C'est toujours un peu triste quand quelqu'un doit partir parce qu'il ou elle ne trouve pas sa place dans une communauté. Mais linuxfr, c'est quand même à la base un site d'informatique, avec pas mal d'ingénieurs et gens qui ont une formation scientifique. Si on écarte les discours politiques outranciers (qui affirment, en gros, qu'on vit dans une dictature et que ceux qui refusent de le voir sont des collabos), il reste pas mal de cherry-picking dans la littérature scientifique, et ça n'est pas très intéressant, voire complètement trompeur.
Du coup, c'est le genre de discours qu'on retrouve sans problème sur la quasi-totalité des réseaux sociaux. On peut aussi estimer qu'il est possible d'avoir des îlots sur Internet où on a le droit de lire des trucs sans toujours retomber toujours sur les mêmes discours incohérents. Il ne faut pas oublier que la liberté d'expression, ça n'a jamais impliqué le droit de publier n'importe quoi n'importe où. Personnellement, quand je clique "inutile" sur l'un de ces commentaires, c'est parce que je pense que c'est inutile sur ce site, comme seraient inutiles des discours religieux, platistes, complotistes, etc.: pas envie de lire ça ici.
Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais je trouve d'ailleurs qu'on n'a jamais aussi entendu les gens qui prétendent qu'on vit en dictature et qu'on n'a plus le droit de ne rien dire.
J'ai du mal à voir dans ce "départ" autre chose que la colère et la frustration du militant qui ne peut pas concevoir que d'autres ne sont pas d'accord avec lui. Je veux dire que sa colère et son agenda politique sont très probablement sincères, mais que la colère n'a jamais donné raison. Beaucoup de militants sont enragés à l'idée que la majorité de la société ne partage pas leurs combats, d'où les noms d'oiseaux (bourgeois, collabos...). Donc OK, ils sont frustrés, mais est-ce que ça leur donne raison? Peut-être qu'en effet, la société est conservatrice, et qu'elle aime bien rester dans une situation confortable pour elle malgré la détresse des autres (c'est probablement ce qui permet d'expliquer que la pauvreté ou la mort des migrants n'intéresse pas grand monde, ou pire, que le réchauffement climatique ne semble pas encore justifier des changements profonds de mode de vie). Mais l'histoire est remplie de militants bien intentionnés qui défendaient l'indéfendable, à commencer par les mouvements fascistes, et plus tard la fidélité des partis communistes européens au bloc de l'Est, malgré la certitude du tournant autoritaire des régimes communistes. Ou plus récemment, la fixation de certains militants écologistes sur des combats idéologiques (le nucléaire, les OGM...) deconnectés des problèmes réels de l'environnement. Bref, ce n'est pas parce qu'on est révolté qu'on a raison, et ce n'est pas parce qu'on se fait "jeter" que les autres sont intolérants. C'est peut-être aussi parce qu'on a dépassé le quota de c***ries tolérable.
"en tous les cas, je n'aimerais pas être à la place de Macron en ce moment",
Il n'y a pas qu'en ce moment, en fait. Le plus surprenant, c'est probablement l'amateurisme en terme de communication (ce qui s'explique probablement par le manque crasse de culture scientifique au sein du gouvernement; quand on ne sait pas douter, on raconte n'importe quoi avec certitude et on se prend la réalité en face). Mais sur le fond, la plupart des pays européens sont sur la même ligne : réagir très en retard, ne rien maitriser, mais assurer que la situation est sous contrôle; mettre en place des mesures de "bon sens" (masques, vaccins), et quand ça ne marche pas prétendre que c'est parce que les mesures ne sont pas assez suivies (alors qu'elles ne sont simplement pas assez efficaces à elles seules). Et surtout ne pas avouer qu'on ne sait pas du tout ce qui se passera la semaine prochaine, parce que ça serait considéré comme un aveu de faiblesse.
