grosse erreur de communication, mais que le fond était là : il fallait réserver le peu de masques pour les soignants. Mais non, ils s'imaginent que l'actualité passe et que tout le monde oublie, je ne sais pas pourquoi, parce que personne n'a oublié. On peut aussi citer la publication des compte-rendus du conseil scientifique, qui s'est arrêtée brutalement (probablement parce que le gouvernement a pris des décisions opposées aux conseils scientifiques et qu'ils n'ont pas voulu l'assumer), ou la focalisation sur la vaccination alors qu'on sait depuis des mois que même une couverture à 100% ne suffit pas—pourquoi faire croire que deux doses suffisaient (ils n'en savaient absolument rien), pourquoi faire croire qu'il est si important de vacciner les 10% de récalcitrants, alors que ça ne change pas grand chose sur le plan épidémiologique, etc. Quel manque d'humilité, et quelle mauvaise communication! Alors qu'il suffirait d'expliquer que les décisions qui sont prises sont conditionnelles à l'évolution de la situation.

    Mais il n'y a pas que le gouvernement, d'ailleurs. L'aveuglement de l'OMS face aux preuves scientifiques de la contamination aéroportée est vraiment inadmissible. Ça fait 2 ans qu'on édicte des consignes sur des distances à respecter, sur l'idée qu'on peut retirer le masque quand on est temporairement seul dans son bureau ou aux toilettes, qu'on se lave les mains avec du gel dydroalcoolique... Tout ça n'a aucune efficacité, parce que ça part d'une idée fausse (qu'on se contamine à cause des goutelettes). Or, le virus est en aérosol, il est présent dans l'air; il faut porter le masque en permanence même quand on est temporairement seul, et surtout, il faut renouveller l'air. D'ailleurs, il n'y a pas que le Covid, c'est aussi le cas pour la grippe, et probablement pour la plupart des virus respiratoires; c'est dingue que les médecins campent depuis tant de temps sur des idées complètement fausses sur la transmission virale. Je me demande même si ça n'est pas de la pensée magique : on ne peut pas admettre qu'on raconte n'importe quoi depuis 30 ans, alors on garde les fenêtres fermées en se lavant les mais au gel et on espère que le virus se comporte comme on pensait avant de s'apercevoir qu'on s'est trompés?