• [^] # Re: Manque d'objectivité.

    Posté par . En réponse au lien Scénarios RTE - Une seule trajectoire énergétique étudiée, en oubliant celle de la sobriété. Évalué à 4. Dernière modification le 27 octobre 2021 à 15:15.

    Je ne comprends pas vraiment pourquoi j'ai été moinsé mais bon. Le procédé s'appelle le power-to-gas, il s'agit de séparer l'eau en hydrogène et oxygène par hydrolyse, puis de combiner l'hydrogène avec du CO2 pour former du CH4 et de l'oxygène. Le rendement global est de l'ordre de 50% d'électricité récupérée une fois le cycle complété, en supposant que l'on produise de l'électricité dans des centrales à cycle combiné gaz en bout de chaîne, ou d'un peu plus si on brûle le gaz directement dans des chaudières.

    Pour illustrer l'intérêt, prenons un exemple simplifié. Disons que le système énergétique appelle 100 GW de puissance instantanée en été et 200 GW en hiver. On peut choisir de construire pour 200 GW de centrales électriques et d'équiper toutes les maisons de radiateurs électriques. On aura donc un parc de production électrique utilisé à 100% en hiver (dans les faits, ce sera moins pour prendre une marge pour les hivers les plus froids), et à 50% en été. Si une grande part de ce parc est basé sur du renouvelable non pilotable, on aura quand même pas loin de 100% de production en été, voire plus vu qu'il y a plus de soleil, production qui sera perdue car "on ne sait pas la stocker", à moins qu'on ne suggère de continuer à faire tourner les radiateurs électriques en même temps que la clim' pour consommer la surproduction estivale...

    Autre solution : on construit à 83% de notre besoin de pointe hivernal, soit 166 GW. On économise dans cet exemple l'équivalent de 34 réacteurs nucléaires dans l'opération.

    L'été, 100 GW sont utilisés pour produire l'électricité des clim', des ordinateurs etc... et 66 GW "excédentaires" sont utilisés pour faire du Power-to-Gas. Le gaz de synthèse produit à partir de l'énergie excédentaire des éoliennes et des panneaux photovoltaïques, mais aussi le biométhane provenant de biomasse ou de déchets par exemple, est directement stocké dans les stockages souterrains existants, via les réseaux de transport existant, en attendant l'hiver.

    L'hiver suivant, le parc électrique produit toujours à pleine puissance, et 33 GW (66/2) supplémentaires sont fournis sous forme directement de méthane pour la chaleur (plus utile en hiver qu'en été a priori), ou sous forme d'électricité via des centrales à cycle combiné gaz pour soutenir l'équilibrage et/ou la pointe du réseau électrique.

    Le tout avec exclusivement en entrée des énergies renouvelables et un bilan carbone nul sur l'année.

    On voit donc qu'il est absurde d'opposer électricité et gaz, les deux sont parfaitement complémentaires et produisent un optimum global bien meilleur.