[^] # Re: Je rejoins les déçus
Posté par arnaudus . En réponse au journal Merci Linuxfr, aujourd'hui je fais mes valises. Évalué à 10. Dernière modification le 29 novembre 2021 à 16:54.
C'est toujours un peu triste quand quelqu'un doit partir parce qu'il ou elle ne trouve pas sa place dans une communauté. Mais linuxfr, c'est quand même à la base un site d'informatique, avec pas mal d'ingénieurs et gens qui ont une formation scientifique. Si on écarte les discours politiques outranciers (qui affirment, en gros, qu'on vit dans une dictature et que ceux qui refusent de le voir sont des collabos), il reste pas mal de cherry-picking dans la littérature scientifique, et ça n'est pas très intéressant, voire complètement trompeur.
Du coup, c'est le genre de discours qu'on retrouve sans problème sur la quasi-totalité des réseaux sociaux. On peut aussi estimer qu'il est possible d'avoir des îlots sur Internet où on a le droit de lire des trucs sans toujours retomber toujours sur les mêmes discours incohérents. Il ne faut pas oublier que la liberté d'expression, ça n'a jamais impliqué le droit de publier n'importe quoi n'importe où. Personnellement, quand je clique "inutile" sur l'un de ces commentaires, c'est parce que je pense que c'est inutile sur ce site, comme seraient inutiles des discours religieux, platistes, complotistes, etc.: pas envie de lire ça ici.
Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais je trouve d'ailleurs qu'on n'a jamais aussi entendu les gens qui prétendent qu'on vit en dictature et qu'on n'a plus le droit de ne rien dire.
J'ai du mal à voir dans ce "départ" autre chose que la colère et la frustration du militant qui ne peut pas concevoir que d'autres ne sont pas d'accord avec lui. Je veux dire que sa colère et son agenda politique sont très probablement sincères, mais que la colère n'a jamais donné raison. Beaucoup de militants sont enragés à l'idée que la majorité de la société ne partage pas leurs combats, d'où les noms d'oiseaux (bourgeois, collabos...). Donc OK, ils sont frustrés, mais est-ce que ça leur donne raison? Peut-être qu'en effet, la société est conservatrice, et qu'elle aime bien rester dans une situation confortable pour elle malgré la détresse des autres (c'est probablement ce qui permet d'expliquer que la pauvreté ou la mort des migrants n'intéresse pas grand monde, ou pire, que le réchauffement climatique ne semble pas encore justifier des changements profonds de mode de vie). Mais l'histoire est remplie de militants bien intentionnés qui défendaient l'indéfendable, à commencer par les mouvements fascistes, et plus tard la fidélité des partis communistes européens au bloc de l'Est, malgré la certitude du tournant autoritaire des régimes communistes. Ou plus récemment, la fixation de certains militants écologistes sur des combats idéologiques (le nucléaire, les OGM...) deconnectés des problèmes réels de l'environnement. Bref, ce n'est pas parce qu'on est révolté qu'on a raison, et ce n'est pas parce qu'on se fait "jeter" que les autres sont intolérants. C'est peut-être aussi parce qu'on a dépassé le quota de c***ries tolérable.
Il n'y a pas qu'en ce moment, en fait. Le plus surprenant, c'est probablement l'amateurisme en terme de communication (ce qui s'explique probablement par le manque crasse de culture scientifique au sein du gouvernement; quand on ne sait pas douter, on raconte n'importe quoi avec certitude et on se prend la réalité en face). Mais sur le fond, la plupart des pays européens sont sur la même ligne : réagir très en retard, ne rien maitriser, mais assurer que la situation est sous contrôle; mettre en place des mesures de "bon sens" (masques, vaccins), et quand ça ne marche pas prétendre que c'est parce que les mesures ne sont pas assez suivies (alors qu'elles ne sont simplement pas assez efficaces à elles seules). Et surtout ne pas avouer qu'on ne sait pas du tout ce qui se passera la semaine prochaine, parce que ça serait considéré comme un aveu de faiblesse.